Les Ecrits Pourpres

Ecrits Pourpres, une histoire de D. et de s. Notre histoire, une histoire d'amour et d'ouverture, venez nous rejoindre, vivez et vibrez avec nous.

13 février 2008

4- Comme une aube nouvelle .....

Le visage de la mère supérieure quitta l'entrejambe trempé de la jeune fille, donnant quelques coups de langues sur les lèvres ouvertes.

"Quel délice, c'est la perfection... "

Glissant sur elle la mère supérieure vint prendre sa bouche et échangea un dernier baiser avec la jeune fille qui retrouvait doucement un souffle normal. Elle sombrait peu à peu dans le sommeil, s'enfonçant dans ses rêves. La mère supèrieure sourit en se relevant. La drogue faisait magnifiquement l'effet escompté ; la petite s'endormait après le plaisir, ainsi elle pourrait continuer ses rêves et en conserver la trouble présence. Se relevant avec un dernier regard satisfait pour le jeune corps endormi, la femme se rhabilla, invitant soeur Lucie à faire de même. Elles franchirent la porte ensemble, non sans avoir recouvert le corps de la jeune fille avec des gestes plein d'attention, soeur Lucie s'emparant du plateau pour le soustraire à l'intérêt de la jeune fille.

"Ma soeur nous allons pouvoir accelérer le traitement avec cette jeunesse,,, elle a de formidables prédispositions."

Soeur Lucie acquiesça avec empressement, ravie de se voir désigner comme complice, et sourit lorsque, la saissisant par la taille, la mère supérieure l'entraina dans sa cellule.

21934334Et tandis que les deux femmes prolongeaient leur volupté dans le secret de la chambre de la mère supérieure, Sofia se débattait dans un sommeil hanté de rêves luxurieux, les premiers de son innocente existence ; mais ils étaient si intenses, si riches en détail sensuels que, lorsqu'elle s'éveilla aux premières lueurs du matin, la tête lourde encore des drogues absorbés, son corps palpitait de la plus troublante des voluptés. Elle s'en inquiéta, ne comprenant pas ce qu'il lui arrivait et chercha des yeux le cruchon pour se rafraîchir. Mais elle dut se rendre à l'évidence. Il n'y en avait plus l'ombre et point d'eau dans sa cellule qui puisse calmer les flammes de son corps et l'affolement de son esprit. Ne sachant que faire, elle s'habilla à la hâte et vérifia que sa porte était toujours close. Elle était bien prisonnière et ne pouvait pas plus espérer sur l'air frais du matin. Elle étouffait dans cette maudite cellule surchauffée. Pourtant, elle se mit à déambuler, faisant nerveusement les cent pas dans le petit espace, cherchant par l'activité à maîtriser son trouble. Peu à peu, elle ne fut plus qu'un corps transpirant que toute volupté avait quitté.

      

La porte s'ouvrit cependant assez rapidement, les nonnes étaient matinales. Soeur Lucie entra vivement, lui présentant son visage rayonnant.

"Bonjour mademoiselle... Oh je vois que vous êtes déjà éveillée.. mais vous êtes en nage ! Auriez-vous contracté quelques miasmes lors de votre voyage ?"

Soeur Lucie vint poser sa main fraîche sur le front juvénile.

"Point de fièvre.... sans doute un coup de chaud ; dieu merci, le bain va vous faire le plus grand bien ! Suivez-moi donc."

Elle emboîta le pas à la soeur qui l'entraînait en la tenant par la main dans les longs couloirs du couvent. Elles suivirent un groupe de nonnes qui se rendait silencieusement dans la salle d'eau. En y pénétrant, Sofia se rendit compte que le baquet dans lequel elle avait fait ses ablutions la veille n'était que le premier d'une série d'une dizaine de bassins, tous emplis d'eau fumante et parfumée. Soeur Lucie lui désigna l'un des grands baquets où deux autres soeurs se prélassaient déjà.

"Prenons celui-ci, nous y serons bien"

Et sans plus attendre, la soeur entreprit de se deshabiller. Sofia, tout en l'imitant, s'étonnait du luxe dont semblaitgerome_femmes_au_bain disposer l'austère couvent. Les bassins étaient tous fort bien chauffés, il y avait des savons en abondance, des brosses, de quoi oindre les corps, différents baumes odorants. Ces soeurs, sous leurs airs rigoureux, n'en prenaient pas moins soin de leurs corps et semblaient se montrer très appliquées à la toilette. Examinant discrètement les présentes, elle fut encore plus surprise de constater que les religieuses qui se trouvaient là étaient toutes jeunes et de la plus belle conformation. Elle ne vit aucune de ces vieilles dévotes que l'on croisait sur les chemins de campagne. Toutes étaient belles et jeunes et ne semblaient pas du tout emplie de la sainte contrition que dégageait les lieux. Même si elles respectaient à la lettre la règle du silence, les paroles passaient par les yeux, les mouvements des sourcils, les haussements d'épaules. C'était un réel bavardage sans bruit. Sofia reporta son attention sur soeur Lucie qui plongeait dans le bain en lui faisant amicalement signe de la rejoindre.

Malgré l'oncongruité de tous les détails qu'elle avait notés, elle envisageait, sans aucun déplaisir, de prendre un bain. Les émois de son éveil ne demandaient qu'à finir de se dissiper sous l'eau savonneuse et le racloir. Disposant soigneusement ses vêtements sur l'étagère destinée à cet effet, elle pénétra dans le bassin de bois aux côtés de l'aimable jeune nonne qui l'attendait en souriant. Elle ne ressentait aucune gêne, ni aucun trouble à cette proximité, jugeant, dans son innocence, leur ressemblance rassurante. Elle se rappelait les joutes aquatiques de son enfance libre avec ses compagnes paysannes et les moments où elles s'étrillaient gaiement avec des brassées d'herbes odorantes. Se saisissant d'un racloir, elle fit comprendre par signe à Soeur Lucie qu'elle se proposait de l'aider dans sa toilette. Rien d'impur ne troublait sa proposition mais celle qui la reçut ne possédait pas les mêmes trésors d'innocence que la pauvre enfant.

      

Soeur Lucie déclina sa proposition en lui désignant la porte qui s'ouvrait. Toutes les soeurs se redressèrent dans le bain, se figeant droites comme des I. La mère superieure apparut flanquée de deux soeurs et, s'avançant lentement entre les baquets d'eau, elle jetait à chacun un regard attentif tandis qu'une des soeurs examinait les effets posés sur les étagères contre le mur. Elle parvint à la hauteur de Sofia qui attendait le souffle court mais ne lui accorda qu'un bref regard de ses yeux gris d'acier. Sans rien laisser voir du trouble qui la gagnait devant la vision de cette petite poitrine délicieuse et de la chaleur qu'elle faisait naître en elle, la mère supérieure continua son chemin. Arrivée au bout de la pièce, elle sortit sans rien dire suivie de ses deux acolytes. Le silence régna encore quelques instants puis il y eut comme une grande respiration, des éclaboussures et les bavardages commencèrent. Les voix claires et les rires des nonnes s'élevèrent dans les airs. Soeur Lucie se pencha vers Sofia.

"Chaque matin la mère supérieure fait sa petite promenade dans les bains afin de vérifier notre hygiène « men san in corpore sano ! » et après elle monte à la chapelle ; c'est le moment où l'on peut discuter un peu et se détendre. Autrement elle est sans cesse sur notre dos, et gare, parce qu'on dirait qu'elle peut être partout à la fois. Maintenant si tu veux toujours, je veux bien que tu me frottes le dos."

Se tournant, elle lui présenta son dos blanc tout en jetant un regard circulaire sur les autres bacs. Les soeurs respectaient conciencieusement la consigne ; pour le moment les jeux d'eau étaient interdits tant que la petite ne serait pas plus instruite des amusements qui peuvent naître entre les êtres. Elles se tenaient donc tranquilles ; certes des mains devaient elles courir sous l'eau, mais elles demeuraient invisibles et cela offrait un spectacle parfait d'harmonie.

