08 septembre 2009
34. Les appats des apprets
Elle resta là, silencieuse, à l'observer tout le
temps qu'elle s'habillait. Lorsqu'elle se présenta devant elle revêtue de sa
tenue de danse, Vénus frotta un instant sa lèvre inférieure du bout de son
pouce, paraissant réfléchir.
"Nous
nous retrouverons cet après midi dans la cour du pensionnat, à 13 heures. Soyez ponctuelle, le retard est un
impolitesse absolument intolérable."
Puis sans ajouter un mot ni attendre de réponse,
elle quitta le vestiaire, laissant Sofia rejoindre le cour. Leur professeur de
danse la fusilla du regard lorsqu'elle pénétra sur le plateau, lui faisant
signe de rejoindre le groupe qui travaillait ses étirements. Elle se plaça aux
côtés d'Agathe, lui adressa un sourire rassurant et commença à travailler les
enchainements tandis que ses muscles encore douloureux se rappelaient à son
souvenir.
Elle
travailla cependant sans relâche, forçant son corps aux limites du supportable,
endurant la brûlure de ses muscles sans diminuer ses efforts, se vidant
l'esprit dans l'effort et la transpiration. Elle ne pensait plus, elle était
simplement ce corps mouvant et discipliné, présente en totalité dans l'instant
du geste à accomplir et uniquement là. A un moment, où leur terrible professeur
leur accordait une maigre pose, à ce moment là seulement, elle pensa qu'elle
était rassemblée, une et une seule, femme et femelle concentrées dans le
travail du corps et qu'elle n'avait plus le droit de se vouloir émiettée. Mais
le cours reprit. Elle cessa de se penser pour se confronter à un nouvel
exercice particulièrement difficile. La sonnerie les sauva toutes de
l'épuisement.
Leur professeur parut contrariée par cette sonnerie
qui interrompait sa séance de torture mais ne les laissa pas moins s'en aller
en leur promettant une séance suivante plus exigeante encore. Elles se
dirigèrent en bon ordre vers les douches profiter des jets d'eau chaude qui
coulaient sur leurs muscles endoloris. Lorsqu'elles sortirent du vestiaire,
Venus les attendait dans le couloir encadrée par deux surveillantes. Elles
s'immobilisèrent devant elle, immédiatement, silencieuses et attentives. Vania
s'avanca vers la femme à la chevelure rousse qui se pencha dans le creux de son
oreille pour lui chuchoter quelque chose. la jeune femme approuva d'un
mouvement de tête. Vénus s'adressa ensuite au groupe.
"Les
pensionnaires qui ne sont pas retenues pour la soirée du professeur Malthazar vont accompagner Vania pour une
séance de sport suplémentaire de deux
heures. Au programme musculation et endurance, de même elles occuperont leur après midi à faire des
révisions dans les salles d'études."
Il y eut un murmure dans les rangs, murmure tout de
suite éteint par un haussement de sourcils de Venus qui reprit.
"Je
ne peux admettre que dans ce groupe, pourtant prometteur à ce que l'on m'a dit, toutes les pensionnaires n'atteignent
pas le niveau requis par le professeur Malthazar.
A l'avenir toutes celles qui ne seront pas sélectionnées seront punies. A présent, suivez Vania et en
silence."
Le groupe s'ébranla lentement suivant les
surveillantes. Il ne restait dans le couloir que le groupe des six élues ainsi
que Venus accompagnée d'une surveillante.
"Ne
croyez pas pour autant mesdemoiselles que le fait d'être sélectionnées vous dispense de tout effort. Je demande la
perfection de la part des élues. Nous allons nous
rendre dans le réfectoire où vous prendrez une collation ensuite nous nous retrouverons pour les préparatifs."
Ce fut dans
un silence tendu qu'elles allèrent s'installer devant leur table. Visiblement,
on leur avait prévu un menu particulier, concocté en vue des performances
attendues pour les "pouliches" sélectionnées par le Maître. Il y
avait force jus de fruits sur la table et des fruits exotiques débordaient de
corbeille d'osier. La cantinière acorte s'approcha d'elle en désignant son
plateau roulant et avec un grand sourire annonça :
"Alors pour ses demoiselles, nous
avons Quinoa à la sauce cannelle et curry avec sauté de poulet, riz vénéré au gingembre et à la citronelle,
assiette de fruits mers et saumon
marinés au piment, et enfin délice de perle du japon à la rose et coriandre.
Bon appétit !"
Et elle
déposa sur leur table de jolies plats abondants et odorants, leur conseillant
de goûter à tout avec un clin d'oeil et de surtout bien se nourrir.
Visiblement le cuisinier s'était surpassé dans son
office et le fumet qui s'échappait des mets présentés devant
elles ne pouvait laisser insensible. Elles se
servirent avec des sourires gourmands, remplissant leur assiette des mets
colorés et commencèrent à déguster en silence. Leur ventre noué dans un premier
temps se refusait à accepter toute forme de nourriture, puis la saveur des
plats excita leur appetit. C'est avec un plaisir évident qu'elles terminèrent
leur repas. A 12h55, Sofia, levant la
main demanda à une surveillante l'autorisation de se rendre dans la cour ce qui
lui fut accordé sans commentaire. Moins d'une minute après, elle se retrouvait
seule, le coeur battant, les mains moites, parcourant des yeux fébrilement une
cour désespérement vide, à l'exception d'un jardinier qui ratissait le gravier
des allées. Une voix dans son dos la fit sursauter :
"
C'est parfait Mademoiselle, vous pouvez maintenant regagner vos rangs."
Elle se retourna d'un geste pour découvrir une
surveillante qui lui désignait le bâtiment où l'attendait le groupe des élues,
alignées en bon ordre devant la porte du réfectoire. Elle prit place avec
résignation et la petite cohorte s'ébranla en silence. Vénus les attendait dans
le hall, hautaine et imperturbable, et elle les dirigea sans un mot vers l'aile où se trouvait le sauna.
"Déshabillez-vous
mesdemoiselles."
Elles obéirent à l'injonction sans hésitation,
presque avec soulagement, l'action les libérant du poids du silence et c'est
nues qu'elles se présentèrent dans le solarium où les attendait Vénus, derrière
une table recouverte de pots et d'onguents.
"Première
chose mesdemoiselles, vous allez faire disparaître tout poil disgracieux, et prendre soin de votre peau ; je
n'admettrai, en terme de toison pubienne, qu'une fine bande pas plus large
qu'un doigt et taillée de facon homogène. Celles que je jugerai prêtes se
rendront ensuite dans le sauna pour se détendre.. Les autres..." Elle eut
un sourire carnassier et ses pupilles reptiliennes étincelèrent.
"Je
ne veux même pas envisager qu'il puisse y avoir des autres ."
Elles
avaient parfaitement saisi le message et s'activèrent immédiatement, se
saisissant des flacons de cire chaude et froide et des crèmes exfoliantes. Leur
complicité se manifesta à nouveau et elles s'entraidèrent avec naturel pour
traquer la moindre ombre de duvet et rendre leur épiderme lisse et doux.
Certaines optaient pour une épilation complète du pubis et s'escrimaient à la
pince à épiler à extraire les dernière trace de pilosité.
Sofia avait
choisi de conserver une fine ligne de sa toison brune, comme un doigt sombre et
dru posé au dessus de ses lèvres et Agathe, trop heureuse de retrouver un peu de
proximité avec son amie, s'attachait à le lui dessiner parfaitement. Une à une,
après s'être épilée et enduite d'onguent adoucissant se présentait devant
l'intraitable Vénus qui évaluait le résultat.
Elle les inspecta minutieusement, les détaillants
des pieds à la tête puis se recula avec un sourire satisfait.
"C'est
bien, du joli travail mesdemoiselles j'en conviens. A présent rendez-vous dans le sauna."
Elles acquiescèrent en souriant de contentement et
pénétrèrent avec calme dans le sauna qui était règlé sur 70 degrés, température
idéale pour se détendre sans épuiser le corps. Elles s'installèrent sur les
bancs sans empressement, commençant à goûter à la douce et apaisante chaleur
des lieux. A leur grande surprise, la porte se rouvrit pour laisser le passage
à Venus qui, entièrement nue et si semblable à elles, s'assit en leur faisant
face. Elles purent admirer à loisir son corps aux formes déliées, sa peau
laiteuse de rousse qui semblait presque trop blanche pour être réelle. Il était
impossible d'y distinguer la moindre marque, ni tache de naissance ni tache de
rousseur. Elle s'étira puis s'installa ses longues jambes négligemment
croisées.
"Bien
mesdemoiselles... installez-vous à présent par groupe de deux, l'une à côté de l'autre et caressez-vous mutuellement. Ce
soir vous aurez besoin d'une forte charge
de désir qui tenaille votre ventre pour tenir le coup. Alors autant s'échauffer tout de suite, le feu qui
couve est le plus intéressant .... et le plus dangereux."
Sofia était
entourée de ses deux compagnes de chambre et les vit se tourner vers elle quasi
simultanément. Agathe fut la plus rapide, et la plus audacieuse et posa une
main de propriétaire sur le pubis de Sofia, dévisageant Elise en penchant la
tête de côté et en souriant de sa victoire. Bonne joueuse, Elise lui sourit et
accueillit la main de Devi qui venait la solliciter. Agathe, sans ôter ses doigts,
colla sa bouche contre le cou de son amie et, tout en lui imprimant de petits
baisers sous le lobe de l'oreille, lui chuchota :
"Je vais te faire brûler vilaine
cachotière, tout autant que je brûle de savoir tout ce que tu me caches !" Et elle s'appliqua à faire
frémir son épiderme de sa langue et de ses doigts.
Toutes maintenant se caressaient mutuellement,
mains et doigts courant sur les intimités, chairs moites, frémissantes dans la
chaleur du sauna, faibles gémissements alanguis. Impassible Vénus les observait
de son regard scintillants, deux billes émeraude et fixes dans la douce
pénombre de la pièce, que les pensionnaisres évitaient de croiser. Elles la
virent cependant ouvrir doucement le delta de ses cuisses et poser une main
fine sur son entrejambe. Lentement, du bout des doigts, elle commença à se
caresser d'un mouvement léger, presque imperceptible, tout en observant le
rythme de leur respiration qui changeait peu à peu, se modifiait au fur et a
mesure qu'elles progressaient sur le chemin de la volupté. Ses doigts
accélérèrent un peu leur cadence bien que son visage demeurat toujours
impassible
"Sofia,
placez-vous entre les cuisses d'Agathe je vous prie et montrez-moi comment vous savez vous y prendre avec une femme."
