29 août 2009
PointBallPen....
Quelques exemples de dessins réalisés par Shonei, graphiste Japonais dont le coups de stylo me laisse rêveur, et dont le monde me parle...



Le blog de Shonei
28 août 2009
32. Une Garce de Haut Vol
Sofia
s'était laissée attacher et harnacher sans un geste de protestation, dans un
état proche de l'abattement, concevant cependant que toutes ces contraintes
n'avaient comme fonction que de durcir davantage sa punition en s'ancrant dans
son corps. Mais ce que faisait Vénus maintenant dépassait son entendement. Elle
redressa la tête, les sourcils arquée dans une interrogation muette, les
prunelles agrandies par l'inquiétude et l'incompréhension. Elle tirait sur ses
liens, jusqu'à se faire mal, pour maintenir sa position, cherchant
desespérement le regard de la belle rousse, qui ignorait superbement ses
efforts.
Vénus
posa ses grands yeux froids sur elle et lui sourit tout en défaisant la jupe de
son tailleur, la laissant glisser sur ses jambes parfaites. Elle défit de même
son chemisier qui se retrouva bientôt au sol et apparue vêtue d'un petit
caracco de dentelle noire et d'un boxer assorti. Ses longues jambes, gainées de
soie noires, semblaient sans fin. Sa voix s'éleva, douce, profonde, menaçante.
"Tu
t'interroges ? Tu te questionnes ? Je vais te dire quelle est ta vrai
punitoin... ce n'est pas de dormir attachée, ce serait plutot un
plaisir n'est-ce pas ? Non, la punition
commence maintenant, parce que moi je ne suis pas Malthazar, je ne suis pas Monsieur, je n'ai pas en moi cette
gentillesse et cette générosité, leur faiblesse tellement masculine. Moi je sais ce qu'il te faut, ce
qu'il faut pour marquer cette soirée
dans ton souvenir."
Les yeux de Venus luisaient de leur éclat reptilien
et semblaient plonger au fond des yeux de Sofia, y saisir son coeur, son âme.
Sofia se recroquevilla, le souffle court. Vénus s'avanca vers le lit et
s'inclina vers son oreille en chuchotant.
"Je
sais ce que tu es, car c'est ce que j'étais, je sais ce qui te remue, ce qu'il
y à là, ... là... et
là."
Disant cela, elle posa le doigt sur sa tête, sur
son coeur et sur son entrejambe.
"Je
sais ce que tu caches dans ton coeur et dans tes désirs... en d'autres circonstances je t'aurais faite jouir bien plus
fort que jamais ne pourra le faire Sadex
ni qui que ce soit d'autre. Mais ce soir je dois te punir."
Elle releva le regard et avec un sourire carnassier
qui dévoila ses dents de porcelaine parfaitement alignées énonça :
"Dans
la cellule à côté se trouve Vlad, je vais aller lui donner du plaisir, énormément de plaisir, tu peux me croire
et tu pourras tout entendre d'ici."
Vénus se releva et la toisant droit dans les yeux
lui adressa un dernier sourire ironique avant de se diriger vers la porte.
Elle
s'entendit hurler son refus à travers le baillon boule, hurler à s'arracher les
cordes vocales, le ventre nouée par une peur indiscible, son corps se cabrant,
secouant les liens avec une violence qu'elle ne se connaissait pas. Mais elle
finit par se laisser retomber sur le matelas, épuisée, le souffle court, la
trachée en feu, les articulations douloureuses, prise de sanglots spasmodiques.
Elle demeura immobile, cherchant à retrouver la maîtrise de ses émotions,
craignant de suffoquer sous son baillon en pleurant, tendant l'oreille malgré
elle, guettant, déjà horrifiée, ce qu'elle craignait d'entendre.
Elle perçut d'abord des chuchotements, des voix
étouffées, suivies par un long moment de silence. Elle se mit à
espérer que
Vlad ait éconduit cette garce. Mais soudain un martèlement se fit entendre, un
martèlement dont la cadence ne pouvait pas la tromper. Elle tendit l'oreille,
le coeur déchiré alors que la cadence des coups augmentait. Combien de temps
cela pouvait-il durer ? Combien de temps pourrait-elle endurer cette torture
sans devenir folle de douleur ? Le bruit cessait parfois, puis reprenait, elle
comprit avec horreur qu'ils changeaient de position. Elle devinait le sexe de
Vlad s'enfoncant dans l'intimité de cette salope. Le corps tendu, les muscles
cripés, le coeur broyé de douleur, elle suivit leurs ébats, guettant les
gémissements à travers la cloison qui s'enfonçaient en elle comme des coups de
dague. Cela dura si longtemps qu'elle en perdit la notion de temps et d'espace.
Elle demeurait sur sa couche, vrillée de souffrance, transpirant son
impuissance, anéantie et brisée puis un cri de femme perça la nuit, et un
gémissement plus sourd lui fit écho quelques instants plus tard. Ce dernier
gémissement fut suivie par un long silence et soudain Vénus entra dans la
cellule la dévisageant avec un sourire satisfait. Se penchant vers elle, elle
lui tendit sa poitrine maculée de semence.
"Vois
! Quel amant ma chère, j'avoue que tu as du goût, je pense que j'en reprendrais à l'occasion."