Sofia se plia bien volontier à la tâche qu'elle avait proposée ; elle s'appliqua à passer le racloir avec délicatesse, savonnant la peau, utilisant son outil autant pour effectuer un nettoyage qu'un savant massage. Elle était douée pour sentir les muscles sous la peau. Une petite paysanne un peu farouche lui avait même jeté un jour avec une lueur d'envie

"Toi, tu as des mains de sorcière. Suis sûre que si t'étais pas une dame tu serais rebouteuse comme ma grand ma'"

Cela avait amusé Sofia et la petite troupe qui l'avait un peu moquée en la traitant de sorcière mais elle n'y avait plus pensé. Cependant procéder à la toilette de soeur Lucie était toute autre chose que les frustres abblutions campagnardes. Lucie avait une peau fine et translucide dont l'extrême douceur, lorsqu'elle y posait les doigts pour la savonner, lui paraissait presqu'irréelle. Elle ne retint pas son exclamation admirative et toute enfantine :

"Que vous avez la peau douce et blanche Soeur Lucie, c'est presqu'incroyable !"

      

repetitionSoeur Lucie souriait avec béatitude, on ne lui avait jamais massé le dos de cette facon. Sofia avait des mains de magicienne, à la fois douces et fermes, sensuelles dans leur innocence. Elle ne pouvait pas deviner à quel point ces attentions allumaient un brasier dans son ventre.

"C'est parce que j'en prends grand soin mon enfant. Notre seigneur Jésus considère que son temple est en chacun de nous, n'est-il pas ? Il est de notre devoir de l'entretenir...un peu plus bas s'il te plait, mon dos me fait un peu souffrir et tes mains délicieuses sont si apaisantes."

Elle sentit les mains de Sofia glisser lentement sur son dos et venir effleurer le creux de ses reins et masser avec délicatesse. Elle croisa les regards envieux des soeurs Jeanne et Carmen qui s'attachaient au minutieux travail de la jeune fille. La chair fraîche de Sofia semblait tenter d'autres qu'elle. Encore une fois, elle remercia mentalement la mère supèrieure de l'avoir choisie elle pour accompagner la petite sur son chemin.

"Vois-tu enfant, je m'enduis tous les soirs d'une crème spéciale, une recette de ma grand mère qui me permet d'avoir la peau douce. Si tu veux je te montrerai, ainsi toi aussi tu pourras prendre soin de toi. C'est important d'honorer le don que nous a fait Dieu en nous offrant notre corps."

Son sourire s'élargit encore en pensant à ses mains couvertes d'onguent glissant sur le corps offert de Sofia. Elle sentit son entrejambe pulser et ne put s'empêcher de glisser discrètement un doigt sur son intimité.

Sofia éclata d'un petit rire cristallin en secouant la tête mais sans cesser son savant ouvrage.

"Oh vous pouvez bien m'enduire autant que vous le voudrez Soeur Lucie ! Peut-être aurai-je la peau douce mais certes jamais aussi blanche que la vôtre."

Stoppant son massage, elle posa son bras tout contre celui de Lucie, appuyant ses petits seins dans son dos, sans s'apercevoir du grand trouble qu'elle causait. Non, elle riait toujours, toute égayée par un humour puéril.

"Regardez donc ma couleur ma soeur ! C'était le grand sujet du désarroi de ma mère à me voir courir au soleil sans me cacher. Et ce furent les premières colères de mon beau père qui me traitait de bohémienne et de va nu pied et me disait combien j'étais laide ainsi !"

Son rire s'était éteint et elle avait retiré son bras avec un tressaillement de honte. Soeur Lucie réalisa que l'innocence de Sofia était bien plus grande encore que ce que la mère supérieure avait pu juger. La jeune fille ignorait même qu'elle put être belle.

      

Soeur Lucie se retourna pour lui faire face et lui prit les mains, les pressant avec sollicitude entre les siennes.

"Sofia Sofia ma toute petite ! Quel homme peut etre aveuglé par sa propre bêtise, par son orgueil de mâle, au point de550972580 ne pas voir combien notre Seigneur t'a fait belle ? Regarde tes mains, fines aux doigts longs et charmants, regarde ta peau, brunie comme un pain, comme le pain que notre Seigneur donna aux miséreux pour illuminer leur vie. Tu es belle, n'en doute point et notre Sainte mère, la vierge arie ne devait pas avoir d'autre peau que la tienne ! N'était-elle donc pas elle -même née dans les pays du soleil ?"

Soeur Lucie prit les mains délicates et les embrassa doucement avant de continuer.

"Tu es une enfant de notre Seigneur, faite dans les grâces de ses dons ! Tu es belle comme un jour neuf

!"

Soeur Lucie la prit dans ses bras, comme le ferait une amie sincère, et elle l'était en cet instant, elle devait bien se l'avouer, cette petite la touchait dans son innocence, par ce qu'avaient dû être ces années terribles auprès d'un beau-père, sans doute à la fois jaloux de son existence et désirant de la femme magnifique qui éclosait devant ses yeux chaque jour un peu plus. Cependant elle ne pouvait empêcher son ventre de se nouer en sentant les petits seins fermes appuyés contre les siens.

Sofia, qui avait si peu goûté à la tendresse, et encore trop ignorante des attraits de la sensualité, se laissait aller dans les bras de Lucie, le coeur débordant de gratitude et baignée de douceur. Elle se pressait contre la soeur avec une émotion quasi filiale, trouvant dans la suavité de cette étreinte la chaleur affective qui lui avait tant fait défaut depuis la mort tragique de son père. Les yeux brillants de larmes, elle releva son visage vers la soeur, et les lèvres à quelques centimètres à peine de Lucie, elle murmura d'une voix étranglée.

"Merci ma soeur, oh merci de votre gentillesse à mon égard. Je ne doute pas de la bonté de votre coeur et de votre sollicitude et voilà qui me fait paraître moins sombre mon séjour ici. Belle ou pas , je m'en moque bien si je puis espérer votre amitié et vous promets de me bien conduire pour ne point risquer de la ternir."

Et elle tendait son petit visage exalté vers celui de Lucie sans mesurer quelle tentation elle offrait ainsi.

      

Soeur Lucie dut mettre à l'oeuvre toutes ses forces pour ne pas se jeter sur le doux visage qui se tendait vers elle. Elle aurait voulu dévorer cette bouche au doux sourire ému de mille baisers et prouver à ce corps charmant à quel point elle était désireuse d'en honorer le temple. Mais elle se ressaisit ; c'était bien trop tôt pour cela, même si le moment viendrait, ce n'était pas encore là que tout pouvait basculer. Elle posa un chaste baiser sur la joue de la jeune fille, au plus près de la bouche ourlée cependant et se releva.

"Allons ma douce, il est temps de nous sécher et de nous apprêter pour aller prendre un petit déjeuner bien mérité.... la journée est longue !"

Elle sortit du bain dans l'élan de sa phrase mais se pencha néanmoins vers Sofia pour glisser à son oreille dans un souffle.

"Tu pourras toujours compter sur moi quelle que soit l'heure et ce qui t'agite. Viens te confier à moi, je ne fermerais plus la porte de ta cellule à clé... et la mienne est à deux portes de la tienne !"

Puis elle posa un baiser sur son cou et s'empara d'un des grands draps qui pendaient au mur et entreprit de se sécher, tentant d'oublier la douceur de la peau de la jeune fille sous ses lèvres. La porte serait bien sur ouverte, mais celles des couloirs solidements verrouillées ; il serait malséant, qu'à la nuit venue, une innocente donzelle découvre ce qui se passait dans le couvent.

292333596_smallSofia se séchait avec entrain, libérée des tourments de sa nuit et, pour la première fois, le coeur presque léger. Elle comptait une amie et c'était chose nouvelle et joyeuse pour elle qui avait vécu en solitaire ses dernières années. Ce cadeau inattendu, en ces lieux qui lui avaient paru si mornes, ranimait en elle sa joie de vivre et son optimisme. Elle en devenait quasi impatiente de découvrir le contenu des journées monastiques et ne craignait plus de savoir se conformer aux règles rigides. Il lui suffirait de poser ses yeux sur soeur Lucie pour être apaisée. Empressée à bien faire, elle fut la première à terminer sa toilette et attendit, cheveux impeccablement nattés et robe irréprochable, de pouvoir suivre sa guide vers le réfectoire. Sofia avait encore une âme d'enfant, prompte aux emportements et elle venait de donner son entière amitié à soeur Lucie. En cet instant, elle l'eut suivie n'importe où, pour lui signifier sa reconnaissance puisque, par ses mots, elle l'avait rendu à elle-même. Lucie, qui avait depuis longtemps oublié ce qui faisait la gravité et la merveille de l'enfance, ne pouvait mesurer encore, combien l'attachement de Sofia était grand. Dans les regards qu'elle saisissait, elle ne voyait que la promesse des plaisirs à venir.

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27 janvier 2008

3-Prime nuit trouble......