Son ton semblait égal et personne n'aurait pu
croire, au son de sa voix, qu'elle ait pu être en train de se caresser nue dans
un sauna et non en tailleur strict dans une salle de classe.
Vénus apprecia en experte le talent que déployait
Sofia. Elle accéléra un peu le mouvement de ses doigts sur sa propre intimité.
Puis elle cessa sa caresse pour se concentrer sur la scène qui s'offrait a son
regard. Finalement, elle attendit qu'elles atteignent toutes un niveau de désir
suffisant pour pour interrompre la petite seance :
Agathe et
Sofia ravalèrent leur frustration, l'une de ne pas avoir joui, l'autre de ne
pas avoir abouti, et, obéissant au ton
qui ne tolérait aucun contre-temps, rejoignirent leurs corréligionnaires dans
un dernier moment de repos. Les vapeurs chaudes vinrent un peu dissoudre le
désir, juste ce qu'il fallait pour le laisser flotter sous la chair sans qu'il
soit mordant mais qu'un rien puisse le réactiver et les deux amies s'offirent
un véritable moment de relâchement bienfaisant en soupirant d'aise.
Vénus les laissa se prelasser quelques temps, il
fallait que leurs muscles se relâchent, se détendent parfaitement. Elle prit
donc tout son temps pour étaler sur une table l'ensemble des tenues qu'elle
avait prévues pour leur vêture du soir. Elle les aligna de façon ordonnées, les
unes à côté des autres, procédant à un tri méthodique, choisissant l'une,
rejetant l'autre, modifiant les coordonnées pour finalement arrêter son choix
au nombre des participantes. Rappelant les jeunes femmes, elle les fit aligner
nues devant elle. Elle prit un malin plaisir à les faire patienter un certain
temps, les faisant attendre, gauches et tendues, avant de commencer la distribution
des effets. Elles se saisirent des pièces qu'elle leur assignait avec curiosité
et commençaient à les enfiler en retenant qui leur rire, qui leur gêne. Chacune
reçut sa pièce de vynil, de cuir, ou de dentelle. Venus termina par Sofia, lui
tendant un étrange soutien gorge de métal et un string assorti qui semblait
fait d'une serie de maillons imbriqués les uns aux autres.
Sofia le
prit du bout des doigts et l'observa, dubitative. De tout ce qui avait été
distribué, voilà qu'elle se retrouvait avec la tenue la plus froide et l'une
des moins couvrante. Elle hésita un instant, réfrénant son envie de faire un
caprice, une colère d'enfant déçu. Et se mit en devoir d'enfiler l'étrange
harnachement métallique. C'était peu de chose et pourtant cela pesait assez lourd...
et surtout elle avait du mal à trouver le sens qui convenait pour que les
maillons ne soient ni emmêlés ni superposés. Nue, elle s'agaçait, sans succés,
sur le string et son énervement grandissait au fur et à mesure qu'elle voyait
ses camarades achever de se vêtir et se présenter devant l'intraitable Vénus.
Inge s'était avancée la première dans son long
fuseau noir en latex si moulant qu'il lui faisait comme une seconde peau, La
brune Devi s'aligna à son tour revêtue d'un corset et d'un mini short lacet en
vinyl puis se fut Agathe qui se présenta. Elle portait une longue robe moulante
en cuir fin et au dos nu plongeant qui révelait le sillon de ses fesses. Pour
Elise, Venus avait choisi un corset cancan qui enserrait sa taille, l'amincissant
et la serrant cruellement, et venait mourir dans une débauche de froufrous sur
le bas de ses fesses rebondies. Elle ne portait rien d'autre que ce corset et
rougissait d'avance à l'idée d'être ainsi exposée. Venus se tourna vers Sofia
avec un sourire moqueur.
"On
dirait que vous peinez à vous vêtir... Seriez-vous un peu nerveuse, dites-moi
?"
Sofia releva la tête, les mains toujours aux prises
avec le string qui se refusait à elle. Rougissante et confuse, elle affrontait
le regard qui ne lui avait jamais paru aussi froid et assassin alors que Sarah
terminait d'ajuster la tenue de dentelle qui recouvrait son corps sans rien en
cacher.
Contrôlant
sa nervosité, elle répondit le plus
calmement du monde :
"Je crains, hélas, Madame, qu'il s'agisse
bien plus de maladresse que de nervosité. Je
n'ai jamais vu avant un pareil vêtement, enfin si on peut appeler
"ça" comme cela, et je
n'ai aucune idée de la manière de le mettre."
Et parce que
l'agacement la rendait audacieuse elle ajouta avec un sourire provocateur.
"Mais vous l'avez choisi en tout
état de cause, vous pouvez sans doute m'éclairer" Et elle lui tendit le
string la défiant du regard.
"C'est
comme certaines choses, les chaînes, il faut savoir les laisser couler pour qu'elles se mettent d'elle-memes en
place...Une simple question d'état d'esprit Mademoiselle
Sofia."
Cela fait, elle lui tendit le string, maillons à
présent parfaitement alignés, et dont le sens lui parut évident soudain.
Plusieurs surveillantes s'étaient avancées et les jeunes femmes avaient déjà
prit place sur des fauteuils alors qu'on s'affairait autour d'elles pour les
parer, les coiffer et les rendre telles qu'elles devaient se présenter devant
l'assemblée qui les attendrait ce soir. Sofia enfila le string en grimaçant,
les boucles d'acier s'ajustaient à son corps, appuyant aux endroits propices et
frottant sur ses chairs comme des doigts encore glacés.
"J'ai
choisi cet ensemble, car ce sont des chaînes, et que des chaînes Sofia, vous en portez un bon nombre il me
semble."
Vénus avait
énoncé sa phrase sur un ton anodin comme elle aurait signalé une mèche de
cheveux mal placée. L'effet n'en fut que plus radical. Sofia se redressa,
gifflée par la remarque et, soudain plus pâle, s'immobilisa en fixant Vénus.
Elle osa, tentant de contrôler au mieux son timbre.
"Etes-vous en train de me dire que chaque
tenue est une déclaration publique de ce que
nous sommes ou ai-je droit encore à un traitement spécial ?" Elle se
rendit compte que sa voix trahissait sa colère et se mordit le bas de la lèvre,
baissant brusquement les yeux, un peu honteuse de se laisser emporter par les
émotions à nouveau et si facilement.
"Tout
le monde a droit à un traitement spécial Sofia, c'est le sens même de ces lieux. Chaque personne est unique, chacun
est mis à un régime spécial. II n'existe pas de recettes miracles, de programme commun, il
n'y a pas de méthode, il n'y a que
des êtres humains, faillibles, qui s'élèvent petit a petit. C'est pour cela que vous portez des chaînes, ce sont les chanes de votre éducation,
celles de votre peur, celles que
vous craignez le plus. Ce ne sont pas les chaînes que moi je vous pose, ce sont celles que vous vous êtes
imposées vous-même. "
Venus se retourna vers les chaises où l'on était en
train de procéder au maquillage. "Les
chaines les plus lourdes sont celles que nous tressons nous-même."
03 septembre 2009
33. Venus sortit des O et Sofia y entre
Pourtant
Sofia, elle, ne la quittait pas des yeux, tout en prenant place au milieu de
ses comparses, ignorant les gestes discrets d'Agathe et d'Elise pour l'attirer
à elles. Elle la dévisageait, sans colère, repensant à la douleur qu'elle lui
avait fait expérimenter et qui perturbait encore si fort tout son être. Et elle
aurait voulu la remercier. Grâce à elle, elle avait pris conscience de la qualité
de son attachement pour Vladimir, sa force et son exigence. Elle le voulait et
elle le voulait à elle seule. Egoistement, fusionnellement. Elle en était
dépendante, bien plus certainement qu'il ne l'était d'elle, lui qui acceptait
de la voir se perdre dans d'autres bras pour mieux la retrouver. Et elle
comprenait le chemin qu'il lui restait à parcourir pour que le lien qui les
unissait soit à sa juste place, non pas un lien de dépendance mais une
complicité d'âme, de coeur et de corps parfaitement consentie et ressentie.
Elle percevait avec plus d'acuité tout ce qui la poussait à aller vers Sadex,
son manque de confiance si terrible qui la conduisait à se mortifier pour se
trouver au lieu de s'accepter totalement. Et à cet instant, elle sut qu'elle avait
vraiment besoin de l'aide de La Rose
Pourpre pour avancer sans se perdre.
Monsieur attendit que tout le monde fut en place
avant de commencer.
"Mesdemoiselles,
de récents évenements ont fait apparaitre un certain manquement dans la dicipline du pensionnat. Un manquement, il
faut bien l'avouer, dû en
grande partie à des lacunes dans l'encadrement dont vous faites l'objet. En conséquence je me suis
vu dans l'obligation de procéder à certaines modifications.
Désormais la discipline et l'ordre seront de la responsabilité de Vénus ici présente. Elle chapeautera vos
surveillantes et prendra la responsabilité de
votre groupe."
Il se tourna vers la jeune femme qui lui sourit
avant de faire un pas en avant.
"Mesdemoiselles, je suis Venus, et vous pouvez bien sûr m'apeller Vénus ; j'ai peu de choses à vous dire si ce n'est que nous ferons, j'en suis certaine, du bon travail ensemble. Je tiens encore à rajouter que sous peu vous me détesterez, et ce sera parfaitement justifié, je peux vous le promettre."
Elle se tut et fit un signe de tête aux
surveillantes qui les encadraient pour qu'elles les mènent à leur premier
cours
de la journée.
Les filles
se mirent en mouvement en bon ordre, suivant les surveillantes vers les salles
de cours. Sofia demeura un instant sans bouger, fixant toujours Venus qui
tournait les talons, permettant à Agathe et Elise de la rejoindre et,
l'encadrant, de lui presser la main pour attirer son attention tout en la
questionnant du regard. Elle se contenta de hausser les épaules et de secouer
la tête avec une petite moue désabusée et suivit le mouvement, entraînant ses
camarades à sa suite. Arrivée à la hauteur d'une surveillante, elle s'arrêta,
baissa la tête et, avec humilité, énonça "Madame, j'ai une requête à
formuler" La surveillante écarquilla les yeux, toisant la pensionnaire
"Parlez Mademoiselle"
"Je voudrais solliciter une
entrevue avec Monsieur... c'est... important"
La surveillante haussa les épaules.
