20 janvier 2009
Ithaque Rêvée.
Apres toutes ces années, après toute cette attente, il s’approche enfin le jour tant attendu.
Vous en souvient il mon amour ?
Vous en souvient il mon cœur, ces heures sombres, vos larmes, mes chuchotements. La nuit qui s’étirait pour nous en volutes de temps, en farandoles minutées. Vous en souvient il mon âme, ces rendez vous secrets, ces instants empruntés au temps qui passe et nous séparait.
Mon amour, vos larmes dans mes bras, mon amour, vos larmes dans votre voix. Vous en souvient-il cet accent rocailleux qui mâche les mots au téléphone. Cette voix germanisante qui vous fit rire. Je vous avais prévenue pourtant de ne point attendre le chant du rossignol, mais plutôt le craquettement de la cigogne.
Vous en souvient il mon cœur, lorsque vous n’espériez rien et que j’attendais tout. Vos questions compliquées, mes réponses simplistes.
Vous en souvient il amour ? Ces mots que nous nous laissions au détour des pages, au fil d’un temps qui tissait une toile autour de nous.
Vous en souvient il ma douce ? Votre tissage, que vous coupiez de vos ciseaux me tranchant les veines par la même. Je me
souviens des bouts de fils épars que je ramassais par petits bouts pour retisser avec vous ce qui fut défait.
Nous avons tissé encore et encore au fil de ces années patientes, nous avons tissé notre toile sur la toile. Nous étions tout à la fois Pénélope et Ulysse plongés dans notre propre odyssée.
A présent le temps nous a éprouvés et il nous a jugés digne de bonheur, digne de notre Ithaque personnelle. Voyez mon amour les cotes s’avancent vers nous. Voyez le dessin de ce toit, regardez les poutres solides, ce n’est pas là du pin, ce n’est pas là du sureau, pas plus qu’un bois exotique. Regardez amour, ce sont des chênes centenaires qui firent les poutres qui assemblent cette maison. Voyez le bois noueux, il est pareil à l’airain, pareil au métal des plus solides armures. Ce bois a défié le temps, s’est nourri de la terre, de l’eau et de l’air pour abriter notre amour.
Voyez mon cœur les murs épais faits de pierre de taille. Regardez comme ils défient les vents et les tempêtes. Ce ne sont pas là les murs anonymes qui poussent comme la mousse sur les pierres. Non ces murs là nous viennent des fonds du temps. Ces murs sont nés sous le cours d’un fleuve immense, Héphaïstos les fit surgir de terre dans sa fureur et les offrit aux bâtisseurs. Oh non amour, ces pierres ne sont pas froides, elles brulent de leur propre histoire. Depuis plus de cent ans ces murs défient les tempêtes, les pluies glacées, la rigueur des hivers et les tremblements d’Atlas. Ces murs recouverts de glycines sont le refuge des cœurs qui s’aiment.
Voyez amour elle est là notre Ithaque rêvée, encore quelques lunes et nous toucheront sa cote.
Commentaires
Et c'est un vrai bonheur pour qui vous aime de savoir votre amour abrité de la sorte...
Je fais le vœux que toujours ces murs gardent de vous le souvenir de l'amour...
Névropathique !
Névropathique et demi...
Qui ne l'est pas me direz-vous ?
Heu ! Pour ma réponse sur votre commentaire... je ne retire qu'à demi aussi... ;-)
Sans voix...
Un saint graal...
L'amour qui dure, inoxydable... parce que chaque heure qui passe le rend un peu plus invulnérable... ^ ^
Je prends ! ;-)
Littérature
Quand elle rime avec luxure... Bravo ! Nous vous avons mis en lien sur notre tout nouveau blog :
http://www.desirdailleurs.fr
A bientôt
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