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La jeune fille assommée par toutes les recommandations de la soeur se contenta de hocher la tête en allant quérir son plateau. Elle s'installa prudemment sur le bord du lit, le tenant fermement avec moultes précautions, et l'observa songeuse. Il lui serait bien difficile ainsi de ne pas se tâcher et on ne lui avait fourni ni torchon ni serviette pour protéger ses vêtements. Reprenant le plateau à bout de bras, elle se releva lentement et, le reposant sur le petit tabouret, attendit debout que revienne la soeur avec sa cruche d'eau. Elle avait décidé de ce qu'il lui fallait faire pour ne pas risquer de souiller sa robe, l'enlever semblait la plus sage des décisions. Mais elle ne voulait pour rien au monde risquer de se montrer impudique dans ce lieu. Aussi attendait-elle sagement, pour avoir la certitude de pouvoir se nourrir nue sans risque d'être dérangée. Cependant les minutes s'écoulaient, elle avait allumé la petite bougie pour s'occuper et chasser les ombres de sa cellule mais la soeur ne revenait toujours pas et les effluves de son repas lui chatouillaient les narines lui rappelant qu'elle n'avait rien mangé depuis fort longtemps.

fruit_d_fendu

Elle finit par se décider. La soeur ne semblait pas devoir revenir alors elle fit glisser la robe doucement sur son corps et la posa sur le lit, la repliant avec soin. Totalement nue, elle s'étonna cependant de ne pas avoir froid. Il lui semblait pourtant qu'une telle bâtisse devrait être gelée. Elle toucha du plat de la main un des murs et le sentit brûlant contre sa paume. Visiblement des conduits de cheminées courraient dans les murs et transmettaient une chaleur agréable à la cellule. Elle se demanda si toutes bénéficiaient de ce même confort mais se réjouit d'y avoir droit , jugeant avec une joie enfantine qu'au moins, si elle devait vivre quasiment nue dans cet endroit, elle n'aurait pas froid. Elle fut sur le point de prendre le plateau mais, sentant un tiraillement sur son bas-ventre, elle glissa sa main entre ses cuisses. Son pubis était recouvert d'huile séchée. C'était curieux, jamais elle n'aurait pensé que l'huile pouvait sécher de cette façon. Elle en détacha doucement une petite partie. Cela faisait comme une sorte de pellicule blanchâtre qui s'écaillait. Elle fut encore plus surprise, ne s'attendant vraiment pas à ce que l'huile sainte ressemble à cela. Elle observa le petit bout de membrane blanchâtre et le porta à ses lèvres avec curiosité ; elle perçut le goût douceâtre et salé de l'huile, le sentit se répandre sur ses lèvres. Cela lui rappelait quelque chose sans qu'elle puisse déterminer quoi. Intriguée, elle en reprit encore quelques fragments. A présent le goût remplissait sa bouche, c'était étrange mais pas désagréable. Elle haussa les épaules et alors qu'elle s'asseyait pour manger, elle saisit ce que ce goût particulier ravivait dans sa mémoire, un souvenir guère ancien. Son beau père l'obligeait à toutes sortes de corvées dans la demeure familiale, notamment la lessive et le goût que lui évoquait l'huile sainte était l'odeur des sous-vêtements qu'elle portait à laver dans de grands paniers. Elle eut un sourire un peu honteux en se disant qu'il était vraiment drôle de constater que l'huile sainte put avoir la même odeur que les dessous souillés de son beau père. Toute à ses pensées, elle s'assit et commença à manger lentement. Encore une fois elle fut étonnée ; les mets qu'on lui avait servis, malgré une présentation sommaire, étaient d'une grande qualité. Le plat était goûteux et finement parfumé, épicé avec art et les légumes étaient un festival de saveur qui se répandait sur ses papilles. Elle se régalait et cherchait vainement à identifier dans cette préparation des saveurs qu'elle n'avait jamais rencontrées. Soeur Lucie revint dans la cellule portant une cruchon d'eau et lui souriant. Affolée, elle suspendit son repas.

"Bonne idée, l'enlever c'est encore une des meilleures façons de ne pas la souiller !"

La soeur, avec naturel, posa le cruchon au sol près de la jeune fille et s'assit sur le tabouret, la regardant manger en silence. Sofia encore gênée de se montrer ainsi devant elle, craignait une remontrance. Mais soeur Lucie ne semblait pas le moins du monde offusquée et lui souriait toujours avec bienveillance, tout en se lançant dans quelques explications sur la vie quotidienne du couvent, des règles simples à suivre, disait- elle, et tout se passerait bien. Sofia prit le cruchon ; elle avait soif. Elle sentait sa bouche pâteuse. Une chaleur étrange l'envahissait peu à peu. Elle mit cela sur le compte de la température élevée qui régnait dans la pièce et but une grande gorgée d'eau fraîche.

La pureté de l'eau dissipa un peu son coup de chaleur. Elle achevait de manger en écoutant le discours plein d'enseignement de soeur Lucie et, lorsqu'elle relevait la tête vers elle, s'étonnait de rencontrer son regard à la fois doux et perçant toujours rivé sur son corps dénudé. Bientôt elle en conçut un réel malaise et, délaissant son plateau, voulut se relever pour se revêtir. A nouveau, une bouffée de chaleur l'envahit et son corps lui parut lourd et privé de force. La silhouette attentive de la soeur devint floue et se mit à danser devant ses yeux. Elle poussa un petit cri effaré

"Oh, je me sens mal ma soeur !"

Soeur Lucie se leva, attrapa son plateau et le posa sur la petite tablette. La potion que la soeur hospitalière avait répandu sur le plateau repas commençait à faire son effet. Les quelques gouttes dispensées dans l'eau du cruchon finissaient de faire leur oeuvre. Les plantes qu'utilisait la soeur hospitalière étaient redoutables, herbes sauvages, et champignons recueillis avec le plus grand soin dans les bois composaient les éléments d'une recette secrète que nul, à par elle, ne connaissait.

"je vais vous aider à vous coucher. Allons, ce n'est rien, allongez-vous sur votre lit. La fatigue de toutes ces émotions vous terrasse, je vais veiller sur votre sommeil."

Soeur Lucie observa les yeux de Sofia qui papillonnaient mais ne se fermaient pas. Elle attendit encore quelques minutes alors que la respiration de la jeune fille s'apaisait. Elle fit passer sa main devant ses pupilles et celles-ci la suivirent lentement. A présent elle était prête ; Sofia se trouvait prise par l'effet des drogues, ni endormie ni éveillée, consciente de ce qui se passait mais détachée comme dans un rêve. Demain tout ce qui allait se passer serait comme une illusion embrumée. La main de soeur Lucie glissa doucement sur le drap et caressa le sein. Sofia poussa un petit soupir lorsqu'elle dévoila sa poitrine ferme et en effleura la pointe. La soeur se releva, la contemplant avec regret, sentant une chaleur bien connue monter dans son ventre. Elle se dirigea vers le mur du fond et frappa trois coups contre le chambranle de la porte qui s'ouvrit aussitôt laissant entrer la mère supérieure.

"Elle est prête ?"

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Soeur Lucie acquiesça et la mère supérieure sourit en saisissant la petite nonne par la taille pour l'attirer vers elle et prendre sa bouche tout en glissant une main exigeante sur sa poitrine. La soeur s'abandonna au baiser, accueillant la langue de sa supérieure avec un gémissement de plaisir. Doucement les mains de la mère supérieure firent glisser la robe de lin au sol, révélant le corps fin, la peau diaphane de soeur Lucie. Gardant toujours sa bouche collée contre la sienne, ses mains glissèrent sur les fesses de la jeune nonne et les saisirent, les malaxant tout en plantant son regard d'acier dans celui de Sofia qui les observait immobile sur le lit.

"Enlève ma robe ma fille. J'ai hâte de goûter à cette petite merveille."

Soeur Lucie s'exécuta avec des gestes voluptueux, faisant de ce déshabillage un prélude sensuel dont la mère supérieure n'avait que très peu besoin. Il lui suffisait de regarder Sofia alanguie pour ressentir les plus délicieux tourments de la concupiscence, et elle ne se privait pas de ce spectacle. La jeune fille reposait sur les draps tirés, la joue appuyée sur son fin bras, ambré par ses longues chevauchées sauvages. Ses épaules, adorablement déliées, reposaient avec une délicieuse indolence sur le matelas, à peine voilées par sa longue tresse brune dont quelques mèches éparses venaient mourir sur un jeune sein ferme que soulevait une respiration un peu saccadée. La chaleur des drogues avait semé sur sa joue des couleurs plus vives qu'à l'ordinaire. Elle avait un air d'indécente candeur propre à enflammer la luxurieuse nonale.