"Je
lui transmettrai votre requête."
Puis lui désignant le couloir lui fit comprendre de
reprendre sa place dans les rangs. Elle suivit les deux heures de cours sans
vraiment prêter attention à l'exposé de leur professeur d'histoire. Lui
accorderait-il cette audience ? Ou bien la laisserait-il mijoter des jours
durant, payer le tribut de ses erreurs, s'enfoncer davantage ? Le cours fini,
elle se leva pleine d'espoir, cherchant du regard la surveillante mais ne la
trouva pas. Déçue, elle s'aligna sagement derrière les autres pensionnaires et
suivit le mouvement dans le couloir pour se rendre à la prochaine salle, le
cours de danse. Soudain, alors que les autres entraient dans le vestiaire pour
se changer, une main la saisit par l'épaule, la forçant à se retourner. C'ètait
Saint-Clar.
"Suivez moi Sofia."
Qu'il vienne
la chercher en personne la stupéfia. Et à en croire les têtes médusées de ses
camarades, la présence de Monsieur dans les couloirs en laissait plus d'une
interdite. Sans se préoccuper du trouble des pensionnaire, il la prit par le
bras et ils se dirigèrent vers la porte qui donnait sur le parc, firent
quelques pas, en silence, entre les massifs soigneusements taillés, avant qu'il
ne l'interroge.
"Vous
vouliez me parler ?"
Elle était un peu sonnée par la situation. Le grand air, cette proximité. Elle pensait naïvement qu'elle serait convoquée dans le bureau, qu'elle aurait le temps de penser à la formulation de son intervention. Elle était complètement désarçonnée. Elle s'arrêta et leva les yeux vers lui.
"Oui Monsieur.... j'ai... besoin
d'aide et j'ai... besoin de vous dire certaines choses me concernant... il faut... il faut que je les
exprime vraiment....je.... C'est vital"
Elle
ressentait l'urgence physiquement, par la tension dans son corps, dans son
rythme cardiaque, à cause de cette boule dans sa gorge qui la mettait dans un
état si proche, trop proche des larmes. Il fallait qu'elle parle maintenant. De
tout.
"
De quoi voulez vous parler Sofia ? De votre besoin de vous sentir humiliée,
prise en main et
contrainte, poussée à l'extrême et au-delà de votre résistance ? C'est de cela que vous voulez me parler
Sofia ?"
Elle eut un
mouvement de recul et pâlit.
"Vous.... vous saviez ? "
Elle sentit la colère monter en elle, la rage du désespoir. La digue des larmes avaient cédé, et son visage se couvrait de longues traînées salées, pourtant elle rétorqua :
"Vous saviez et vous .... vous
m'avez laissée....laissée me débattre... me... me tromper... courir vers ce... ce ... monstre.... Est-ce
cela que vous vouliez que j'apprenne ? Oui... oui,
j'étais venu vous dire cela... vous dire combien cela me fait horreur...
d'oser... cela et de... de
trahir mon... engagement envers Vladimir"
Elle criait
maintenant, à travers ses larmes, sans s'en apercevoir
"Vous dire que je n'étais pas vraie jusque là....oui... que je jouais comme... comme une gosse.... mais que j'ai compris... j'ai compris qui je suis... et cela me terrifie ..."
Elle
tremblait, s'efforçant de ravaler ses larmes. Elle secoua la main pour qu'il la
laisse continuer
"...Et même si ... si cela me coûte.... je crois que je ne suis
pas digne des séances de Maître
Malthazar... Voilà ce que je voulais vous dire... mais je présume que cela
aussi vous le savez ?"
Elle
l'affrontait le menton relevé et tremblant, le visage ruisselant de larmes.
"Indigne
?"
Il eut un sourire empli de mansuétude et lui tendit
un mouchoir de soie pour essuyer ses joues.
"Qui
est digne ou indigne des cours de Malthazar ? Voilà un bien intéressant sujet de réflexion ! Croyez-vous que celui-ci vous
aurait envoyé Vénus s'il vous jugeait indigne
? Pensez-vous réellement que je vous aurais laissé rejoindre Sadex alors que vous n'êtes pas encore prête à vous
accepter ? Pensez-vous que j'ignore ce qui
se passe dans mon établissement ? Ne répondez pas Sofia, je connais les réponses à mes questions et je vais vous donner
un début de réponse aux vôtres. Ce
qui vous manque mademoiselle, c'est le lâcher-prise ; vous ne savez pas vous abandonner et accepter ce que vous êtes
dans cet abandon pour en faire l'offrande.
Parce que vous manquez de confiance en vous. Et dans ce cas Sadex tombe à pic, parce qu'il vous force,
vous oblige à cet abandon. Mais cette capacité d'
abandon est en vous Sofia et ne lui est pas particulierement destinée, il en est juste un catalyseur, sous sa forme la
moins clairvoyante. Voyez-vous, vous offrir
et vous abandonner sont deux choses distinctes. Si vous savez vous abandonner sous la contrainte, vous
ne savez pas encore vous offrir. Pour s'offrir il
faut conscience et confiance, pour s'offrir il faut savoir ce qu'on met dans le
paquet cadeau. C'est la
connaissance qui vous manque, la connaissance de vous- même et cette inconnue qui vous fait si peur, vous effraie
tant, plutot que de l'accepter vous
la diabolisez et en faites un mal. Il vous faut la contrainte pour vous réaliser, et cette contrainte Vlad ne sait
pas encore la donner. C'est la raison pour
laquelle j'ai pris une décision, vous ne serez plus sous la responsabilité de Tab pendant les soirées de Malthazar,
mais sous celle de Vénus. Parce qu'il vous faut
cette dureté, parce qu'il vous faut cette contrainte, elle fait partie de vous,
elle découle de ce que vous
êtes. Elle n'est pas une quelconque face sombre de votre personne, elle est une partie de
vous, une partie du cadeau que vous apprendrez à
faire à Vlad. Comprenez bien que ce que vous voulez offrir, c'est vous, et tout
ce qui vous fait et Vlad n'attend rien
d'autre que cela, vous, toute entière, complète et réalisée."
Sofia leva
un regard encore embué de larmes vers Saint-Clar mais, débordant de gratitude
et d'un fragile espoir, et elle le garda rivé à celui de Saint-Clar tout en
cherchant ses mots
"Je .... c'est si difficile .... je
vous remercie Monsieur...de savoir... éclairer ma route ainsi... je ne pensais pas que... ce serait si dur.... si...
compliqué...Tout...tout me semblait
si évident.... je ne me doutais pas que ... mon pire ennemi... c'était moi....
c'est si... si difficile
d'accepter.... ce...monstre en moi... Oui c'est encore comme cela que je me vois... que je ressens ce désir
d'absolu... comme.... comme quelque chose de ... terrible... et définitif... Vous parlez de construire et moi
je sens mes pulsions destructrices... et
c'est si... vif... si douloureux...je me sens...perdue... vraiment perdue en ce moment."
Elle se
redressa fièrement
"Mais je veux y parvenir Monsieur,
je veux savoir offrir à Vlad une soumise vraie, pas une pantomime. Je veux apprendre même .... même si cela me
fait horriblement peur ! Monsieur,
faites-moi une promesse encore, même si je sais, même si j'ai entendu vos paroles, dites-moi, dites-moi je vous en
prie que vous ne me laisserez pas me perdre dans
ce voyage là !"
Il prit le temps d'observer les massifs
de fleurs qui ornaient le parc.
"Ce
que je peux vous promettre c'est de vous accompagner dans ce voyage. Cela je peux le faire, par contre vous aurez à
mener un combat contre votre monstre puisque c'est ainsi que vous l'appelez. Il va falloir vous battre
contre vous-même jusqu'à ce que vous
compreniez que cela ne sert à rien. Mais j'ai confiance, vous êtes un élément prometteur, même si beaucoup reste
encore à faire."
Il lui prit doucement le coude et la
fit se tourner vers les murs du
Pensionnat.
"De
plus j'ai maintenant la meilleure alliée qui soit pour ce faire."
Vénus se tenait dans l'allée,
parfaitement immobile, son regard d'émeraude posé sur eux ne trahissant pas la
moindre émotion.
"Vénus
vous allez ramener Sofia à son cours de danse, après cela comme l'après midi
est libre vous prendrez
le groupe de Malthazar et les apprêterez pour la
soirée."
Elle hocha doucement la tête sans qu'un seul pli de son visage ne bouge
.
"Bien
monsieur, ce sera fait. Sofia... suivez-moi je vous prie."
Faisant demi tour, elle s'éloigna vers le
pensionnat, obligeant Sofia à trottiner pour la rattraper.
Elle la
suivit dans un état étrange, à la fois confiante et dévorée d'inquiétude,
soulagée et anéantie par l'inconnu, pleine d'une énergie nouvelle et alourdie
par les larmes. Elles parvinrent à la salle de danse où Vénus lui désigna les
vestiaires afin qu'elle puisse se changer et reprendre le cours avec ses
compagnes. Elle obéit comme un automate, consciente cependant que l'exercice
lui serait salutaire et elle s'empressa de revêtir sa tenue. Vénus demeurait à l'entrée
du vestiaire, lui faisant bonne garde et la détaillant avec un demi sourire
amusé.
28 août 2009
32. Une Garce de Haut Vol
Sofia
s'était laissée attacher et harnacher sans un geste de protestation, dans un
état proche de l'abattement, concevant cependant que toutes ces contraintes
n'avaient comme fonction que de durcir davantage sa punition en s'ancrant dans
son corps. Mais ce que faisait Vénus maintenant dépassait son entendement. Elle
redressa la tête, les sourcils arquée dans une interrogation muette, les
prunelles agrandies par l'inquiétude et l'incompréhension. Elle tirait sur ses
liens, jusqu'à se faire mal, pour maintenir sa position, cherchant
desespérement le regard de la belle rousse, qui ignorait superbement ses
efforts.
Vénus
posa ses grands yeux froids sur elle et lui sourit tout en défaisant la jupe de
son tailleur, la laissant glisser sur ses jambes parfaites. Elle défit de même
son chemisier qui se retrouva bientôt au sol et apparue vêtue d'un petit
caracco de dentelle noire et d'un boxer assorti. Ses longues jambes, gainées de
soie noires, semblaient sans fin. Sa voix s'éleva, douce, profonde, menaçante.