Puis saisissant
ses affaires, elle s'en fut sans ajouter un mot, la laissant seule, désespérée,
éreintée de douleur.
Elle se
rendit compte seulement à se moment là qu'elle avait mordu le baillon si fort
que ses mâchoires en étaient encore douloureusement contractées, brûlantes.
Elle se força à se détendre. Ses dents s'étaient enfoncées profondément dans la
masse compacte du caoutchouc. Elle perçut le goût du sang dans sa bouche. Et le
goût amer de la bile au fond de sa gorge. Elle frissonna. Elle avait froid,
afreusement froid et jamais elle ne s'était sentie si seule et si perdue. Elle
ferma les yeux, cherchant le calme au fond d'elle, le noir profond de l'oubli,
un sommeil qui l'emporte, qui l'enlève à la souffrance qu'elle ressentait et
qui l'assaillait en vagues successives de honte, de rage, de peur. Terrible
solitude !Dormir, il ne lui restait que cela, dormir pour ne pas basculer dans
le désespoir. Elle tourna sa tête du côté du mur, se recroquevilla autant que
le lui permettait ses liens et, chassant toute pensée, se fixa sur l'image d'un
océan à marée basse.
Elle finit par
s'endormir, plongeant dans un sommeil qui ressemblait à un âbime bien plus qu'à
du repos. Ce fut la surveillante qui la tira de ce sommeil agité en défaisant
ses liens. Elle massa doucement ses poignets douloureux, tentant de calmer les
élancements de ses muscles raidis par la tension nerveuse et la mauvaise nuit.
Au bout d'un temps, aidée par la surveillante, Sofia se releva tant bien que
mal et la suivit, tête basse, le corps lourd. Son coeur se serra alors qu'elles
arrivaient à la hauteur de la porte entrouverte de la cellule d'où lui étaient
parvenus les gémissements la veille. Elle attendit d'être exactement devant la
porte pour bondir sur le côté et faire face au cachot. Elle voulait affronter
le regard de Vlad, qu'il sache qu'elle savait, le mettre face au desespoir qui
l'envahissait, à la culpabilité qui l'anéantissait.
Elle se jeta
dans la cellule et rentra directement en collision avec le torse noir et musclé
de leur professeur de sport qui l'attrapa au vol.
"Eh bien mademoiselle Sofia, je
vois que vous êtes pleine d'allant dès le petit matin."
Elle se figea
face au colosse qui semblait
être en train de se rhabiller. Celui-ci la dévisageait avec un sourire
narquois.
"
Peut-être vous attendiez vous à trouver quelqu'un d'autre ici ? Je dois hélas vous décevoir et vous annoncer que
l'occupant de la cellule a été transféré ailleurs,
hier, en prévision de la soirée spéciale. Visiblement Malthazar tient à coeur de ne présenter que des gens formés à
ses soirées."
Elle recula,
chancelante, secouant la tête. Elle ne savait plus si elle avait envie de rire
ou de pleurer. Elle fixait son professeur. Il lui sembla qu'il parlait encore.
Elle voyait ses lèvres remuer mais son visage était flou, ses traits imprécis.
Le son de sa voix lui parvenait déformé, comme au ralenti. Que disait-il ? Son
coeur s'accéléra et une sueur froide glissa dans son dos. Elle comprit qu'elle
était en train de perdre connaissance et battit l'air avec ses bras dans un
geste désespéré.
Il la rattrapa avant qu'elle ne tombe au sol et
héla les surveillantes.
"Je
pense que cette jeune fille a besoin de soins, d'une bonne douche et d'un solide petit déjeuner."
Elle
se sentit prise sous les aisselles et, à demi consciente, elle fut emmenée vers
la douche. Elle reprit doucement contact avec la réalité, revenant à elle sous
les mains des surveillantes qui s'occupaient de sa toilette, la massait
savamment, obligeant son corps à réagir. Elle finit par les repousser
doucement, leur montrant qu'elle avait récupéré en terminant d'elle-même ses
ablutions mais eut besoin de leur aide pour s'habiller cependant. Ses mains
tremblaient tant qu'elle ne parvenait pas à fermer son chemisier. Dans le
couloir, sur une petite table, on avait déposé un plateau à son intention avec
un bol de café, des croissants et des tartines. Elle mangea doucement, prenant
le temps de récuperer et de faire cesser le tremblements qui agitait toujours
ses membres. Elle finit par se sentir tout à fait bien et lorsque les
surveillantes lui firent signe de venir elle les suivit d'un pas ferme. Elle
avait regagné un peu d'assurance mais se rendait aussi compte à quel point sa
situation pouvait être précaire. Elle se sentait infiniment fragile, fêlée.
Elle arriva cependant dans le hall pour constater que les pensionnaires étaient
rassemblées et alignées en silence. On lui fit prendre place. Du haut de
l'escalier Monsieur de Saint-Clar les contemplait. A ses côtés, habillée d'un
tailleur gris pale dont les origines haute couture semblaient hurler au regard
des uniformes portés par les jeunes femmes, se tenait Vénus, la coiffure
toujours parfaite et le visage inexpressif uniquement traversé par un petit
sourire pincé. Elle ne montra pas la moindre émotion lorsque Sofia rejoignit
les rangs des pensionnaires, ne paraissant meme pas se rendre compte de son
arrivée.