La mère supérieure apparut dans sa nudité indécente ; son corps était fin et musclé, les années avaient fort peu entamé cette beauté androgyne. Libérés de la coiffe, ses longs cheveux gris, peu conventionnels pour son rang, tombaient sur ses épaules. Ses seins petits, encore plus petits que ceux de Sofia, pointaient arrogants. La main de soeur Lucie s'était posée sur son entrecuisse, qu'elle massait doucement tout en embrassant la pointe d'un de ses seins. Cette posture lui donnait des allures mâles. Elle eut un sourire carnassier et écarta doucement soeur Lucie pour s'avancer vers le bâti du lit. Elle s'assit près de Sofia et sa main caressa doucement la joue de la jeune fille, la pulpe de sa bouche fine et glissa sur son cou, ses épaules. "Ce qu'elle est belle, c'est une recrue de choix." La main de la mère supérieure glissa sur les seins, les caressant doucement. Tirant sur le drap, elle révélait le jeune corps centimètre par centimètre, prenant le temps de l'effleurer, lui prodiguant des caresses de plus en plus osées, contre lesquelles l'oiselle ne pouvait plus se défendre à présent. Bientôt, elle jeta le drap au loin, contemplant la beauté juvénile et déliée tout son saoul. Elle s'allongea doucement sur elle, pressant son corps contre le sien. Sa bouche s'avança vers ses lèvres.

"Tu rêves petite Sofia, tu fais des rêves honteux qui allument ton désir... font brûler ton ventre."

La bouche de la mère supérieure se posa sur la sienne, sa main saisissant son menton et lui faisant entrouvrir la bouche, sa langue doucement en forçant le passage pour commencer à l'explorer.

C'était un rêve étrange, une de ses illusions que tisse la nuit, qui semble aussi réelle, sinon plus, que la chose vécue et vous laisse au matin une pénible mélancolie, se disait Sofia dans son délire narcotique. C'était une illusion sans doute mais comme elle n'en avait jamais connue auparavant. Son ignorance et sa candeur, sa sauvagerie même, l'avaient tenue éloignée de tous les tourments de la chair jusque là, même en songes. Elle vivait donc cet instant somnambule avec une rare intensité. Son corps palpitait et il lui semblait qu'il s'embrasait en crépitements douloureux. Le baiser, cet inconcevable baiser à une moniale, d'une enivrante douceur, pénétrait en elle, s'insinuait sous sa peau, éveillait un désir dont elle ignorait l'existence et la puissance. Son corps se déplia dans l'hypnose, s'offrant sous l'emprise des drogues aux attouchements, sans vergogne, sans tabou. Elle rêvait un rêve interdit et tous les interdits étaient dilués.

Et dans ce rêve inédit, Sofia répondait aux baisers, sa langue venait chercher celle de la mère supérieure, la rejoignait dans cette union saphique. Elle marquait ainsi, à son corps défendant, son acceptation. Le baiser perdurait et la mère supérieure goûtait ce premier baiser volé à cette jeunesse innocente qu'elle allait savamment pervertir. Toujours dans la sensation de la fantasmagorie, Sofia sentit la bouche de soeur Lucie venir embrasser sa nuque, glisser sur son dos follement, alors qu'elle même enfonçait sa langue plus profondément sans comprendre d'où lui venait le goût pour ce baiser. Délicieux sacrilège de cette virginité qu'elles allaient offenser, ces premiers coups d'estoc dans l'innocence de Sofia étaient un ravissement. La mère supérieure était en feu, ses mains en coupe massaient doucement les seins de la jeune fille allongée sous elle. Elle saissit les pointes des tétons dressés et les pinça doucement puis les relâcha, et voyant le corps frémir, recommença encore. La bouche de Lucie caressait les fesses fermes et musclées. Elle ouvrit les jambes et glissa un peu sur Sofia délaissant un instant sa bouche. "Nettoies moi sa chatte, je n'aime pas le gout du sperme, mais c'est moi qui la fais jouir, prepares la moi." Elle reprit son baiser vorace, reprennant la bouche de sa jeune pensionnaire alors que soeur Lucie se glissait entre ces cuisses et les ouvrait avec délicatesse découvrant le con souillé de semence sechée. Elle avanca la bouche dardant sa langue rose et commenca ä la lècher a petit coups de langues appliquées, recueillant la semence de l'abbé.

Elle sentait les frémissements de Sofia dont le sang, gorgé de drogues, se faisait intense messager de la volupté et s'attachait à ne point trop amplifier les réactions de crainte de désobéir à la mère supérieure. Pourtant c'était bonheur pour Lucie de savourer ce frais coquillage souiller par le stupre et elle se serait bien laisser aller à donner au corps charmant de Sofia un plaisir bien plus grand. Sofia poussait de faibles gémissements sous les caresses redoubléEs et son corps se tendait, quêtant une issue - qu'elle ne pouvait, en parfaite novice, pressentir - à l'agacement de ses sens. Sentant l'amplification de son désir, La mère supèrieure chassa Lucie de son entrejambe d'un ordre bref.

Elle quitta la bouche offerte de Sofia et glissa doucement sur son corps, atteignant le delta de ses jambes ouvertes, qui ne s'étaient pas refermées. Elle admira une fois de plus le coquillage luisant de salive et de cyprine qui s'offrait à sa bouche.

hannahTonyRyan"C'est moi qui vais te faire jouir ma petite chienne... Toi Lucie, mets-toi contre la table, ouvre les jambes et carresse-toi, montre-lui comment on fait, que cela se grave dans sa mémoire."

Obeissante, soeur Lucie s'installa contre le rebord de la table et ouvrit largement ses cuisses, posa deux doigts sur son entrejambe et commença à se caresser avec vivacité. Son sexe était gonflée de désir et elle fixait Sofia les yeux brillants de convoitise ; elle avait hâte de commencer la deuxième partie de l'education, lorsque Sofia, torturée par ses rêves, en viendrait à pratiquer les excès de la chair. Alors elle serait là pour la guider, amie bienveillante, complice, et elle pourrait à loisir se repaître d'elle. En attendant, la mère Supérieure, du bout de la langue, frôlait les lèvres fines de la jeune fille, la faisant frissonner, et glissait plus avant dans la tendre moiteur. Doucement, elle enfoncait son organe en elle, caressant l'hymen, le quittant pour aller mordiller le clitoris, le dégageant de l'ecrin protecteur du capuchon pour le lécher, le suçoter. Elle plongea sa bouche sur l'entrejambe, collant ses levres aux lèvres intimes. D'une main, elle saisit un des petits seins et en pinça la pointe, tandis que de l'autre, tournant de l'index autour de son petite oeillet, elle en avait assoupli le contour et d'une poussée s'enfoncait dans ses reins.

La jeune fille exhala un profond soupir. Sous les caresses expertes, Sofia s'enflammait, l'esprit à la dérive, le corps déshinibé, livré à l'obscénité de son délire. Le charme qui la possédait était si puissant qu'elle se voyait agir et répondre et se consumer sans honte, sans révolte, avec une stupéfaction émerveillée. Il lui semblait que l'essence de son être était là, dans ce bonheur flamboyant de ses sens excités, dans cette griserie fabuleuse bien plus intense qu'un galop à cheval, seule ivresse qu'elle eût déjà ressentie. Elle entendit sa voix gémissante proférer l'aveu du plaisir qu'elle ressentait dans un long gémissement ensommeillé et pensa qu'elle ne voulait pas s'éveiller, qu'elle voulait encore de ces flammes étonnantes en elle, de ces tressaillements dans le creux de son ventre, que c'était bien meilleur qu'une folle cavalcade.

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14 janvier 2008

2. L'Examen...

"A présent il suffit, vous avez trop joué de notre patience, sortez de ce bain et séchez-vous, tout de suite."

2005_2006_nonne_sanglanteElle tressaillit mais obéit, quittant le cocon du bain et s'enroulant dans une serviette rêche, se frottant pour se sécher, enroulant la rude étoffe autour de son corps nu.

"Et puisque vous ne savez ni tenir votre langue ni obéir en temps voulu, apprenez ces premières règles : il n'est toléré aucun écart ; on ne parle que lorsque l'on est interrogé ou que l'on a reçu la parole, sinon il en coûte. Mes soeurs maintenez-la."

Les deux nonnes s'emparèrent d'elle et la tournèrent face à la grande table attenante au baquet, lui faisant poser les mains à plats sur le bois sombre et la tenant fermement.