"Tu
t'interroges ? Tu te questionnes ? Je vais te dire quelle est ta vrai
punitoin... ce n'est pas de dormir attachée, ce serait plutot un
plaisir n'est-ce pas ? Non, la punition
commence maintenant, parce que moi je ne suis pas Malthazar, je ne suis pas Monsieur, je n'ai pas en moi cette
gentillesse et cette générosité, leur faiblesse tellement masculine. Moi je sais ce qu'il te faut, ce
qu'il faut pour marquer cette soirée
dans ton souvenir."
Les yeux de Venus luisaient de leur éclat reptilien
et semblaient plonger au fond des yeux de Sofia, y saisir son coeur, son âme.
Sofia se recroquevilla, le souffle court. Vénus s'avanca vers le lit et
s'inclina vers son oreille en chuchotant.
"Je
sais ce que tu es, car c'est ce que j'étais, je sais ce qui te remue, ce qu'il
y à là, ... là... et
là."
Disant cela, elle posa le doigt sur sa tête, sur
son coeur et sur son entrejambe.
"Je
sais ce que tu caches dans ton coeur et dans tes désirs... en d'autres circonstances je t'aurais faite jouir bien plus
fort que jamais ne pourra le faire Sadex
ni qui que ce soit d'autre. Mais ce soir je dois te punir."
Elle releva le regard et avec un sourire carnassier
qui dévoila ses dents de porcelaine parfaitement alignées énonça :
"Dans
la cellule à côté se trouve Vlad, je vais aller lui donner du plaisir, énormément de plaisir, tu peux me croire
et tu pourras tout entendre d'ici."
Vénus se releva et la toisant droit dans les yeux
lui adressa un dernier sourire ironique avant de se diriger vers la porte.
Elle
s'entendit hurler son refus à travers le baillon boule, hurler à s'arracher les
cordes vocales, le ventre nouée par une peur indiscible, son corps se cabrant,
secouant les liens avec une violence qu'elle ne se connaissait pas. Mais elle
finit par se laisser retomber sur le matelas, épuisée, le souffle court, la
trachée en feu, les articulations douloureuses, prise de sanglots spasmodiques.
Elle demeura immobile, cherchant à retrouver la maîtrise de ses émotions,
craignant de suffoquer sous son baillon en pleurant, tendant l'oreille malgré
elle, guettant, déjà horrifiée, ce qu'elle craignait d'entendre.
Elle perçut d'abord des chuchotements, des voix
étouffées, suivies par un long moment de silence. Elle se mit à
espérer que
Vlad ait éconduit cette garce. Mais soudain un martèlement se fit entendre, un
martèlement dont la cadence ne pouvait pas la tromper. Elle tendit l'oreille,
le coeur déchiré alors que la cadence des coups augmentait. Combien de temps
cela pouvait-il durer ? Combien de temps pourrait-elle endurer cette torture
sans devenir folle de douleur ? Le bruit cessait parfois, puis reprenait, elle
comprit avec horreur qu'ils changeaient de position. Elle devinait le sexe de
Vlad s'enfoncant dans l'intimité de cette salope. Le corps tendu, les muscles
cripés, le coeur broyé de douleur, elle suivit leurs ébats, guettant les
gémissements à travers la cloison qui s'enfonçaient en elle comme des coups de
dague. Cela dura si longtemps qu'elle en perdit la notion de temps et d'espace.
Elle demeurait sur sa couche, vrillée de souffrance, transpirant son
impuissance, anéantie et brisée puis un cri de femme perça la nuit, et un
gémissement plus sourd lui fit écho quelques instants plus tard. Ce dernier
gémissement fut suivie par un long silence et soudain Vénus entra dans la
cellule la dévisageant avec un sourire satisfait. Se penchant vers elle, elle
lui tendit sa poitrine maculée de semence.
"Vois
! Quel amant ma chère, j'avoue que tu as du goût, je pense que j'en reprendrais à l'occasion."
Puis saisissant
ses affaires, elle s'en fut sans ajouter un mot, la laissant seule, désespérée,
éreintée de douleur.
Elle se
rendit compte seulement à se moment là qu'elle avait mordu le baillon si fort
que ses mâchoires en étaient encore douloureusement contractées, brûlantes.
Elle se força à se détendre. Ses dents s'étaient enfoncées profondément dans la
masse compacte du caoutchouc. Elle perçut le goût du sang dans sa bouche. Et le
goût amer de la bile au fond de sa gorge. Elle frissonna. Elle avait froid,
afreusement froid et jamais elle ne s'était sentie si seule et si perdue. Elle
ferma les yeux, cherchant le calme au fond d'elle, le noir profond de l'oubli,
un sommeil qui l'emporte, qui l'enlève à la souffrance qu'elle ressentait et
qui l'assaillait en vagues successives de honte, de rage, de peur. Terrible
solitude !Dormir, il ne lui restait que cela, dormir pour ne pas basculer dans
le désespoir. Elle tourna sa tête du côté du mur, se recroquevilla autant que
le lui permettait ses liens et, chassant toute pensée, se fixa sur l'image d'un
océan à marée basse.
Elle finit par
s'endormir, plongeant dans un sommeil qui ressemblait à un âbime bien plus qu'à
du repos. Ce fut la surveillante qui la tira de ce sommeil agité en défaisant
ses liens. Elle massa doucement ses poignets douloureux, tentant de calmer les
élancements de ses muscles raidis par la tension nerveuse et la mauvaise nuit.
Au bout d'un temps, aidée par la surveillante, Sofia se releva tant bien que
mal et la suivit, tête basse, le corps lourd. Son coeur se serra alors qu'elles
arrivaient à la hauteur de la porte entrouverte de la cellule d'où lui étaient
parvenus les gémissements la veille. Elle attendit d'être exactement devant la
porte pour bondir sur le côté et faire face au cachot. Elle voulait affronter
le regard de Vlad, qu'il sache qu'elle savait, le mettre face au desespoir qui
l'envahissait, à la culpabilité qui l'anéantissait.
Elle se jeta
dans la cellule et rentra directement en collision avec le torse noir et musclé
de leur professeur de sport qui l'attrapa au vol.
"Eh bien mademoiselle Sofia, je
vois que vous êtes pleine d'allant dès le petit matin."
Elle se figea
face au colosse qui semblait
être en train de se rhabiller. Celui-ci la dévisageait avec un sourire
narquois.
"
Peut-être vous attendiez vous à trouver quelqu'un d'autre ici ? Je dois hélas vous décevoir et vous annoncer que
l'occupant de la cellule a été transféré ailleurs,
hier, en prévision de la soirée spéciale. Visiblement Malthazar tient à coeur de ne présenter que des gens formés à
ses soirées."
Elle recula,
chancelante, secouant la tête. Elle ne savait plus si elle avait envie de rire
ou de pleurer. Elle fixait son professeur. Il lui sembla qu'il parlait encore.
Elle voyait ses lèvres remuer mais son visage était flou, ses traits imprécis.
Le son de sa voix lui parvenait déformé, comme au ralenti. Que disait-il ? Son
coeur s'accéléra et une sueur froide glissa dans son dos. Elle comprit qu'elle
était en train de perdre connaissance et battit l'air avec ses bras dans un
geste désespéré.
Il la rattrapa avant qu'elle ne tombe au sol et
héla les surveillantes.
"Je
pense que cette jeune fille a besoin de soins, d'une bonne douche et d'un solide petit déjeuner."
Elle
se sentit prise sous les aisselles et, à demi consciente, elle fut emmenée vers
la douche. Elle reprit doucement contact avec la réalité, revenant à elle sous
les mains des surveillantes qui s'occupaient de sa toilette, la massait
savamment, obligeant son corps à réagir. Elle finit par les repousser
doucement, leur montrant qu'elle avait récupéré en terminant d'elle-même ses
ablutions mais eut besoin de leur aide pour s'habiller cependant. Ses mains
tremblaient tant qu'elle ne parvenait pas à fermer son chemisier. Dans le
couloir, sur une petite table, on avait déposé un plateau à son intention avec
un bol de café, des croissants et des tartines. Elle mangea doucement, prenant
le temps de récuperer et de faire cesser le tremblements qui agitait toujours
ses membres. Elle finit par se sentir tout à fait bien et lorsque les
surveillantes lui firent signe de venir elle les suivit d'un pas ferme. Elle
avait regagné un peu d'assurance mais se rendait aussi compte à quel point sa
situation pouvait être précaire. Elle se sentait infiniment fragile, fêlée.
Elle arriva cependant dans le hall pour constater que les pensionnaires étaient
rassemblées et alignées en silence. On lui fit prendre place. Du haut de
l'escalier Monsieur de Saint-Clar les contemplait. A ses côtés, habillée d'un
tailleur gris pale dont les origines haute couture semblaient hurler au regard
des uniformes portés par les jeunes femmes, se tenait Vénus, la coiffure
toujours parfaite et le visage inexpressif uniquement traversé par un petit
sourire pincé. Elle ne montra pas la moindre émotion lorsque Sofia rejoignit
les rangs des pensionnaires, ne paraissant meme pas se rendre compte de son
arrivée.
24 août 2009
31. De Mal en pis, tant pis
Elle assista au cours suivant sans
vraiment y prendre garde, bien que les explications de Monsieur Villaret sur la
vie dissolue de plusieurs auteurs célèbres apportait un éclairage des plus
intéressant sur leur oeuvre. La journée se passa ainsi, laissant place au jeudi
qui s'agrémenta du cours quotidien de sport, de cours d'histoires, de
libertinage. Les cours de Malthazar avaient été remplacés par des séances de
méditations et de repos, des cours de maquillage et de stretching. Des séances
de lectures surveillées aussi. Visiblement Malthazar était tout entier prit par
la préparation de la soirée du samedi. Le vendredi enfin était arrivée et les
pensionnaires rejoignaient leurs chambres pour se préparer au dîner, lorsqu'une
surveillante saisit Sofia par le bras. C'était une brune au regard sévère qui
ne se montrait que très peu loquace et que la pensionnaire n'avait jamais
qu'entraperçut. "Ceci est pour toi." Et elle lui tendit un petit plis
et s'éloigna rapidement. Sofia, s'enfermant aux toilettes, déchira l'enveloppe
qui contenait un petit carton.
"Ce soir. La surveillante est payée,
si tu veux me rejoindre, obéis-lui, glisse-toi par les cuisines, une voiture
t'attendra pour te mener à moi ma salope.
Ton maitre S."