27 août 2009
Facebook, la sociabilité au salon de l'agriculture...
On m'avait parlé du concept de réseaux sociaux et tout ce genre de choses. Alors comme j'ai fait la promesse de me montrer plus social cette année, je nous ai inscrit dans un réseau social... Ca vous semble logique ? A moi aussi.
J'ai choisit celui dont le nom à été le plus évocateur pour moi... FesseBouc....
Plein d'ardeur je nous ai inscrit attendant de voir pleuvoir sur moi les mannes de la sociabilité. Je me voyais déjà tenant Djali dans mes mains, ou montant biquette je filais au loin vers C et C comme un nouveau Pirlouit.
Je suis déçu.. Malgré mes attentes, pas un seul bouc, pas même une jolie chèvre, rien...
Pourtant d’autres ont été gâtés mais il est vrai que les privilèges sont affaires de nantis et de pouvoir. Nous pauvre plèbe ne pouvons que rêver de chevreaux à la patte légère, de blancs agneaux et de la présence rassurante d’un bouquetin.
Mais ne soyons pas plus royaliste que le roi, pendant trop longtemps les politiques ont favorisé les croupes larges et rassurantes des vaches. Voir revenir en grâce les filles d’Amalthée est une joie pour moi.
Et voila mes élans bucoliques encore une fois mis à mal par la triste réalité d’un monde ou la poésie champêtre n’a plus sa place. Le bouc ne sert plus que de moussant à la fange politique ou d’exutoires aux gothiques satanistes. Monsieur Seguin, enfermez vos douces fiancées à double tour, les loups rodent au salon de l’agriculture.
Tant pis pour fessebouc, je vais me rabattre sur facebook comme tout le monde.
26 août 2009
Les pays qui ne font pas rêver,, l'Angleterre
Si vous êtes une star ou bien même l’amie d’une star, il est très en vogue en ce moment de filmer ou photographier vos ébats sexuels. Ces vidéos compromettantes que vous stockerez bien sur dans un quelconque PC ou téléphone portable que vous perdrez avec le plus grand soin afin qu’il tombe entre les mains d’un paparazzi. Outre le fait de relancer un peu votre popularité et vous remettre sur la scène cela occupe aussi l’esprit des *flappeurs* du net. Mais il est un pays ou les conséquences d’une telle perte peuvent être des plus désagréables surtouts si vous vous livrez à des jeux BDSM.
L’Angleterre fait partie de cette catégorie de pays. Dans le royaume de sa gracieuse majesté on considère que la « victime » d’un acte jouant avec la douleur ou marquant le corps dans le cadre d’un jeu sexuel est nécessairement non consentante et ce même si ce jeu est consenti et sans danger pour le ou la soumise le subissant.
Au début des années 1990 l’affaire Spanner est la mise en application typique d’une loi imbécile reflétant la pudibonderie et l’hypocrisie d’une certaine forme de pensée héritée de l’ère victorienne. Un groupe d’homme pratiquant le BDSM s’est vu inculper par la justice anglaise pour avoir pratiqué en seing privé des jeux BDSM et ce sans que la moindre plainte n’ai été déposé et sans que personne n’ai été blessé lors de ces séances.
Le juge a considéré que ces actes jouant parfois avec la douleur, avec des marquages physiques (sans mise en danger des personnes la "subissant") ne pouvaient pas être demandés, que les soumis étaient nécessairement non consentants. Ce juge niait donc le SM comme mécanique de plaisir consensuel. Ce jugement réservait la possibilité de se frapper consensuellement, ou marquer, à des activités telles la boxe, le tatouage, mais l'interdisait dans un jeu sexuel.
Les personnes inculpées (seuls les "dominants" ont été condamnés) et leurs soutiens ont tenté de faire annuler ce jugement
en le portant devant la Cour Européenne des droits de l'homme. Le verdict, rendu en 1997, a confirmé le jugement britannique. Plusieurs hommes ont été condamnés à 3 ans de prison.
Cette loi est aujourd’hui encore en vigueur et pratiquer des jeux BDSM reste illégal dans la perfide Albion. Bien que l’association Spanner Trust se batte depuis des années pour que les pratiques BDSM ne soient plus considérées comme illégale, le gouvernement britannique en remet une couche en 2009.
En janvier 2009 une loi sur la possession d’image extrême à prit vigueur. Il est désormais répréhensible de posséder une quelconque image mettant en scène un acte causant des blessures dans le but de susciter l’excitation personnelle. Alors rangez fouets (ou alors ne laissez pas de marque), aiguilles et autres lames, toutes ces images rentrent dans le cadre de cette loi et peut vous mener à l’expulsion de ce charmant pays.
On peut se demander si le bannissement n'est pas un moindre mal….
Photos : SM Pride March à Londres.
25 août 2009
Artémis Orthia et Tomba della Fustigazione
Au neuvième siècle avant Jésus Christ on
fait référence à des flagellations rituelles à Artémis Orthia un des principaux
centres religieux Sparte de l’époque préolympique. Un des rituels de ce lieu
consacré à Artémis se nommait diamastigosis. Cette cérémonie remplaçait les sacrifices humains des premiers temps.