"Dix coups de verges pour vous apprendre l'obéissance et les vertus du silence. Que je ne vous entende point proférer un mot ou pousser le moindre cri pendant que je grave cette leçon dans vos chairs."

Effarée, elle vit la mère supérieure contourner la table pour se placer derriere elle, tenant à la main une longue baguette de bois. Sa main sèche et rude arracha la serviette qui couvrait sa nudité et la branche siffla dans l'air, s'abattant fermement sur ses fesses.

"Et de un !"

Sofia eut un sursaut et se cabra sous la douleur mais retint son cri en se mordant les lèvres. Poussant une profonde expiration, elle obligea son corps à se détendre, attendant le second coup qui ne tarda pas mais dont la sécheresse la surprit et la fit se rétracter à nouveau. Cependant aucun son ne s'échappa de ses lèvres serrées et blêmes. Deux nouvelles volées la firent se tordre et à ses yeux perlèrent des larmes de douleur. Ses fesses brûlaient et le feu dévoraient lentement son dos de manière insupportable. Malgré tout, elle se repositionnait d'elle-même, sans qu'on lui en donna l'ordre, acceptant le châtiment avec un courage que la mère supérieure mit immédiatement sur le compte d'un orgueil coupable et qu'il faudrait briser. Elle ne retint nullement sa main pour les coups suivants et la baguette, qui jusque là rougissait la chair tendre de son postérieur, frappa si fort que le sang perla au huitième coup. Sofia se tordait entre les mains des deux soeurs, le corps vrillé par la douleur et son petit visage grimaçait , baigné de larmes. "Il en reste encore deux" annonça la mère supérieure et Sofia perçut toute la menace contenue dans cet avertissement.

      

La mère supérieure releva haut son bras et fit claquer avec violence la baguette sur ses fesses, la propulsant contre la table. Elle se mordit les lèvres jusqu'au sang pour ne pas hurler alors que la main ferme et pourtant étonnamment douce de la mère supérieure se posait sur ses globes enflammés.

"Encore un et la leçon sera entrée je pense."

Elle s'appliqua à frapper si fort ce dernier coup que la baguette se rompit sur elle. Sofia s'effondra en silence contre le bois de la table, le corps secoué de tremblements.

"A présent allongez-la sur le dos."

Les deux soeurs la soutinrent et la positionnèrent sur la table froide et rugueuse qui mit son postérieur malmené à rude épreuve.

"Mettez-lui ce bandeau afin qu'elle ne voit pas son entrejambe à l'examen, ce lieu de lucre et de débauche."

Elle frissonnait tant des paroles de la mère que par le froid de la table sous ses fesses brûlantes. Une des soeurs luiInterno_20di_20un_20convento posa un bandeau, le serrant fermement et l'aveuglant.

"Écarte les cuisses."

Elle ne réagit pas dans un premier temps.

"La leçon ne serait-elle pas rentrée au final ?"

Devant cette sourde menace, elle céda et le delta de ses jambes s'ouvrit.

"Mes soeurs vérifiez que nulle main d'homme n'a touché ses mamelles de pécheresse tandis que j'inspecte son antre."

Elle sentit les mains des soeurs se poser sur son corps et commencer à palper ses seins, les inspectant avec minutie, alors que la main de la mère supérieure se posait sur son entrejambe et, qu'un doigt, séparait les lèvres nacrées de son coquillage.

C'en était trop pour sa pudeur. Alors qu'elle avait su contenir toute révolte et ses cris pendant la punition, elle ne put supporter l'idée d'une intrusion dans son corps de vierge. Et, malgré la douleur qui irradiait ses reins et son état d'épuisement, elle se mit à se débattre avec l'énergie du désespoir, s'égosillant de désespoir, hurlant son refus tandis que les soeurs, implacables, la rejetaient rudement sur la table. Éreintée, elle se mit à sangloter, murmurant :

"Je vous en prie, je vous en supplie, ô mon Dieu, non, je ne veux pas, je vous en prie, pas ça, pas ça"

Et elle secouait sa tête faiblement, tremblant de tous ses membres.

Les mains fermes des soeurs la plaquèrent sur la table, la rendant à une immobilité désespérée ; fermement elles avaient chacune prit un de ses bras et de l'autre main avaient saisi une de ses jambes, la relevant pour la forcer à ouvrir son entrejambe.

"Vous devriez vous souvenir de garder le silence. Voilà de biens véhémentes façons, c'est à croire que vous voulez nous cacher quelque chose jeune fille. Vous seriez coupable de quelques impuretées que vous ne feriez pas moins de démonstration pour nous empêcher de constater votre forfaiture." La voix de la Mère supérieure était un souffle rauque remplie de menace.

"Allons maintenez-la bien, que je constate par moi-même l'état de cette fleur."

Elle se pencha entre les cuisses ouvertes de le jeune fille et admira son sexe recouvert par un fin duvet de poils noirs, les lèvres roses et ourlées dessinant une fente régulière. Dans la position où la pénitente se trouvait, les jambes largement relevées, elle lui présentait aussi son oeillet, oeil sombre et resserré qui semblait l'observer. La Mère supérieure eut un sourire alors que le corps de sa victime se crispa lorsque ses doigts touchèrent les lèvres, glissant dessus en une lente caresse.

"Ne vous cabrez donc pas petite sotte, soyez au contraire heureuse que j'aille progressivement dans mon examen pour ne pas blesser votre intimité."

intimate_confessions_of_a_chinese_courtesean_examen_de_virginite2_fef9f30076ee49a83b2e14b0334d60e2Son doigt posé sur sa fente commença à monter et descendre doucement ; chaque passage écartait un peu plus les lèvres de la jeune fille. Au fur et à mesure, il s'enfonçait entre les corolles lègérement humides. La mère eut un sourire satisfait en direction de l'abbé, debout à côté d'elle. Il était entré discrètement dans la pièce et observait silencieusement le sexe de la jeune fille entravée et aveuglée. Sa main allait et venait sur sa queue bandée qu'il avait extirpé des replis de sa soutane. La mère supérieure passa rapidement le doigt qu'elle venait de retirer de l'entrejambe ouvert sur les lèvres de l'abbé. Il lui rendit son sourire en constatant que le doigt de la mère supérieure était légèrement humidifié. Bien sûr c'était encore peu de chose, mais c'était un début, la petite garce se montrait réactive. La mère supérieure reprit sa caresse.

"Voilà, détendez-vous, respirez amplement, je vous promets de faire très attention, il ne faudrait pas endommager cette fleur, si toutefois elle est encore en floraison."

La jeune fille tentait de juguler l'affolement de son corps comme elle le pouvait et, frémissante de honte, osait à peine respirer. Sous le bandeau, ce qu'elle ressentait de cette intrusion honnie lui apparaissait à la fois plus terrible et bien plus troublant que ce qu'elle en avait envisagé. C'était moins violent que ce qu'elle avait cru cependant. Mais la douceur avec laquelle procédait la mère supérieure n'en n'était que plus éreintante pour ses nerfs et faisait durer son humiliation. Elle eut préféré une violence qui lui garantisse un prompt achèvement que l'exaspérante lenteur de ces effleurements prudents qui la terrorisaient et perturbaient ses sens. Le souffle court, dans l'attente de sensations qui la surprenaient sans cesse, elle se sentait prise de vertige et presque nauséeuse. Oh comme elle voulait que tout s'arrête ! Mais elle s'abstenait sagement de toute plainte et de tout mouvement, ne luttant plus, espérant hâter sa libération par sa plus totale obéissance. Seuls les battements désordonnés de son coeur et les frémissements de sa peau trahissaient son émoi.

      

L'abbé détaillait le corps superbe de la jeune fille allongée sur la table. Elle avait fini de lutter et se laissait à présent manipuler sans plus rien dire. Il regardait la poitrine de Sofia monter et descendre au gré d'une respiration de plus en plus saccadée. Ses seins, petits et fermes, semblaient délicieux, leurs tétons se dressaient, charmantes framboises sombres qui trahissaient ses émotions. Le ventre plat bougeait de façon imperceptible sous les doigts experts de la mère supérieure. Celle-ci continuait doucement sa progression, lissant les lèvres et ouvrant l'accès à son intimité. Son autre main s'était saisie du sexe de l'abbé et l'agitait doucement, le massant avec science. L'abbé connaissait le talent de soeur Justine, la mère supérieure du couvent des Ursuline. Elle savait, plus que toute autre, comment toucher un sexe de quelque nature qu'il soit, pour l'amener au plaisir. Ses doigts démoniaques ouvraient millimètre après millimètre l'entrejambe de la jeune femme. De temps en temps, un doigt s'égarait, comme par maladresse, sur le capuchon du clitoris, l'agaçant un instant, puis reprenant leur ouvrage appliqué, ses doigts s'enfonçaient davantage dans la frémissante intimité dont elle avait déjà deviné la totale virginité.