Elle faillit déchirer le carton et le jeter dans la cuvette. Mais suspendit son geste. Elle se sentait mal et dut s'accorcher aux murs pour ne pas tomber, froissant nerveusement le carton entre ses doigts. La nausée lui broyait l'estomac. Et en même temps, dans le creux de son ventre, une morsure brûlante s'amplifia, augmentant son dégoût. Elle sortit des toilettes en titubant, glissa le carton dans la poche de sa jupe et se passa de l'eau froide sur les poignets et sur le visage. Dans le miroir, elle observa son visage. Elle était pâle mais ses joues étaient marbrées de rouge, son front était moite et ses pupilles, agrandies et sombres, brillaient d'un éclat fiévreux. Elle se mordit les lèvres sans quitter son reflet des yeux et lança à son reflet entre ses dents :
"Tu vas y
aller. Tu vas y aller car tu es une salope masochiste qui en crève d'envie
!".
Elle ferma les yeux,
cramponnée à l'évier. Relevant la tête, elle se regarda une dernière fois, se
retourna brusquement et sortit pour rejoindre ses camarades. Elle savait
qu'elle ne ferait plus demi tour maintenant.
Elle regagna sa chambre en silence, se rendant aux douches où elle resta un
long moment laissant l'eau dissoudre ses pensées. Alors qu'elle se retournait,
elle vit la surveillante brune qui la fixait l'oeil brillant un petit paquet à
la main.
"Ton maitre m'a donné ceci pour toi, de la crème pour t'épiler et des
onguents pour que tu aies la peau douce."
Elle déposa le petit paquet sur le lavabo et se posta à la porte des
douches.
"Tu peux y aller je
surveille, personne ne viendra te déranger."
Debout contre le chambranle de la porte, elle l'observait avec un air
interessé. Sofia s'avanca vers le petit paquet et en retira un pot de crême
dépilatoire et un onguent parfumé. Le paquet contenait aussi un petit objet
brillant. Un rosebud orné d'une pierre rouge. La surveillante détaillait le
moidre de ses gestes avec un sourire sarcastique. Elle lui lança d'une voix
douceureuse
« Ton maitre a aussi
prévu un petit bijoux décoratif pour toi ,comme tu peux le voir. Il veut que tu le portes
jusqu'à ce que tu viennes le retrouver pour te rappeler à chaque instant à quel point tu peux être une salope."
Sofia eut un petit sourire en coin, une moue
un peu amère et contempla pensivement l'objet qu'elle tenait dans le plat de sa
paume. Elle était une salope, cette évidence lui vrillait le ventre, lui
broyait le plexus, lui coupait le souffle. Une salope qui irait jusqu'au bout.
Le visage de Vlad traversa ses pensées. Elle le chassa en secouant la tête et
se concentra sur ses préparatifs. Elle serait parfaite, conforme en tous
points à ses attentes. Oui parfaite... comme une offrande sacrificielle. Mais
elle était sa propre victime et son bourreau cette fois. Elle choisissait seule
cette voie, la plus dure, la plus absolue, la seule qui lui permettrait de
savoir jusqu'où allait sa folie. Elle se rendit compte que ses jambes
tremblaient. Elle régla la douche sur un grand jet glacé qui la remit d'aplomb
puis positionna le mitigeur sur une température agréable pour parfaire sa
toilette. Lorsqu'elle eut fini de se sécher, elle s'enduisit méticuleusement de
l'onguent délicatement parfumé, passant ses doigts sur son sexe presque glabre,
et se saisissant du rosebud, les mains encore couvertes de la substance, se
pencha en avant pour le mettre en place sous l'oeil égrillard de la
surveillante.
"C'est que
ca a l'air de te plaire petite garce de t'apprêter pour ton Maitre. Allez,
finis de t'habiller et file dans ta chambre, je viendrais te chercher."
La surveillante
récupera son petit paquet avant de s'éloigner dans le couloir, la laissant
achever de se préparer
toute seule. Elle se rhabilla rapidement et retourna
dans la chambre d'un pas vif, sentant la pression du bijou dans le creux de ses
reins à chaque pas. Elle ne participa pas aux babillages amusés de ses
compagnes de chambre et attendit l'heure de l'extinction des feux, la gorge
nouée d'appréhension, le coeur palpitant. Couchée dans son lit, elle écoutait
le souffle de ses deux amies devenir plus lent, plus profond, s'apaiser. En
elle rien de son tumulte ne trouvait un instant de répit. Elles dormaient à
présent alors qu'elle, les yeux grands ouverts, guettait chaque bruit dans le
couloir. Finalement elle perçut des pas feutrés et entendit la porte s'ouvrir
doucement. Se relevant sans bruit, le coeur battant, elle fit face à la
surveillante et s'emparant de sa tenue de pensionnaire, elle la suivit dans le
couloir. La surveillante lui fit signe de laisser son linge là et de la suivre.
C'est uniquement revêtue de sa chemise de nuit qu'elle lui emboita le pas
jusqu'à la chambre des surveillantes. La grande brune lui tendit un paquet.
"Mets cela."
Elle saisit le colis qui contenait une culotte de latex
fendue ainsi qu'un soutien gorge qui laissait ses seins apparents, une paire de
bas et d'escarpins a talons hauts, le tout noir. Elle enfila sa tenue sous le
regard impitoyable de la surveillante. Lorsqu'elle fut prête celle-ci la
couvrit d'une cape noire, attrapant au passage ses deux seins et les tordant.
"Hmmm
superbe petite salope, on va bien s'amuser ce soir."
Puis
l'entrainant dans les couloirs elle la fit sortir par la porte des cuisines.
Une mercedes les attendait, garée contre le mur de la propriété, la portiere
arrière ouverte.
"Le règlement de ces lieux est
strict Mademoiselle Sofia, et il vaut pour tout le monde."
Elles s'immobilisèrent,
effarées, alors qu'un des deux gardes, échangeant quelques mots avec le
chauffeur de la mercedes, lui faisait comprendre qu'il pouvait retourner d'où
il venait. La mercedes disparut rapidement dans l'allée. Malthazar ne cessait
de les fixer elle et la surveillante de son regard d'acier. Il réitéra
sentencieusement :
"Le
règlement vaut pour tout le monde, il n'y a pas d'exception, les sorties ne peuvent être autorisées que par
Monsieur, même s'il s'agit de rejoindre son Maître."
Il fit quelques pas et leur désigna la porte
du bâtiment. Sans un mot, elles se dirigèrent vers l'issue entrouverte, serrées
de près par leur escorte. C'est dans un silence glacial qu'elles pénétrèrent
dans le grand hall du Pensionnat et furent dirigées vers le comité d'accueil,
Monsieur et une grande femme rousse inconnue, vêtue de noir. Elle les observait
avec un regard glacé qui semblait avoir le don de figer sur place tous ceux qui
osaient l'affronter. Elle était grande, vraiment, d'une taille bien supérieure
à la moyenne, et le fait qu'elle soit perchée sur des talons démesurés lui
donnait une allure quasi irréelle. Son tailleur noir soulignait parfaitement
des formes sculpturales et ses longs cheveux noirs de jais, impeccablement
brossés, tombaient dans son dos jusqu'à sa chute de reins en miroitant. Mais ce
qui captivait irrémédiablement, c'était son regard, ses yeux verts
scintillants, qui ne scillaient pas, et semblaient braqués sur elle Sofia et la
surveillantes comme des armes menaçantes. Se trouver face à eux, c'était comme
se retrouver hypnotisé par le canon d'un revolver. Ce fut la voix glaciale de
Monsieur qui interrompit cet instant quasi hypnotique.
"Mademoiselle Charline vous allez
me suivre dans mon bureau pour recevoir votre lettre
de remerciement et le solde de ce que nous vous devons. Vous aurez quitté les lieux avant demain matin"
La surveillante baissa la tête et n'osa pas un mot.
"Quant à vous Sofia, vous allez
passer la nuit en cellule, ainsi je suis certain que vous ne tenterez plus de partir vous promener."
Sofia
tressaillit, s'arrachant à la fascination de l'inconnue et baissa les yeux,
incapable de soutenir plus longtemps la tension de tous les regards
réprobateurs qui la fixaient. En elle le disputait un mélange de honte, de
soulagement et de crainte. Honte d'avoir été prise dans la transgression des
règles du Pensionnat pour une sortie qu'elle savait infamante, soulagement d'en
avoir réchapper et crainte de ce qui l'attendait en cellule. Elle se contenta
de hocher doucement la tête et aquiesça
d'une voix atone.
"Bien Monsieur."
Il n'y avait
en elle aucun désir de justification, aucune vélléité de rébellion. La sentence
tombait juste, laconique, comme son acceptation. Elle attendait qu'on
l'emmenât. Et de se retrouver seule avec elle-même pour goûter l'amère saveur
et la profondeur de son sentiment de culpabilité.
Saint-Clar hocha la tête et sans un
mot s'èloigna vers l'escalier qui menait au bureau suivi par la surveillante.
Sofia eut la sensation qu'il l'abandonnait là, couverte de son seul mépris et
elle sursauta quand Malthazar, s'avançant vers elle et se tournant vers la
grande rousse, annonça.
"Vénus ma
belle, tu vas t'occuper de Sofia et la mener à sa cellule."
Les yeux de la
rousse perdirent immédiatement leur éclat glacé pour se charger d'une immense
tendresse alors qu'ils se posaient sur Malthazar.
"Oui mon
Maître...Ce sera fait. Et après cela, pourrais-je vous rejoindre ?"
Malthazar lui sourit.
"Bien sûr...
tout travail bien fait mérite sa récompense"
La rousse
baissa un instant la tête en souriant doucement puis reporta son attention sur
Sofia. Aussitôt ses yeux reprirent leur dangereux éclat. D'un bref signe de tête, elle lui fit
comprendre de la suivre et avança en longues enjambées sensuelles dans les
couloirs, dirigeant inexorablement Sofia vers les cellules. Malgré ses
craintes, Sofia ne pouvait s'empêcher d'admirer la démarche légère et souple de
la jeune femme qui s'éloignait et devait accélérer le pas pour la suivre. Cette
superbe inconnue, si fascinante et troublante, piquait sa curiosité ; n'y
tenant plus et oubliant ses ennuis et toute réserve, en courant presque
derrière elle, essoufflée, maladroitement, elle finit par demander :
"Excusez moi, je sais que.... je
ne devrais pas mais... êtes-vous la soumise de Malthazar
? Parce que, ...enfin, vous... vous... ne portez pas de collier"
Vénus, sans pour autant s'arrêter, tourna la
tête vers elle avec un sourire qui n'avait rien de chaleureux.