On empilait des fromages sur un autel à charge aux jeunes éphèbes de venir les récupérer.
Mais pour atteindre cet objectif il fallait affronter une garde d’adultes armés
de fouets sous le contrôle de la prêtresse du temple qui veillait à ce que les
coups soient bien appliqués. Pour ce faire elle porte le xoanon d’Artémis (le
xoanon est une statuette en bois primitive représentant la divinité) lorsque
l'un des porte-fouets retient ses coups, pour ne pas défigurer un joli garçon
ou par égard pour sa famille, le xoanon est censé s'alourdir. La
prêtresse réprimande alors le fouetteur fautif.
A l’époque romaine le rituel prend une
forme plus sanglante, de tout l’empire les spectateurs s’empressent dans l’amphithéâtre
construit à cet effet pour assister au spectacle. Cicéron témoigne avoir
assisté à la mort d’un des jeunes éphèbes sous le fouet. Le rituel sera encore
en vigueur jusqu’au IV eme Siècle ou il est mentionné par Libianos comme
attirant de nombreux spectateurs.
Peut on considérer cette cérémonie comme
une cérémonie sado-masochiste ? Certes pas dans le sens ou on entend BDSM
de nos jours. Mais sommes toute, à bien y réfléchir n’y trouve t’on pas comme
dans le BDSM la notion de passage, d’initiation et de découverte. L’éphèbe
vient prouver son courage, sa maturité et gagner son statut d’homme dans la
société. Quel sens donner au fouet dans le BDSM ? Un acte de punition ?
une souffrance pour mater une ou un soumis rétif ? Je préfère y voir la
recherche d’une lumière, d’un dépassement intérieur. Le fouet vous fait passer
à un autre niveau, la douleur vous emporte et vous change…
En cadeau une des premières
représentations connus de scène vraiment à connotation BDSM.
Dans le complexe funéraire Etrusque de Tarquinia se trouve Tomba della Fustigazione dont le mur s’orne de cette superbe représentation d’une scène des plus explicites.
24 août 2009
31. De Mal en pis, tant pis
Elle assista au cours suivant sans
vraiment y prendre garde, bien que les explications de Monsieur Villaret sur la
vie dissolue de plusieurs auteurs célèbres apportait un éclairage des plus
intéressant sur leur oeuvre. La journée se passa ainsi, laissant place au jeudi
qui s'agrémenta du cours quotidien de sport, de cours d'histoires, de
libertinage. Les cours de Malthazar avaient été remplacés par des séances de
méditations et de repos, des cours de maquillage et de stretching. Des séances
de lectures surveillées aussi. Visiblement Malthazar était tout entier prit par
la préparation de la soirée du samedi. Le vendredi enfin était arrivée et les
pensionnaires rejoignaient leurs chambres pour se préparer au dîner, lorsqu'une
surveillante saisit Sofia par le bras. C'était une brune au regard sévère qui
ne se montrait que très peu loquace et que la pensionnaire n'avait jamais
qu'entraperçut. "Ceci est pour toi." Et elle lui tendit un petit plis
et s'éloigna rapidement. Sofia, s'enfermant aux toilettes, déchira l'enveloppe
qui contenait un petit carton.
"Ce soir. La surveillante est payée,
si tu veux me rejoindre, obéis-lui, glisse-toi par les cuisines, une voiture
t'attendra pour te mener à moi ma salope.
Ton maitre S."
Elle faillit déchirer le carton et le jeter dans la cuvette. Mais suspendit son geste. Elle se sentait mal et dut s'accorcher aux murs pour ne pas tomber, froissant nerveusement le carton entre ses doigts. La nausée lui broyait l'estomac. Et en même temps, dans le creux de son ventre, une morsure brûlante s'amplifia, augmentant son dégoût. Elle sortit des toilettes en titubant, glissa le carton dans la poche de sa jupe et se passa de l'eau froide sur les poignets et sur le visage. Dans le miroir, elle observa son visage. Elle était pâle mais ses joues étaient marbrées de rouge, son front était moite et ses pupilles, agrandies et sombres, brillaient d'un éclat fiévreux. Elle se mordit les lèvres sans quitter son reflet des yeux et lança à son reflet entre ses dents :
"Tu vas y
aller. Tu vas y aller car tu es une salope masochiste qui en crève d'envie
!".
Elle ferma les yeux,
cramponnée à l'évier. Relevant la tête, elle se regarda une dernière fois, se
retourna brusquement et sortit pour rejoindre ses camarades. Elle savait
qu'elle ne ferait plus demi tour maintenant.
Elle regagna sa chambre en silence, se rendant aux douches où elle resta un
long moment laissant l'eau dissoudre ses pensées. Alors qu'elle se retournait,
elle vit la surveillante brune qui la fixait l'oeil brillant un petit paquet à
la main.
"Ton maitre m'a donné ceci pour toi, de la crème pour t'épiler et des
onguents pour que tu aies la peau douce."
Elle déposa le petit paquet sur le lavabo et se posta à la porte des
douches.
"Tu peux y aller je
surveille, personne ne viendra te déranger."