"Parfait, nous approchons du but, nous allons être fixés et croyez-moi jeune fille, je vais prendre soin de m'appliquer à ma tâche ; continuez à vous laisser bien faire, sinon l'épreuve n'en durera que plus longtemps."

Sofia ne broncha pas, s'efforçant même de détendre son corps crispé pour preuve de sa coopération. Les yeux de laim06 mère supérieure s'allumèrent d'un éclair de concupiscence. Elle enfonça son doigt a l'entrée de son intimité, touchant du bout de la pulpe son hymen intact. Mais elle ne cessa pas là, feignant de ne pas trouver ce qu'elle cherchait, elle se mit à tourner doucement à l'orée de son sexe, les doigts légèrement enfoncés dans son entrejambe. Elle avait posé son pouce sur son clitoris comme si elle s'appuyait dessus pour effectuer sa fouille. En fait, tournant doucement, elle avait mis à jour le petit organe sensible et le massait avec une suave précision.

Les frémissements de la prude captive s'intensifièrent d'autant. Elle ouvrit la bouche comme si elle avait manqué d'air, effarée par ce qui s'éveillait en elle. Une chaleur diffuse, un picotement sensuel remontaient de son ventre et faisaient brûler son coeur affolé. Elle happa l'air deux, trois fois et laissa enfin échapper un faible gémissement qui sembla, malgré sa petitesse, raisonner sous la voûte du couvent de façon totalement incongrue.

"Pitié!" murmura-t-elle dans une expiration emplie d'effroi. Et son corps, qu'elle avait abandonné à l'examen, se raidit et sembla se rétracter à nouveau.

      

La mère supérieure sourit en la voyant fuir devant le plaisir qui l'envahissait. De toute façon, il n'était pas encore temps pour elle d'avoir du plaisir. Ce moment là viendrait bien assez tôt. Elle avait suffisamment jaugé sa réceptivité qui semblait tout à fait propice aux jeux qui se préparaient pour elle. Elle retira son doigt de son intimité et le porta à ses lèvres. Cette petite catin avait un goût exquis, cela allait être un vrai bonheur de dévorer son entrejambe. Elle prit le sexe de l'abbé plus fermement et celui-ci s'avança. Le gland gonflé se positionna à quelques millimètres du sexe humide et ouvert de la jeune fille. La mère supérieure l'astiquait avec art, tout en lui faisant goûter le parfum de la vierge sur son doigt qu'il suça avec délectation.

"Eh bien voici une bonne chose ma fille, vous êtes pure et sans reproche, c'est bien ! Je vais à présent passer de l'huile sainte sur votre sexe afin de le purifier et de le sanctifier."

Sa main s'agita plus vite sur le sexe tendu de l'abbé. Il l'observait les yeux exorbités, partagé entre sa raison qui lui dictait d'attendre et son désir de s'emparer de ces cuisses offertes et de forcer sans ménagement ce jeune corps. Il mordit son poing pour étouffer son gémissement alors qu'il jouissait dans la main de la mère supérieure. Les giclées de sperme allèrent frapper le sexe de Sofia, le souillant de traînées blanchâtres. La mère supérieure, avec un sourire cruel, l'étala des doigts, prenant soin de recouvrir de sperme l'intimité virginale tandis que l'abbé se rajustait et se glissait discrètement hors de la pièce.

"Voici mon enfant, vous êtes sanctifiée ! Enlevez son bandeau à cette jeune fille et donnez-lui une tenue pour qu'elle puisse se vêtir avec ce qui convient à son innocence."

moine_6e32dÉtourdie et aveuglée, encore toute palpitante de crainte et des prémisses du plaisir, elle retrouva la lumière du jour sans ménagement. Déjà les deux nonnes la faisaient se relever, toute chancelante et lui tendait une pauvre robe de lin et un surcot de bure en lui enjoignant de les enfiler promptement. S'appuyant d'une main peu sûre à la table où elle venait de subir son premier affront, elle finit par réussir à retrouver un peu de décence en même temps que ses esprits et son équilibre. Maladroitement et avec gêne, elle se redressa tout en lissant sa robe du plat de la main pour signifier qu'elle était prête, gênée par la froide moiteur qui couvrait son entrejambe.

      

Ce n'est qu'en suivant les soeurs qui la menaient vers sa cellule qu'elle prit conscience qu'on ne lui avait point donné de dessous et que s'était nue sous sa robe qu'elle avançait dans le couloir du couvent. Elle n'osa pas demander si cela était un oubli ou une mortification supplémentaire à son encontre. Elle se laissa ramener à sa cellule en silence et entendit la porte se refermer sur elle avec un certain soulagement. Elle ne put réprimer un frisson d'angoisse lorsqu'elle entendit le bruit de la clé scellant sa porte. Elle se laissa tomber sur son lit, la tête dans l'inconfortable coussin rembourré de paille, et ses larmes, longtemps retenues, se mirent à couler. Terrassée par ce qu'elle venait de vivre, elle sombra quelques temps, dans une somnolence perturbée de rêves. Lorsqu'elle se réveilla, la nuit était tombée sur le couvent et la pièce où elle se trouvait était quasiment plongée dans le noir. Elle sursauta lorsque la porte s'ouvrit sur une soeur portant un plat rempli de légumes fumants ainsi qu'un morceau de pain et une tranche de viande fumée.

"Voici de quoi vous restaurer, la mère supérieure vous dispense de dîner au réfectoire aujourd'hui, vous pouvez restez dans votre cellule. Par contre, je ne vous conseille pas de vous coucher avec votre robe. Si elle est par trop froissée notre mère en concevra un grand courroux. Je suis soeur Lucie, c'est moi qui m'occuperai de vous pendant votre séjour parmi nous."

La soeur, qui lui parlait avec bienveillance, semblait à peine plus âgée qu'elle. Elle avait un visage doux et avenant etvirginite quelques mèches de cheveux blonds dépassaient de sa coiffe, prouvant qu'elle n'avait pas encore prononcé ses voeux définitifs. Elle posa le plateau sur le petit meuble de toilette et lui désigna le tabouret.

"Vous pouvez manger là-dessus, mais je vous conseille de poser le plateau sur vos genoux pour manger c'est bien plus confortable. Prenez garde à ne pas tacher votre robe ; s'il est une chose que notre mère ne saurait admettre c'est une personne qui ne sait prendre soin de ses affaires. Je reviens, je vais vous chercher une cruche d'eau, vous devez être assoiffée."

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19 décembre 2007

L'Art d'entrer en pénitence : la PENITENTE, vous l'attendiez.... la voici !

Et voilà donc le fruit de nos dernières folies nocturnes..... ou pour ainsi dire un cadeau de Noël, afin de vous mettre en appétit, charmants lecteurs !

DE BONNES FÊTES à vous tous !

franz_eybl__jeune_fille_lisant_02_380Elle feuilletait les pages, avec une attention extrême ; la lueur de la bougie éclairait faiblement la modeste pièce qui lui servait de chambre et où elle s'était réfugiée ses corvées achevées. Elle tournait les pages avidement, malgré sa fatigue, le souffle coupé. C'était si licencieux ! C'était un livre interdit et même si elle ne comprenait pas vraiment tout ce qui pouvait s'y dire, ou s'y laisser entendre, un fait était certain ce récit l'éprouvait et elle en ressentait l'essence perverse. Une essence terriblement libertine et qui aiguisait ses sens de jeune fille sans qu'elle en mesure réellement les effets.

Elle se redressa brusquement ; un bruit ? Non, elle était sotte c'était juste un craquement comme il s'en faisait tant entendre dans cet hôtel particulier. Elle replongea dans les lettres typographiées qui allumaient en elle un feu inconnu.