"Si je suis sa soumise ? Oui,
mais je suis aussi sa femme et je n'ai pas besoin de ou de déguisement. Je suis
sienne, comme il est mien."
Sofia baissa la
tête, submergée par la honte, anéantie par le regard sans concession. Elles
arrivaient déjà en bas de l'escalier des cellules, passant sans s'arrêter
devant la surveillante de faction dans le couloir. S'immobilisant devant une cellule ouverte,
Vénus lui désigna la petite prison d'un index implacable.
"Votre chambre est préparée,
veuillez prendre place."
La grande
rousse la guida jusqu'àu lit et lui passa deux sangles de cuir autour des
poignets.
"Voyez-vous Sofia, passer la nuit
dans cette cellule doit être un soulagement pour vous, mais... ce devrait être une punition."
Elle prit ses
poignets liés et, les soulevant, les attacha fermemement aux barreaux du lit,
l'allongeant sur le dos. Puis, saisissant un baillon boule, elle la réduisit au
silence. "Voila qui est un
peu mieux, n'est-ce pas ?"
Et se
redressant, la grande femme rousse défit les boutons de sa veste de tailleur et
la fit tomber au sol.
20 août 2009
30. D'un fil à l'autre
Toutes
hésitaient, doutant de pouvoir supporter la morsure de fouet de manière plus
courageuse ou convaincante que Marie. Toutes... ou presque. Sofia se mordait la
lèvre pour contenir le désir qu'elle sentait croître en elle. Agathe la fière
Agathe, brûlait d'envie d'en découdre avec le fouet mais retardait toute
manifestation de peur de se montrer moins résistante qu'elle ne l'aurait voulu.
Ce fut Inge qui les devança toutes et qui se redressa lentement, mais avec une
certaine fierté et vint se planter devant Malthazar. Face à lui, en position
centrale, enfin elle baissa les yeux, sous son regard incisif, et levant ses
mains les croisa derrière sa nuque, attendant.
Le fouet vint tout de suite la
cueillir, s'enroulant autour d'elle comme il l'avait fait précédemment pour les
deux premières candidates. Inge ne vacilla pas, statue de marbre parfaitement
immobile, elle n'eut pas même un tressaillement. Le fouet recommença sa course
autour de son corps, claquant et résonnant. La grande femme blonde ne bougeait
pas, son visage restait impassible et détendu sous les claquements, tout juste
vacillait-elle légèrement lorsqu'un coup plus violent la poussait un peu sur le
côté. Les derniers coups, elle ferma les yeux avec un soupir et le fouet finit
par cesser son jeu sur elle.
"Inge, qu'avez vous ressentie ?" La
femme blonde rouvrit des yeux brillants et de sa belel voix grave soupira.
"J'ai eu du plaisir Monsieur."
Malthazar sourit et lui désigna la
croix qu'elle rejoignit en lui rendant son sourire, se laissant déshabiller par
deux surveillantes et attacher aux montants. Malthazar fit claquer le fouet sur
sa peau ; elle eut un petit tressaillement mais n'en tendit pas moins ses reins
vers son bourreau. Le fouet claqua plus fort laissant une zébrure sur son
épaule puis une autre sur une de ses fesses. Malthazar faisait tourner son
fouet dans les airs, le cuir tressé venant claquer sur sa peau à un rythme
soutenu. Parfois un coup plus fort venait la jeter contre la croix de bois mais
elle reprenait rapidement sa position les reins cambrés. Silencieuse au début,
à présent elle répondait par un gémissement à chaque nouveau coup de fouet.
A
chaque coup, Sofia frémissait plus fort. Il y avait un moment maintenant
qu'elle avait fermé les yeux et que, tête baissée, elle portait toute son
attention aux seuls souffles, celui du fouet qui tranchait l'air et claquait
d'un bruit mat ou comme une détonation, celui d'Inge tantôt lent, tantôt plus
rapide et modulé sur un râle de fond de gorge, et elle avait la sensation que
ces sons pénétraient sous sa peau, se gravaient dans sa chair, faisant battre
son sang plus vite. Elle était à la torture. Elle voulait le fouet, elle
désirait son étreinte et son feu. Elle était sûre de ne pas avoir le stoïcisme
de Inge mais elle voulait sentir la morsure sur sa peau, plus fort qu'elle
encore... elle voulait les marques et leur brûlure, elle le ressentait
viscéralement. Et les yeux clos, dans sa position agenouillée, sans s'en rendre
compte, elle chaloupait à chaque nouveau coup comme si elle l'avait reçu.
Inge avait cessée de gémir
pour pousser de petits cris chaque fois que le fouet se posait sur elle. Elle
tanguait, s'arqueboutait à chaque claquement. Malthazar faisait tourner le
fouet de plus en plus rapidement, la lanière cinglait ses reins, ses cuisses,
son dos, ses épaules, les marquant de striures.. . La respirationd e inge se
faisait chaotique, elle poussa un long cri et s'abattit contre la croix en
gémissant. Malthazar laissa retomber le fouet au sol alors qu'elle s'affalait
sur ses liens, retenue uniquement par les entraves de cuir. Elle gémissait
encore doucement pendant que deux surveillantes défaisaient ses entraves et
l'aidaient à s'installer sur un coussin.
"Voici qui est fait nous avons à présent reçu la plus
belle démonstration de ce que le fouet peut
donner. A
présent le cours est terminé. Je vois la déception sur certains
visages... mais vous n'alliez tout de
même pas penser que j'irai vous fouetter toutes l'une après l'autre ? Je ne suis pas un surhomme
somme toute. Par contre vous aller terminer ce que j'ai commencé"
Malthazar désignat Marie à une des surveillantes, menez cette enfant à moi, et vous Inge, Devi et Sofia approchez, vous donnerez chacune dix coups de cravaches à cette jeune fille, il est de votre devoir de l'aider à s'agerrir."
Devi s'avancat hésitante tandis qu'a contrecoeur Marie prenait place sur le prie dieux, leur présentant ces reins cambrés. La jeune femme apliquat deux coups secs sur les fesses
de lMarie. Puis semblant réfléchir, elle cingla l'extèrieur des
cuisses, une premiere fois, puis une deuxième avec force. Le fessier de Marie
balançait de gauche à droite sous les coups de cravache. Lorsque Devi termina,
Marie laissait pendre mollement sa tête sur le prie-dieu. Agathe ne fut pas
longue à prendre son tour.
"Verifiez son
état Agathe, assurez-vous du bienfait que produit ce traitement à cette jeune femme."
Agathe caressa du bout des
doigts les fesses de Marie et glissa vers son intimité.
"Ces fesses sont aussi brulantes que son intimité
Monsieur."
Le professeur hocha la tête:
"En ce cas, ne vous gênez pas ma chère."
Agathe leva la cravache et
l'abattit sur les fesses de MArie, visant les endroits qu'Inge avait marqué de
ses coups, faisant crier sa victime dans un soubresaut à chacune de ses touches
d'une redoutable précision. Elle atteignit dix et le regard brillant tendit la
cravache à Sofia.
Malthazar intima :
"A vous Sofia, il vous revient de finir le
travail."
Sofia
prit la cravache comme si elle allait lui brûler les doigts. Elle se rendit
compte que sa main tremblait. Serrant ses doigts sur le manche, à s'en faire
mal aux phalanges, qui blanchirent sous la contraction, elle assura sa prise
tant bien que mal et se reculant elle ferma les yeux. Levant le bras, elle prit
une profonde inspiration. Et laissa retomber son bras. Il y eut un murmure dans
la salle. Sofia se raidit et releva le bras. A nouveau, elle se sentit ridcule
avec cet objet, incapable de porter un coup digne de ce nom. Elle abaissa sà
nouveau son bras en secouant la tête.
"Je ne peux pas Monsieur... je ne
peux vraiment pas.... Ce serait n'importe quoi ..."
"Obéissez Sofia, car à présent vous lui devez vingt coups. Chaque tergiversation est in utile, chaque rebuffade donne droit à une
contre-réaction équivalente. Dépêchez-vous, personne
ne sortira d'ici avant que vous ne vous soyez exécutée. Il ne vous appartient pas de juger ce qui est n'importe quoi ou ne
l'est pas. Nous ne sommes pas dans une cours
de récréation et je ne pratique pas l'éducation laxiste. Si vous désirez
exprimer votre être profond, faites-
le donc avec cette cravache. Et maintenant... je n'ai pas que cela à faire."
Elle
sentit la rage de l'impuissance dévorer son plexus, faire battre plus vite son
coeur. Il ne comprenait donc rien ! Elle arma son bras et pensa très fort en
fermant les yeux un instant : "Je
suis désolée pour toi Marie, vraiment désolée !"
Et elle
abattit son bras, en un revers vigoureux. La cravache cingla l'air avec un
siflement furieux et la baguette vint frapper les fesses en travers, imprimant
son empreinte en rouge vif. Mare poussa un cri suraigu et se tordit en
haletant. Mais déjà Sofia recommençait. Ce n'était plus elle qui portait les
coups, mais c'était tous les coups reçus dans la furie et dans l'humiliation,
tous les coups brûlants et impitoyables qui avaient mordus sa peau sous les
mains de Sadex et qui l'avaient vaincue et emportée, qui sortaient d'elle, qui
possédaient ses gestes et venaient violenter le corps offert pour l'emporter à
son tour. Elle frappait méthodiquement, froidement, sans compter, fermant
parfois les yeux pour ne pas voir les marbrures sur les fesses de Marie. Et ce
n'était plus tant Marie qu'elle marquait de ces morsures mais elle-même qui
revivait, des deux côtés à la fois, ses plus douloureux et plus fous voyages.
Ce fut Malthazar qui bloqua son bras.
Il maintint fermement son poignet et du
regard lui désigna Marie. Celle-ci haletait en roulant des hanches les yeux
clos, des traînées de larmes sur les joues, un sourire flou sur les lèvres.
"Voyez ce que vous avez produit. Oui,
vous lui avez donné ce qu'elle attendait sans le sa voir. Avez-vous joui Marie ?"
La jeune femme releva la tête en
frémissant et murmura. "Oui Monsieur."
Malthazar prit la cravache des mains de
Sofia.