Debout contre le chambranle de la porte, elle l'observait avec un air
interessé. Sofia s'avanca vers le petit paquet et en retira un pot de crême
dépilatoire et un onguent parfumé. Le paquet contenait aussi un petit objet
brillant. Un rosebud orné d'une pierre rouge. La surveillante détaillait le
moidre de ses gestes avec un sourire sarcastique. Elle lui lança d'une voix
douceureuse
« Ton maitre a aussi
prévu un petit bijoux décoratif pour toi ,comme tu peux le voir. Il veut que tu le portes
jusqu'à ce que tu viennes le retrouver pour te rappeler à chaque instant à quel point tu peux être une salope."
Sofia eut un petit sourire en coin, une moue
un peu amère et contempla pensivement l'objet qu'elle tenait dans le plat de sa
paume. Elle était une salope, cette évidence lui vrillait le ventre, lui
broyait le plexus, lui coupait le souffle. Une salope qui irait jusqu'au bout.
Le visage de Vlad traversa ses pensées. Elle le chassa en secouant la tête et
se concentra sur ses préparatifs. Elle serait parfaite, conforme en tous
points à ses attentes. Oui parfaite... comme une offrande sacrificielle. Mais
elle était sa propre victime et son bourreau cette fois. Elle choisissait seule
cette voie, la plus dure, la plus absolue, la seule qui lui permettrait de
savoir jusqu'où allait sa folie. Elle se rendit compte que ses jambes
tremblaient. Elle régla la douche sur un grand jet glacé qui la remit d'aplomb
puis positionna le mitigeur sur une température agréable pour parfaire sa
toilette. Lorsqu'elle eut fini de se sécher, elle s'enduisit méticuleusement de
l'onguent délicatement parfumé, passant ses doigts sur son sexe presque glabre,
et se saisissant du rosebud, les mains encore couvertes de la substance, se
pencha en avant pour le mettre en place sous l'oeil égrillard de la
surveillante.
"C'est que
ca a l'air de te plaire petite garce de t'apprêter pour ton Maitre. Allez,
finis de t'habiller et file dans ta chambre, je viendrais te chercher."
La surveillante
récupera son petit paquet avant de s'éloigner dans le couloir, la laissant
achever de se préparer
toute seule. Elle se rhabilla rapidement et retourna
dans la chambre d'un pas vif, sentant la pression du bijou dans le creux de ses
reins à chaque pas. Elle ne participa pas aux babillages amusés de ses
compagnes de chambre et attendit l'heure de l'extinction des feux, la gorge
nouée d'appréhension, le coeur palpitant. Couchée dans son lit, elle écoutait
le souffle de ses deux amies devenir plus lent, plus profond, s'apaiser. En
elle rien de son tumulte ne trouvait un instant de répit. Elles dormaient à
présent alors qu'elle, les yeux grands ouverts, guettait chaque bruit dans le
couloir. Finalement elle perçut des pas feutrés et entendit la porte s'ouvrir
doucement. Se relevant sans bruit, le coeur battant, elle fit face à la
surveillante et s'emparant de sa tenue de pensionnaire, elle la suivit dans le
couloir. La surveillante lui fit signe de laisser son linge là et de la suivre.
C'est uniquement revêtue de sa chemise de nuit qu'elle lui emboita le pas
jusqu'à la chambre des surveillantes. La grande brune lui tendit un paquet.
"Mets cela."
Elle saisit le colis qui contenait une culotte de latex
fendue ainsi qu'un soutien gorge qui laissait ses seins apparents, une paire de
bas et d'escarpins a talons hauts, le tout noir. Elle enfila sa tenue sous le
regard impitoyable de la surveillante. Lorsqu'elle fut prête celle-ci la
couvrit d'une cape noire, attrapant au passage ses deux seins et les tordant.
"Hmmm
superbe petite salope, on va bien s'amuser ce soir."
Puis
l'entrainant dans les couloirs elle la fit sortir par la porte des cuisines.
Une mercedes les attendait, garée contre le mur de la propriété, la portiere
arrière ouverte.
"Le règlement de ces lieux est
strict Mademoiselle Sofia, et il vaut pour tout le monde."
Elles s'immobilisèrent,
effarées, alors qu'un des deux gardes, échangeant quelques mots avec le
chauffeur de la mercedes, lui faisait comprendre qu'il pouvait retourner d'où
il venait. La mercedes disparut rapidement dans l'allée. Malthazar ne cessait
de les fixer elle et la surveillante de son regard d'acier. Il réitéra
sentencieusement :
"Le
règlement vaut pour tout le monde, il n'y a pas d'exception, les sorties ne peuvent être autorisées que par
Monsieur, même s'il s'agit de rejoindre son Maître."