"À ces mots, elle leva le bras et fit le geste de se frapper. Les yeux du moine suivaient avec terreur les mouvements de son arme. Son habit entrouvert laissait voir sa poitrine à demi nue ; la pointe du fer posait sur son sein gauche, et Dieu ! quel sein ! Les rayons de la lune, qui l’éclairaient en plein, permettaient au prieur d’en observer la blancheur éblouissante ;"

Elle déglutit à l'évocation de ce sein qui se révélait et sans même s'en rendre compte sa main glissa sur son ventre et pressa son entrecuisse, frottant maladroitement cet endroit honteux qui la la démangeait curieusement. Elle sentit ses joues rosir, devenir brûlantes et le vision de ce sein, la charge de désir l'envahit. Soudain la porte s'ouvrit en grand, cognant le mur avec fracas. Terrible et dressé comme le bras infaillible de la justice, son beau-père se tenait dans l'encadrement. Ses yeux jetaient des éclairs furieux sur sa belle fille.

"Qu'est-ce que tu fais malheureuse enfant ?"

Il s'avança vers elle, la menaçant de son ombre impitoyable, et saisit son livre, le lui arrachant avec violence. Son regard noir la fustigea ; elle réalisa que sa main était vissée entre ses jambes serrées. Elle la retira comme si on l'avait brûlée au fer rouge...

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"Le Moine, ce livre maudit ! Où as-tu trouvé cela enfant perdue ? "

Il vociférait en agitant l'ouvrage devant elle, rameutant les domestiques qui jetaient des regards curieux dans la pièce depuis le couloir.

Encore toute bouleversée par l'incroyable trouble qui l'avait saisie à sa lecture, elle baissait piteusement la tête sous la ire de son beau-père, submergée par la honte de se voir ainsi découverte et accusée devant les serviteurs qui riaient sous cape de son infortune. D'une petite voix, elle finit par avouer, ses grands yeux se remplissant de larmes au fur et à mesure de ses explications :

"C'est lorsque vous m'avez envoyée chez votre libraire, Monsieur mon père,... pour... pour récupérer la version enluminée des Fables d'Esope... que vous lui aviez commandée tantôt... que... que mes yeux se sont posés... dans un rayonnage... sur... sur ce malheureux ouvrage.... et voyant mon intérêt.... m'incitant à la curiosité... votre libraire, Monsieur... me l'a... me l'a offert... Je vous prie de me pardonner, je ne savais pas que c'était mal !"

Ces derniers mots furent presque couverts par un profond sanglot.

      

"Ce sagouin de libraire, ce maudit félon, ah le chien il m'entendra je peux te le jurer ! Et toi,... toi, tu ne perds rien pour attendre."

Il ressortit de la pièce, emportant le livre, et claquant la porte derrière lui. Elle entendit son pas lourd descendre les escaliers. La voix étouffée de sa mère lui parvint, lançant sûrement quelques exhortations désespérées à son terrible mari, mais elle savait que cela ne servait à rien. Elle serait sûrement punie dès le lendemain. Elle retomba sur son lit, cachant son visage dans l'oreiller et sanglotant doucement. Elle s'endormit secouée de sanglots, plongée dans des rêves où des moines la poursuivaient, armés de fagots, pour la flageller. Le lendemain on lui porta le petit déjeuner dans la chambre ; ainsi elle était donc consignée. Elle ne toucha qu'à peine les plats qu'on lui avait fait parvenir et attendit tremblante l'heure de sa punition. Ce fut le valet de chambre qui vint la chercher pour la mener au salon. Elle descendit tremblante l'escalier, les mains serrées l'une dans l'autre. On la fit entrer dans la pièce confortable où l'attendait son beau père, sa mère, assise en retrait, qui se tenait la tête baissé. Elle fut peinée pour sa mère et rougit en constatant que l'abbé Mollier était là, assis dans un fauteuil. Droit comme un I, sec comme une trique, les traits taillés au biseau, il l'observait de ses yeux gris clairs. Elle baissa la tête sous cet examen, fixant ses chaussures. Ce fut l'abbé qui rompit le silence. "Voici donc la pécheresse ?"abbe_Livres

Elle tressaillit. La scène lui était particulièrement pénible. On jugeait sans pitié ses quinze ans trop candides et trop prompts à s'émouvoir. Le sang affluait à son visage, couvrant ses joues d'une rougeur coupable et ses tempes cognaient douloureusement ; elle crût qu'elle allait défaillir. Mais enfant, son père, encore vivant, homme sage et esprit libre, l'avait aguerrie à de plus terribles combats, la traitant comme un garçon et l'obligeant à affronter ses peurs tandis que sa mère lui enseignait le latin, le maintien et les travaux d'aiguilles. Aussi était-elle fille par la conformation mais avait-elle l'âme trempée d'un jeune page. Courageusement, elle releva son menton tremblant et répondit avec douceur et fermeté.

"Me voici devant vous saint homme, mais non point comme une pécheresse puisque je n'ai pas connaissance du péché mais comme une ingénue qui s'est fourvoyée et accepte votre réprimande afin de regagner le droit chemin."

   

"Voilà fillette qui est bien péremptoire ! Tu te juges et te gracies d'un même élan, pour peu tu te présenterais comme une sainte victime !"

L'abbé la raillait sans miséricorde et sa voix doucereuse était empreinte d'ironie. Son beau père se redressa sur son fauteuil, abattant le plat de sa main sur le dossier.

"Cela suffit, j'en ai plus qu'assez de ton impertinence, de tes insolences perpétuelles et de tes manquements." puis se tournant vers l'abbé, il prit un air consterné. "Voyez donc Monsieur l'abbé, que puis-je faire de cette fille qui se prend pour un homme, qui ne cesse ses remarques désagréables et ne sais se bien comporter. Je ne vois pas d'autre solution que la pension pour ramener cette enfant à plus de raison."

Elle frémit ; elle savait que son beau père cherchait depuis belle lurette à l'éloigner de la maison ; ainsi il n'y aurait plus personne pour protéger sa mère de ce tyran. Elle faillit parler mais ce fut l'abbé qui interrompit son beau-père.

"Allons mon cher, n'en venons pas à ces extrêmes là. Cette enfant semble difficile mais connaît la repentance et je pense qu'un petit séjour, dans un endroit propice à sa pleine rédemption, suffira. Je connais fort bien, à quelques lieux de la ville, la mère supérieure du couvent des Ursulines. Elle sera, je n'en doute pas un instant, ravie d'accueillir cette âme pécheresse pour quelques semaines. Ainsi l'enfant pourra-t-elle dans le recueillement de ce lieu saint, réfléchir à sa contrition et aux devoirs que lui imposent sa condition."

Elle reçut la sentence, que l'abbé avait sûrement jugée douce, comme une gifle. Quoi ? On allait donc l'enfermer dans un couvent au milieu de frêles créatures pleines de ferveur, la priver de ses longues chevauchées et de ses passes d'armes avec la garde de leur domaine ! C'était bien cruel. Mais elle était trop fine pour ne pas savoir que toute démonstration de colère ou de rébellion entraînerait une sanction bien plus terrible, son beau-père n'attendant qu'une occasion favorable pour se débarrasser définitivement de sa présence impétueuse. Humblement, elle baissa donc la tête.

"Je ferai comme vous l'ordonnerez ; En fille obéissante et repentante, j'accepte cette pénitence."

"Eh bien parfait, qu'il en soit ainsi, vous partirez dès ce soir ; je dois justement aller au couvent pour préparer les festivités du jour dieu."

L'abbé semblait se moquer comme d'une guigne de l'avis de son beau-père qui ne pouvait plus, à présent, qu'abonder dans le sens de l'homme d'église sous peine de perdre la face.

"Qu'on fasse préparer ses affaires personnelles. Et vous ma fille, prenez grand soin à corriger votre comportement afin d'être digne de cette maison."

Elle hocha silencieusement la tête tandis que, l'observant en se tenant le menton, l'abbé ajoutait. "Oui ne craignez rien, les soeurs sauront prendre grand soin d'elle et de ses façons."

Elle se fit raccompagner dans ses appartements par le valet de chambre, gardien plus que simple serviteur, son beau-père devant craindre quelques velléités de fuite. Sa mère, pâle et tendue, n'avait pas esquisser un geste pour lui venir en aide. Rageusement, elle emballa avec l'aide de la chambrière quelques pauvres effets, des robes simples et dépourvues de dentelles, des dessous et quelques corsets usés. Le reste de la journée passa dans le silence et la solitude. La grande maison était plongée dans un calme anxieux. Sa mère ne vint pas la visiter et ce fut au soir que la carriole de l'abbé pénétra dans le parc. Les adieux furent rapides, sans fioriture. Elle devina, le coeur pincé par la colère et le chagrin, sa mère, les yeux rougies de larmes derrière la haute stature de son beau-père et grimpa dans la voiture sans se retourner. L'abbé fit claquer sa langue et la carriole s'ébranla^en grinçant. Ils avancèrent dans la lumière faiblissante, elle silencieuse, assise raide sur son siège et l'abbé penché sur les rênes, l'air absent. Ils firent la route sans échanger une parole. Qu'y avait il donc à dire ? Rien finalement, tout était consommé. Ils finirent par atteindre les hautes grilles du cloître. La soeur portière, vêtue de la robe noire des Ursulines poussa la lourde porte et la calèche s'avança vers les portes sombres d'un bâtiment bas et carré aux fenêtres grillagées.