"Vous
avez laissé parler votre feu et sans conscience avez donné à Marie ce qu'elle
at tendait sans se l'avouer. Parfois
les voies que l'on emprunte pour apprendre à se connaitre sont tortueuses et nous paraissent impossible
à suivre. Pourtant elles sont t outes
le fruit de notre propre psychée. Ce que vous avez ressenti, cette colère,
cette rage, cette lave dans
votre sang et que vous avez extériorisée malgré vous est le fruit du combat que vous menez dans votre esprit.
Faites en votre alliée. Le laisser-aller est une chose difficile souvent, parfois impossible et sous-entend
que vous cherchiez une chose bien précise.
Sofia, vous touchez du doigt en ce moment une chose fondamentale de votre propre désir. A vous de voir comment vous
allez l'aborder, en vous cabrant ou en llaissant sortir de vous ce qui vous hante et vous consume."
Sofia baissa la tête et
rétorqua entre ses dents :
"Nous le verrons samedi Monsieur !" et
elle tendit à Malthazar la cravache qu'elle tenait toujours serrée entre ses
doigts. Ses épaules tremblaient et elle dut faire un terrible effort pour
maîtriser sa respiration et juguler l'envie irraisonnée de pleurer qui
l'assaillait. Elle n'avait aucunement le désir de faiblir devant leur terrible
professeur. Elle lui prouverait qu'elle était capable d'avancer, même sur des
voies tortueuses, même là... quoiqu'il lui en coûte, elle était décidée à
avancer.
21 novembre 2008
29- Leçon de choses... et d'autres
"Merci Monsieur.... pour cette conversation.... pour m'avoir aidée à.... à y voir plus clair.... je sais maintenant que.... je ne peux offrir qu'un mensonge tant que.... tant que je ne me serai pas confronté à mes démons.... Merci.... " Elle lui tourna brusquement le dos et courut vers les vestiaires, son peignoir blanc battant sur ses mollets. Avant de passer la porte, elle se retourna et lui cria "Je saurai Monsieur Langlois... je veux savoir et je saurai !"
Et elle disparut. Il demeura un instant dans le parc, fixant la porte qui s'était refermée sur Sofia. Il était certain maintenant qu'elle irait au bout de son apprentissage aussi difficile soit-il. Il pouvait aller faire son rapport à Monsieur. Elle avait du tempérament la petite Sofia, suffisament pour traverser toutes les épreuves de son cheminement mais il faudrait une extrême vigileance pour ne pas la laisser s'égarer. Pour l'instant, Sofia regagnait les bains en frissonnant. Déterminée et calme, étrangement calme. Et c'est avec une sensation d'appaisement total qu'elle se glissa sous la douche tiède.
Alors qu'elle pénétrait dans le sauna, Langlois rejoignait l'ombre qui se dissimulait derrière le bosquet et avait observé la scène de loin.
"Alors ? Qu'est ce que tu en penses ?" Langlois fixa les murs du pensionnat un instant.
"Je pense qu'elle est en chemin, elle est dans une phase d'acceptation... un peu douloureuse...elle avance, elle ne sait peut être pas encore où elle va exactement mais je ne pense pas qu'elle fasse demi tour...."
Monsieur fit quelques pas vers la porte du bâtiment.
"Je l'espère, ce n'est pas une mince affaire à gèrer et la situation n'est pas simple.C'est beaucoup de pression dans cette phase d'apprentissage, je le sais... mais je n'ai guère le choix..."
Langlois le rejoignit et ils avancèrent de concert dans l'allée.
"Et pour son compagnon qu'as-tu décidé de faire ?" Monsieur eut un sourire triste. "Je l'ai informé bien sûr, ce ne fut pas une chose simple à faire et il m'a fallu du temps pour le ranger a ma position. Il a fini par admettre que c'était la meilleure option et accepter de comprendre ce qui se passait. Tu sais, il l'aime sincèrement... je pense que c'est une chose nécessaire pour eux. Il sera là pour elle quand il faudra... Mais il nous faudra être prudent et veiller au grain. Allons viens je t'offre un capuccino, ça nous changera les idées."
Ils se dirigèrent vers son bureau alors que Sofia se glissait entre ses camarades à la recherche d'une place.
Agathe immédiatement l'appela d'un geste auprès d'elle, sans se soucier de déranger ses autres comparses qui paressaient, et chercha son regard. Sofia lui sourit et hocha la tête pour lui faire comprendre que tout allait bien. Agathe s'illumina soulagée et, pressant la main de Sofia, prit place tout près d'elle pour enfin goûter à la détente. Elle avait retrouver dans le regard de son amie cet éclat particulier qui la rassurait pleinement et elle ne percevait plus, dans ses attitudes, cette tension qui était si perceptible auparavant. D'ailleurs Sofia avait fermé les yeux, un demi sourire toujours accroché sur les lèvres, et sa respiration ample et paisible indiquait qu'elle était parfaitement détendue. Etrangement, c'était le cas. Bien qu'elle n'ait pas arrêté une décision des plus faciles, le fait d'avoir décidé de ce qu'elle devait faire lui donnait une force nouvelle, un apaisement qui tenait du calme d'avant les tempête mais qui était complet. Elle goûtait au répit après les affres du doute.
Le temps de la détente finit par filer bien trop vite au goût de Sofia qui en profitait enfin pleinement. Elles durent cependant
quitter les lieux et reprendre le quotidien du Pensionnat, déjeuner en silence et se préparer pour le cours suivant. L'après midi était consacré aux cours du professeur Malthazar et chacune, en mangeant, spéculait silencieusement sur ce qui allait leur être réservé. On pouvait voir aux attitudes pensives, aux rougeurs subites, aux gestes comme suspendus, que toutes ruminaient les mêmes pensées sur le cours à venir.
L'heure de la reprise des cours finit par sonner, les surveillantes les rassemblèrent en ordre serré et ouvrirent la marche. Mais au lieu de se rendre dans la salle où elles avaient l'habitude de suivre leur cours, les surveillantes les firent descendre vers le sous-sol et ses cellules. Elles se demandèrent, inquiètes soudain, si Malthazar voulait les enfermer ?
Mais au lieu de prendre la direction des cellules, elles avancèrent encore, vers la grande double porte de bois qui fermait un des côtés du couloir. Vania agita un instant un imposant trousseau de clefs dans sa main et ouvrit les deux battants de la porte, leur livrant le passage vers « la Salle des jeux ». Elles avancèrent, dans un léger murmure que les surveillantes firent cesser immédiatement par un ordre bref, se pressant un peu les unes contre les autres, impressionées par le décor et l'ambiance de la place. C'ètait une longue salle voutée, en pierres de taille sombres, faiblement éclairée par des flambeaux électriques. On devinait le long des murs plusieurs passages qui donnaient sur des couloirs plongés dans une semi obscurité inquiétante. Elles ne parvenaient pas à distinguer ce qu'ils pouvaient cacher, mais il était facile de deviner que ce ne devaient pas être les bouteilles de vin de Monsieur. Le mobilier se composait d'un grand nombre de divans, de causeuses, aux teintes pourpres, de petits repose-pieds baroques. Des gravures et des photos en noir et blancs ornaient les murs, toutes représentants des soumises en position, sur une croix, immobilisée sur un chevalet, suspendue à un jeu de corde. Les clichées témoignaient d'une belle maîtrise photographique. Sofia remarqua que sous chaque cadre se trouvait une petite plaque avec un nom et une année. Valene, 1994 Sandra 1995, Helene d'O 1996. Elle jugea que ce devait être là le mur d'excellence du Pensionnat ; toutes les femmes qui ornaient la paroi avaient la même lueur dans les yeux, une fierté, une force de caractère, quelque chose de sauvage, de superbe et de confiant. Elle se demanda si elle aurait un jour ce même éclat fort et serein dans les yeux. Malthazar les attendait assis dans un fauteuil au bout de l'allée, revêtu de son habituelle tenue noire et sa seule présence muette recquérait toute leur attention ; il leur sourit.
"Bienvenue Mesdemoiselles, je vous présente la Salle de jeux..., veuillez prendre place je vous prie."
Prendre place ? Sofia se figea indécise, ne sachant quelle pouvait être "sa" place. Elle chercha Agathe du regard et vit sa camarade se déplacer lentement et venir se poser, comme les autres, à genoux, sur les différents coussins qui étaient disposés au sol. Elle sourit. Ces attitudes convenues lui apparaissaient encore, bien malgré elle, comme un folklore un peu dérisoire. Aussi loin avait-elle pu aller dans son propre cheminement intérieur, elle n'avait pas encore réussi à intégrer la portée profonde de ces règles, ni à s'en approprier la symbolique. Elle choisit cependant un coussin, dans un coin un peu reculé et s'y posa à genoux, le dos droit, attendant la suite des évènements.
Malthazar se leva et de la main négligeamment désigna la pièce où ils se trouvaient.
"Ceci est la salle de jeu comme je vous l'ai déjà dit, c'est ici que s'exprime pleinement le terme de scène BDSM ; cet endroit est voué à l'application de toutes les techniques que nous enseignons en nos murs. Seules sont recues dans ces lieux les plus méritantes et celles qui présentent de réelles dispositions. Je compte bien que chacune parmi vous soit un jour jugée digne de jouer ici."
Il se leva de son fauteuil que deux surveillantes vinrent prendre et repousser silencieusement contre un des murs.
"Mais nous ne sommes pas ici pour visiter cet endroit, vous en découvrirez les arcanes lors des soirées où vous serez conviées. Aujourd'hui nous allons aborder un autre sujet qui demande de l'espace, raison de notre présence ici."
Vania s'avança vers lui, tenant dans ses mains un long fouet noir, épais et luisant.
"Nous allons parler du fouet, il y a bien des façons d'utiliser cet objet, des plus sensuelles aux plus cruelles. Devi... approchez s'il vous plait"
La jeune indienne s'avança de sa lente démarche chaloupée et dans son fier regard de jais luisait un rien de panique mêlée d'amusement. Elle se plaça, immobile au milieu de la pièce, fixant Malthazar les yeux grands ouverts et brillants.
"Bien. Levez les bras au dessus de la tête."
Elle s'exécuta avec un petit soupir et ferma les yeux. Il tendit son bras vers l'arrière et fit siffler le fouet qui s'envola, trait noir fendant l'air. Brusquement, la longue lanière vint s'enrouler autour de la taille de la jeune femme qui expira de soulagement alors que le serpent de cuir l'étreignait. Immédiatement l'étau se défit et le fouet revint en arrière pour repartir entourer sa taille dans un nouveau claquement. Dévi chancela sur ses jambes sous l'étreinte du cuir.