Il fit quelques pas et leur désigna la porte
du bâtiment. Sans un mot, elles se dirigèrent vers l'issue entrouverte, serrées
de près par leur escorte. C'est dans un silence glacial qu'elles pénétrèrent
dans le grand hall du Pensionnat et furent dirigées vers le comité d'accueil,
Monsieur et une grande femme rousse inconnue, vêtue de noir. Elle les observait
avec un regard glacé qui semblait avoir le don de figer sur place tous ceux qui
osaient l'affronter. Elle était grande, vraiment, d'une taille bien supérieure
à la moyenne, et le fait qu'elle soit perchée sur des talons démesurés lui
donnait une allure quasi irréelle. Son tailleur noir soulignait parfaitement
des formes sculpturales et ses longs cheveux noirs de jais, impeccablement
brossés, tombaient dans son dos jusqu'à sa chute de reins en miroitant. Mais ce
qui captivait irrémédiablement, c'était son regard, ses yeux verts
scintillants, qui ne scillaient pas, et semblaient braqués sur elle Sofia et la
surveillantes comme des armes menaçantes. Se trouver face à eux, c'était comme
se retrouver hypnotisé par le canon d'un revolver. Ce fut la voix glaciale de
Monsieur qui interrompit cet instant quasi hypnotique.
"Mademoiselle Charline vous allez
me suivre dans mon bureau pour recevoir votre lettre
de remerciement et le solde de ce que nous vous devons. Vous aurez quitté les lieux avant demain matin"
La surveillante baissa la tête et n'osa pas un mot.
"Quant à vous Sofia, vous allez
passer la nuit en cellule, ainsi je suis certain que vous ne tenterez plus de partir vous promener."
Sofia
tressaillit, s'arrachant à la fascination de l'inconnue et baissa les yeux,
incapable de soutenir plus longtemps la tension de tous les regards
réprobateurs qui la fixaient. En elle le disputait un mélange de honte, de
soulagement et de crainte. Honte d'avoir été prise dans la transgression des
règles du Pensionnat pour une sortie qu'elle savait infamante, soulagement d'en
avoir réchapper et crainte de ce qui l'attendait en cellule. Elle se contenta
de hocher doucement la tête et aquiesça
d'une voix atone.
"Bien Monsieur."
Il n'y avait
en elle aucun désir de justification, aucune vélléité de rébellion. La sentence
tombait juste, laconique, comme son acceptation. Elle attendait qu'on
l'emmenât. Et de se retrouver seule avec elle-même pour goûter l'amère saveur
et la profondeur de son sentiment de culpabilité.
Saint-Clar hocha la tête et sans un
mot s'èloigna vers l'escalier qui menait au bureau suivi par la surveillante.
Sofia eut la sensation qu'il l'abandonnait là, couverte de son seul mépris et
elle sursauta quand Malthazar, s'avançant vers elle et se tournant vers la
grande rousse, annonça.
"Vénus ma
belle, tu vas t'occuper de Sofia et la mener à sa cellule."
Les yeux de la
rousse perdirent immédiatement leur éclat glacé pour se charger d'une immense
tendresse alors qu'ils se posaient sur Malthazar.
"Oui mon
Maître...Ce sera fait. Et après cela, pourrais-je vous rejoindre ?"
Malthazar lui sourit.
"Bien sûr...
tout travail bien fait mérite sa récompense"
La rousse
baissa un instant la tête en souriant doucement puis reporta son attention sur
Sofia. Aussitôt ses yeux reprirent leur dangereux éclat. D'un bref signe de tête, elle lui fit
comprendre de la suivre et avança en longues enjambées sensuelles dans les
couloirs, dirigeant inexorablement Sofia vers les cellules. Malgré ses
craintes, Sofia ne pouvait s'empêcher d'admirer la démarche légère et souple de
la jeune femme qui s'éloignait et devait accélérer le pas pour la suivre. Cette
superbe inconnue, si fascinante et troublante, piquait sa curiosité ; n'y
tenant plus et oubliant ses ennuis et toute réserve, en courant presque
derrière elle, essoufflée, maladroitement, elle finit par demander :
"Excusez moi, je sais que.... je
ne devrais pas mais... êtes-vous la soumise de Malthazar
? Parce que, ...enfin, vous... vous... ne portez pas de collier"
Vénus, sans pour autant s'arrêter, tourna la
tête vers elle avec un sourire qui n'avait rien de chaleureux.
"Si je suis sa soumise ? Oui,
mais je suis aussi sa femme et je n'ai pas besoin de ou de déguisement. Je suis
sienne, comme il est mien."
Sofia baissa la
tête, submergée par la honte, anéantie par le regard sans concession. Elles
arrivaient déjà en bas de l'escalier des cellules, passant sans s'arrêter
devant la surveillante de faction dans le couloir. S'immobilisant devant une cellule ouverte,
Vénus lui désigna la petite prison d'un index implacable.
"Votre chambre est préparée,
veuillez prendre place."
La grande
rousse la guida jusqu'àu lit et lui passa deux sangles de cuir autour des
poignets.
"Voyez-vous Sofia, passer la nuit
dans cette cellule doit être un soulagement pour vous, mais... ce devrait être une punition."
Elle prit ses
poignets liés et, les soulevant, les attacha fermemement aux barreaux du lit,
l'allongeant sur le dos. Puis, saisissant un baillon boule, elle la réduisit au
silence. "Voila qui est un
peu mieux, n'est-ce pas ?"
Et se
redressant, la grande femme rousse défit les boutons de sa veste de tailleur et
la fit tomber au sol.
20 août 2009
30. D'un fil à l'autre
Toutes
hésitaient, doutant de pouvoir supporter la morsure de fouet de manière plus
courageuse ou convaincante que Marie. Toutes... ou presque. Sofia se mordait la
lèvre pour contenir le désir qu'elle sentait croître en elle. Agathe la fière
Agathe, brûlait d'envie d'en découdre avec le fouet mais retardait toute
manifestation de peur de se montrer moins résistante qu'elle ne l'aurait voulu.