CouventUrsulinesEt passant le seuil du couvent. elle eut la sensation de se vider de toute son énergie. Il lui sembla que les ombres des pierres plongeaient dans son sein et enserraient son coeur d'une poigne impitoyablement glacée. Elle avait toujours ressenti une crainte irraisonnée et puérile pour tous les lieux sanctifiés, comme si elle était une étrangère pénétrant en territoire interdit, mais elle concevait une véritable terreur pour les couvents, sans trop se l'expliquer. Sans doute parce que c'était des mondes clos et qu'elle aimait les grands espaces. Elle tressaillit quand la carriole stoppa brutalement dans la cour pavée, la gorge serrée sur des larmes retenues.

Debout devant la lourde porte du monastère, la Mère supérieure les observait, détaillant d'un regard froid la jeune fille qui avançait hésitante, guidée par l'abbé, et qui n'osait soutenir son attention. Cette grande femme, sèche, aux traits durs dégageait une aura d'autorité naturelle. Elle devait avoir une cinquantaine d'année, une beauté austère et ses yeux gris clairs semblaient transpercer la jeune fille.

*Voici donc la pénitente que l'on nous confie. Soyez la bienvenue parmi nous. Vous verrez mademoiselle que dans notre institution il est des règles très strictes ; suivez-les et tout se passera bien.. Ne les suivez pas, et... » M_re_sup_rieure

Elle n'ajouta rien d'autre mais un sourire cruel remonta le coin de sa lèvre.

C'était la première fois que la jeune fille quittait la demeure de ses parents et, pour une première, c'était dans les pires circonstances. L'accueil rigide de la mère supérieure n'était pas de ceux propres à lui rendre l'épreuve moins difficile. Sa bienvenue, emplie de menaces à peine voilées, achevait de lui faire perdre le peu de courage qu'elle avait assemblé pour conserver sa dignité. Elle ne put réprimer un frisson quand, d'un geste, on l'invita à avancer vers la sombre bâtisse nonale, sans attendre d'elle une quelconque réponse. Elle se sentait déjà écrasée par le silence, par l'odeur fade des pierres, par la stricte discipline qui devait régir ces lieux. Tout en marchant, elle entama une prière muette à son défunt père, l'implorant de la secourir dans son désarroi tant il était vrai, qu'à l'instant, elle se sentait une enfant apeurée.

      

Elle suivit pourtant avec une calme soumission les deux soeurs qui accompagnaient la mère Supérieure, tandis que celle-ci continuait à deviser avec l'abbé. Elles pénétrèrent dans le bâtiment austère dont l'intérieur ne semblait pas moins sinistre que l'extérieur. Avançant dans un couloir voûté, elles se dirigèrent vers un escalier de bois qui menait à l'étage supérieur.

"Là-bas est la chapelle et au bout du couloir c'est le réfectoire ; nous nous levons tous les jours à 5 heures et prenons le petit déjeuner à 7 après la première prière de mâtine. Puis nous travaillons jusqu'à la prière de onze heures, ensuite nous déjeunons. L'après midi est consacré aux travaux , interrompus par les vêpres à 15 heures ; enfin le dîner est à 19 heures."

La soeur, dont la voix aux accents doux contrastait avec la sécheresse de la mère supérieure, lui désigna une porte. Celle-ci donnait sur une pauvre cellule comportant un lit bas, un tabouret, une petite table, sur laquelle était posée un miroir terni et un cruchon d'eau, et une minuscule armoire. Une unique bougie était posée à côté du cruchon et la petite lucarne grillagée ne suffisait qu'à éclairer faiblement le lieu.

"Voici votre cellule, je vous laisse poser vos effets, ensuite nous irons aux communs pour la toilette et l'inspection."

Sofia qui pénétrait dans sa cellule se retourna brusquement à ces mots, écarquillant les yeux et haussant les sourcils sur une question qu'elle n'osait poser mais qui se lisait d'évidence sur ses traits inquiets. La conventine ne s'en émut pas cependant et se contenta de la presser.

"Faites vite ma fille, la procédure ne souffre aucun retard et est la même pour chacune d'entre nous." Sofia finit par déposer son sac de voyage sur le pauvre lit et se retourna pour signifier qu'elle était prête:

"Veuillez déposer votre manteau ici même. Votre tenue est bien trop ostentatoire pour notre demeure. Et j'ose espérer que votre robe est plus convenable"

Sofia obéit, étonnée tout de même de cette exigence. Son manteau était bien modeste et son seul luxe était le bleu profond de sa moire. Dessous, elle portait une robe toute simple, mélange de flanelle et de lin bleue pâle, presque identique à celles des servantes de la maison de sa mère, les seules robes que son beau père KaVuLaNonneacceptât qu'on lui fasse sans pousser les hauts cris. N'étant nullement coquette, elle s'en accommodait tout à fait.

La soeur la détailla des pieds à la tête.

"Nous vous donnerons une tenue plus adéquate pour votre séjour, il vous appartiendra d'en prendre soin et de la tenir toujours propre ou vous serez punie. Suivez-moi à présent."

Elle emboîta le pas ä la nonne et s'aperçut que sa compagne les suivait de près, fermant leur marche. Elle pensa qu'ainsi escortée on pouvait vraiment la prendre pour une criminelle. Elles descendirent les escaliers et traversèrent la lingerie, pénétrant dans une pièce où trônait un énorme baquet emplie d'eau fumante. La supérieure les attendait, debout, immobile.

"Vous voilà donc, s'impatienta-t-elle, retirez vos habits et procédez à votre toilette. Qu'on retire cette tenue digne des gourgandines de mon regard."

La supérieure se tenait roide, aussi glacée qu'une statue, encadrée par les deux soeurs qui la fixaient avec déférence.

"Ensuite nous procéderons à la vérification ; nous verrons bien si vous êtes encore pure et digne de séjourner chez nous ou si nous devons vous renvoyer à vos parents en leur stipulant que vous n'êtes qu'une traînée de mauvaise vie qui jette l'opprobre sur le nom qu'elle porte."

Elle s'empourpra sous la dureté des paroles de la Mère Supérieure, non par excès de pruderie - elle n'avait point de ces stupides pudeurs qui font honnir son propre corps et interdisent qu'on le dénude et s'était souvent baignée à demi nue avec les filles des paysans, l'été sur ses terres - mais de colère qu'on put la soupçonner d'impureté et surtout de l'horreur de l'examen indigne qui l'attendait. Tout en ôtant ses vêtements avec lenteur, les pliant avec grand soin, la tête humblement baissée et tentant de juguler sa colère, elle osa d'une petite voix :

" Ma mère, je vous en supplie et vous prie de croire en ma totale innocence. Point n'est besoin d'une vérification qui outragerait ma pudeur, je n'ai jamais commis..."

La mère supérieure la coupa sèchement :

"Il suffit, impudente, je ne vous ai pas donné l'autorisation de parler et vous paierez cette audace de votre contrition, croyez le bien. En attendant, achevez car nous en avons vu d'autres avant vous, de ces oiselles jurant de leur pureté avec ce même regard éploré et dont la rougeur ne cachait que duplicité !"

   Elle baissa les yeux, se demandant ce que la terrible femme entendait par contrition. Retirant ses dernières pièces de vêtements et, cachant d'une main pudique son entrejambe, elle se hissa dans le bac. Le bain était brûlant et elle sentit la chaleur de l'eau savonneuse la recouvrir, s'insinuer en elle comme une présence. Les soeurs l'observaient sans un mot alors qu'elle s'appliquait à se laver. Elle en conçut de la gêne et percevait leurs regards comme une sourde menace. Elles avaient donc tant peur qu'elle ne commette quelque acte inconvenant qu'elles se sentaient obligées de la garder sous surveillance en permanence. Elle se lava avec soin, faisant durer le bain tant elle avait à coeur de retarder le moment où viendrait l'épreuve de l'examen.

Posté par Ecritspourpres à 22:50 - La Pénitente - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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