Ce fut Inge qui les devança toutes et qui se redressa lentement, mais avec une
certaine fierté et vint se planter devant Malthazar. Face à lui, en position
centrale, enfin elle baissa les yeux, sous son regard incisif, et levant ses
mains les croisa derrière sa nuque, attendant.
Le fouet vint tout de suite la
cueillir, s'enroulant autour d'elle comme il l'avait fait précédemment pour les
deux premières candidates. Inge ne vacilla pas, statue de marbre parfaitement
immobile, elle n'eut pas même un tressaillement. Le fouet recommença sa course
autour de son corps, claquant et résonnant. La grande femme blonde ne bougeait
pas, son visage restait impassible et détendu sous les claquements, tout juste
vacillait-elle légèrement lorsqu'un coup plus violent la poussait un peu sur le
côté. Les derniers coups, elle ferma les yeux avec un soupir et le fouet finit
par cesser son jeu sur elle.
"Inge, qu'avez vous ressentie ?" La
femme blonde rouvrit des yeux brillants et de sa belel voix grave soupira.
"J'ai eu du plaisir Monsieur."
Malthazar sourit et lui désigna la
croix qu'elle rejoignit en lui rendant son sourire, se laissant déshabiller par
deux surveillantes et attacher aux montants. Malthazar fit claquer le fouet sur
sa peau ; elle eut un petit tressaillement mais n'en tendit pas moins ses reins
vers son bourreau. Le fouet claqua plus fort laissant une zébrure sur son
épaule puis une autre sur une de ses fesses. Malthazar faisait tourner son
fouet dans les airs, le cuir tressé venant claquer sur sa peau à un rythme
soutenu. Parfois un coup plus fort venait la jeter contre la croix de bois mais
elle reprenait rapidement sa position les reins cambrés. Silencieuse au début,
à présent elle répondait par un gémissement à chaque nouveau coup de fouet.
A
chaque coup, Sofia frémissait plus fort. Il y avait un moment maintenant
qu'elle avait fermé les yeux et que, tête baissée, elle portait toute son
attention aux seuls souffles, celui du fouet qui tranchait l'air et claquait
d'un bruit mat ou comme une détonation, celui d'Inge tantôt lent, tantôt plus
rapide et modulé sur un râle de fond de gorge, et elle avait la sensation que
ces sons pénétraient sous sa peau, se gravaient dans sa chair, faisant battre
son sang plus vite. Elle était à la torture. Elle voulait le fouet, elle
désirait son étreinte et son feu. Elle était sûre de ne pas avoir le stoïcisme
de Inge mais elle voulait sentir la morsure sur sa peau, plus fort qu'elle
encore... elle voulait les marques et leur brûlure, elle le ressentait
viscéralement. Et les yeux clos, dans sa position agenouillée, sans s'en rendre
compte, elle chaloupait à chaque nouveau coup comme si elle l'avait reçu.
Inge avait cessée de gémir
pour pousser de petits cris chaque fois que le fouet se posait sur elle. Elle
tanguait, s'arqueboutait à chaque claquement. Malthazar faisait tourner le
fouet de plus en plus rapidement, la lanière cinglait ses reins, ses cuisses,
son dos, ses épaules, les marquant de striures.. . La respirationd e inge se
faisait chaotique, elle poussa un long cri et s'abattit contre la croix en
gémissant. Malthazar laissa retomber le fouet au sol alors qu'elle s'affalait
sur ses liens, retenue uniquement par les entraves de cuir. Elle gémissait
encore doucement pendant que deux surveillantes défaisaient ses entraves et
l'aidaient à s'installer sur un coussin.
"Voici qui est fait nous avons à présent reçu la plus
belle démonstration de ce que le fouet peut
donner. A
présent le cours est terminé. Je vois la déception sur certains
visages... mais vous n'alliez tout de
même pas penser que j'irai vous fouetter toutes l'une après l'autre ? Je ne suis pas un surhomme
somme toute. Par contre vous aller terminer ce que j'ai commencé"
Malthazar désignat Marie à une des surveillantes, menez cette enfant à moi, et vous Inge, Devi et Sofia approchez, vous donnerez chacune dix coups de cravaches à cette jeune fille, il est de votre devoir de l'aider à s'agerrir."
Devi s'avancat hésitante tandis qu'a contrecoeur Marie prenait place sur le prie dieux, leur présentant ces reins cambrés. La jeune femme apliquat deux coups secs sur les fesses
de lMarie. Puis semblant réfléchir, elle cingla l'extèrieur des
cuisses, une premiere fois, puis une deuxième avec force. Le fessier de Marie
balançait de gauche à droite sous les coups de cravache. Lorsque Devi termina,
Marie laissait pendre mollement sa tête sur le prie-dieu. Agathe ne fut pas
longue à prendre son tour.
"Verifiez son
état Agathe, assurez-vous du bienfait que produit ce traitement à cette jeune femme."
Agathe caressa du bout des
doigts les fesses de Marie et glissa vers son intimité.
"Ces fesses sont aussi brulantes que son intimité
Monsieur."
Le professeur hocha la tête:
"En ce cas, ne vous gênez pas ma chère."
Agathe leva la cravache et
l'abattit sur les fesses de MArie, visant les endroits qu'Inge avait marqué de
ses coups, faisant crier sa victime dans un soubresaut à chacune de ses touches
d'une redoutable précision. Elle atteignit dix et le regard brillant tendit la
cravache à Sofia.
Malthazar intima :
"A vous Sofia, il vous revient de finir le
travail."
Sofia
prit la cravache comme si elle allait lui brûler les doigts. Elle se rendit
compte que sa main tremblait. Serrant ses doigts sur le manche, à s'en faire
mal aux phalanges, qui blanchirent sous la contraction, elle assura sa prise
tant bien que mal et se reculant elle ferma les yeux. Levant le bras, elle prit
une profonde inspiration. Et laissa retomber son bras. Il y eut un murmure dans
la salle. Sofia se raidit et releva le bras. A nouveau, elle se sentit ridcule
avec cet objet, incapable de porter un coup digne de ce nom. Elle abaissa sà
nouveau son bras en secouant la tête.
"Je ne peux pas Monsieur... je ne
peux vraiment pas.... Ce serait n'importe quoi ..."
"Obéissez Sofia, car à présent vous lui devez vingt coups. Chaque tergiversation est in utile, chaque rebuffade donne droit à une
contre-réaction équivalente. Dépêchez-vous, personne
ne sortira d'ici avant que vous ne vous soyez exécutée. Il ne vous appartient pas de juger ce qui est n'importe quoi ou ne
l'est pas. Nous ne sommes pas dans une cours
de récréation et je ne pratique pas l'éducation laxiste. Si vous désirez
exprimer votre être profond, faites-
le donc avec cette cravache. Et maintenant... je n'ai pas que cela à faire."
Elle
sentit la rage de l'impuissance dévorer son plexus, faire battre plus vite son
coeur. Il ne comprenait donc rien ! Elle arma son bras et pensa très fort en
fermant les yeux un instant : "Je
suis désolée pour toi Marie, vraiment désolée !"
Et elle
abattit son bras, en un revers vigoureux. La cravache cingla l'air avec un
siflement furieux et la baguette vint frapper les fesses en travers, imprimant
son empreinte en rouge vif. Mare poussa un cri suraigu et se tordit en
haletant. Mais déjà Sofia recommençait. Ce n'était plus elle qui portait les
coups, mais c'était tous les coups reçus dans la furie et dans l'humiliation,
tous les coups brûlants et impitoyables qui avaient mordus sa peau sous les
mains de Sadex et qui l'avaient vaincue et emportée, qui sortaient d'elle, qui
possédaient ses gestes et venaient violenter le corps offert pour l'emporter à
son tour. Elle frappait méthodiquement, froidement, sans compter, fermant
parfois les yeux pour ne pas voir les marbrures sur les fesses de Marie. Et ce
n'était plus tant Marie qu'elle marquait de ces morsures mais elle-même qui
revivait, des deux côtés à la fois, ses plus douloureux et plus fous voyages.
Ce fut Malthazar qui bloqua son bras.
Il maintint fermement son poignet et du
regard lui désigna Marie. Celle-ci haletait en roulant des hanches les yeux
clos, des traînées de larmes sur les joues, un sourire flou sur les lèvres.
"Voyez ce que vous avez produit. Oui,
vous lui avez donné ce qu'elle attendait sans le sa voir. Avez-vous joui Marie ?"
La jeune femme releva la tête en
frémissant et murmura. "Oui Monsieur."
Malthazar prit la cravache des mains de
Sofia.
"Vous
avez laissé parler votre feu et sans conscience avez donné à Marie ce qu'elle
at tendait sans se l'avouer. Parfois
les voies que l'on emprunte pour apprendre à se connaitre sont tortueuses et nous paraissent impossible
à suivre. Pourtant elles sont t outes
le fruit de notre propre psychée. Ce que vous avez ressenti, cette colère,
cette rage, cette lave dans
votre sang et que vous avez extériorisée malgré vous est le fruit du combat que vous menez dans votre esprit.
Faites en votre alliée. Le laisser-aller est une chose difficile souvent, parfois impossible et sous-entend
que vous cherchiez une chose bien précise.
Sofia, vous touchez du doigt en ce moment une chose fondamentale de votre propre désir. A vous de voir comment vous
allez l'aborder, en vous cabrant ou en llaissant sortir de vous ce qui vous hante et vous consume."
Sofia baissa la tête et
rétorqua entre ses dents :
"Nous le verrons samedi Monsieur !" et
elle tendit à Malthazar la cravache qu'elle tenait toujours serrée entre ses
doigts. Ses épaules tremblaient et elle dut faire un terrible effort pour
maîtriser sa respiration et juguler l'envie irraisonnée de pleurer qui
l'assaillait. Elle n'avait aucunement le désir de faiblir devant leur terrible
professeur. Elle lui prouverait qu'elle était capable d'avancer, même sur des
voies tortueuses, même là... quoiqu'il lui en coûte, elle était décidée à
avancer.
== Publicité ==

0
1