"Ceci est la manière sensuelle de manier cet objet. L'embrassement du serpent...Est ce douloureux Dévi ?"
La jeune indienne fixa Malthazar, eut un sourire très doux et répondit dans un souffle, en abaissant lentement ses paupières ombrées d'immenses cils noirs
"Autant que les plus renversants des bras qui pourraient étreindre ma taille avec force Monsieur "
Le fouet vint la prendre par surprise, sifflant dans le silence de la salle et ce fut le bout de la langue de cuir qui mordit la cuisse de la jeune femme, lui faisant pousser un cri.
"Et là, Devi est-ce douloureux ?"
"Oui Monsieur, comme du feu"
Sa voix, plus hachée, était brusquement montée dans les aigus et ses doigts se crispaient au dessus de sa tête. Cependant, elle ne bougea pas d'un millimètre.
"Oui Devi, le serpent sait mordre également....Le fouet est à l'image du SM, à l'image des jeux, mais aussi de la relation
que vous vivez dans votre union à votre dominant. Il peut être enveloppant, puissant, vous étreindre de tout son être et devenir votre seconde peau, vous remplir de plaisir à vous couper le souffle, à vous priver de vos forces. Mais il peut aussi mordre, se montrer cruel, froid et vous blesser jusqu'au sang,... et pourtant là encore il peut vous mener au plaisir. Plaisir et douleur sont les fondements de ce que nous cherchons, de ce que nous voulons vivre. Plaisir qui naît de la main, douleur qui naît de la main, et plaisir qui naît dans la douleur. Ce sont des axiomes de base de la relation BDSM."
Il fit signe à Devi de se rasseoir et désigna la croix de St André qui ornait le fond de la salle.
"Vous allez passer une après l'autre à la croix et au fouet, nous verrons quelle morsure ou quelle caresse vous atteint le plus sûrement, et peut être de la façon la plus involontaire."
Il y eut un flottement dans la salle. Prise entre crainte et curiosité, les pensionnaires ne parvenaient pas à décider si elles devaient avancer ou pas vers la croix ou bien attendre qu'on les désigne. Elles tendaient leurs visages vers Malthazar, qui avec inquiétude, qui avec curiosité, qui avec impatience, attendant ses ordres. Sofia, elle, avait baissé la tête. Le son du fouet l'avait faite frémir. Sa morsure la fascinait. Et cet attrait soudain, pour un objet qui semblait condenser en lui tout ce qui la perturbait tellement, elle le contenait du mieux qu'elle le pouvait, repoussant l'idée d'en découvrir davantage sur elle-même pour l'instant.
Finalement, ayant suffisamment joué sur leur attente, Malthazar tendit la main vers Marie. La jeune femme, aux formes épanouies, ravala sa salive et se leva pourtant sans protester, prenant place, guidée par la main du professeur, au milieu de la salle, à la place occupée précédemment par Devi. Malthazar reprit sa position initiale et le fouet entonna son chant d'air et de feu, s'enroulant encore et encore autour de la taille de la jeune femme. Chaque coup claquait dans le silence et à chaque coup Marie vacillait sur ses jambes et accompagnait le bruit du fouet d'un gémissement sourd. Elle ondulait sous les étreintes de la lanière sombre et semblait sur le point de basculer avant de se faire rattraper par le fouet qui la redressait d'un coup sec. Le fouet finit par se poser au sol et il fallut l'intervention de Vania pour aider Marie à se rendre près de la croix de Saint André. Elle se laissa lier à la croix en silence, gémissant doucement dans ses liens.
"Visiblement cette petite aime les étreintes du fouet, voyons si elle en apprécie autant les morsures."
Le fouet s'envola encore vers le dos offert de la jeune femme. La lanière claqua sur la peau des fesses, le bout du fouet léchant la chair au passage, laissant une petite marque rouge, virgule écarlate sur la peau laiteuse. Marie cria de surprise, mais le fouet s'abattait déjà sur son autre fesse d'une façon un peu plus appuyé, mordant plus fort les chairs. Elle n'en cria, que davantage, geignant en se tordant dans les liens pour échapper au supplice, les larmes aux yeux. Malthazar cessa rapidement.
"Marie il va falloir travailler cela, ce n'est pas possible de couiner ainsi pour quelques effleurements de fouet. Vania, vous ferez donner cinquante coups de cravaches à cette soumise, il va falloir lui tanner le cuir. Bon qui veut être la suivante,... et cette fois-ci j'aimerais une personne un tantinet moins... douillette pour ma démonstration, s'il vous plaît."
21 octobre 2008
28. Une chute qui s'annonce longue
Lorsque ses camarades de chambres rentrèrent
elles la trouvèrent ainsi, prostrée dans le sommeil et n'osèrent la déranger.
Profondément enfoncée dans un sommeil parfois entrecoupé de rêves, elle
s'agitait parfois sur sa couche. Elle avait dormi toute la journée et enchaîna
une nuit identique, incapable de sortir de sa torpeur. L'aurore la trouva entre rêves et cauchemars.
Lorsque la voix de la surveillante retentie, elle émergea difficilement du
sommeil et s'extirpa sans mot dire de sa couche pour se rendre à la salle des
douches. Elle laissa couler l'eau brulante sur son corps, en s'appuyant contre
le mur de carrelage, luttant contre le vertige, la nausée. Alors que l'eau
ruisselait sur elle, elle finit par sentir le regard insistant des autres
pensionnaires qui se rendaient à leur toilette matinale. Elle suivit leurs regards qui
l'interrogeaient, fixant son corps avec insistance, pour constater que ses
fesses se zébraient de longues marques rouges violacées. Du bout des doigts
elle effleura ces marques en esquissant une petite grimace. Agathe pénétra dans
la salle et se dirigea vers elle avec son aplomb naturel, contemplant ses reins
marqués.
"Eh bien dis donc ma belle, pour une
punition ça devait être une sacré punition,, qu'est-ce que tu as encore fait ?
T'as brûlé un livre du marquis de Sade ? Lu un Martine au zoo en cachette
?"
A la
place du rire qu'espérait Agathe, Sofia ne lui offrit, en secouant la tête en
signe de dénégation, qu'un pauvre sourire qui s'effaça bien vite. Elle sembla
sur le point de parler mais secoua à nouveau la tête avant de la baisser
piteusement. Appuyant à nouveau sur la douche pour en faire jaillir l'eau
chaude, Sofia finit par lâcher
"C'était
juste une leçon de plus.. une leçon de savoir vivre"
Sa voix
était blanche et se noya sous les clapotements de l'eau. Agathe, stupéfaite,
contemplait on amie. Où était la Sofia impudente et rieuse qu'elle croyait
connaître ? Elle se rapprocha d'elle, et se glissant sous l'eau, posa une main
tendre sur son épaule
"Dis,
... tu es sûre que ça va toi ?"
Sofia
sembla faire un effort et s'ébroua sous l'eau, secouant ses cheveux.
"Fatigue
! Juste de la fatigue... ne t'inquiète pas ça ira mieux après le petit
déjeuner!" et elle s'efforça d'adresser à son amie un sourire
convainquant.
Agathe esquissa une moue mi-figue, mi-raisin
mais se contenta de cette explication et entreprit de faire sa toilette à son
tour. Sofia s'enferma dans un silence glacé et n'en sortit pas pendant toute
l'heure du déjeuner. Elle resta tout aussi silencieuse alors que leur
professeur d'éducation physique les emmenait vers le gymnase. La leçon du jour
portait à nouveau sur la self défense et le contrôle de soi. Elles reçurent
toutes une sorte de tenue d'arts martiaux à enfiler et se mirent en rang pour
apprendre les bases de la concentration nécessaire à l'autodéfense. Le colosse
noir leur expliquait patiemment comment prévoir les coups de l'attaquant et
comment les parer, comment se sortir de prises difficiles, décontenancer
l'adversaire et le mettre au sol pour pouvoir le maîtriser. Sofia, petit à
petit, se laissait aller à cette leçon, trouvant dans les exercices de
respirations, dans les enchaînements de prises et de parades un exutoire à sa
propre tension. Elle mit tout son cœur à exécuter les successions de mouvements
qu'il leur enseignait. Lors d'un enchainement particulièrement rapide, elle fit
basculer Agathe par dessus son épaule et, emportée par sa propre violence, elle
ne mit aucun frein à sa rage ; Agathe chuta lourdement sur le sol. Elle se
redressa difficilement, le souffle coupé, la fusillant du regard. Sofia fut sur
le point de s'excuser mais Agathe la fit taire en lui chuchotant.
"Il
faut qu'on parle."
Puis se tournant vers le professeur.
"Monsieur je me suis fait mal...je peux
arrêter un instant."
Le professeur, qui avait parfaitement saisi
la scène, acquiesça et Agathe entraîna Sofia à l'écart.
"Qu'est ce qui t'arrive ? Raconte-moi et
cette fois pas d'histoires... je suis ton amie, non ?"
Les
efforts qu'elle venait de fournir, cette violence qu'elle avait libérée bien
malgré elle, lui offraient un espace de répit dans lequel Sofia puisa le
courage d'explorer ce qui la troublait tellement. Elle attrapa les mains de son
amie.
"D'accord
Agathe... mais... ça risque d'être long.... et compliqué... si on se fait
prendre à parler..."
Agathe
haussa les épaules et dans un chuchotement anxieux la pressa de continuer
"Dis-moi,
parce que je ne lâcherai plus tant je ne saurai pas !"
Sofia
lui adressa un sourire las et râla
"Tu
es une emmerdeuse Agathe... je te raconterai tout ce soir... sache juste que...
j'ai découvert une part de moi qui... qui me fait horreur.... un masochisme ...
plus poussé que ce à quoi tu peux songer"
Agathe
la dévisagea les yeux ronds, lâchant ses mains de surprise.
"Tu me raconteras tout ce soir,
d'accord... mais... je pense que tu n'es pas la seule et loin de là à avoir
vécue ce genre de choses. Nous ne sommes pas ici par hasard... Viens,
retournons faire du sport, mais essaye de ne pas me casser quelque chose, je
suis maso peut être, mais les os brisés, c'est pas mon truc !"
Elles retournèrent sur les tatamis, reprenant
les enchaînements et terminèrent l'heure de sport en sueur, totalement
éssouflées et détendues. Elles se dirigèrent, toujours escortées par les
intraitables surveillantes, vers la sortie. Il y eut un murmure d'approbation
dans les rangs lorsque les pensionnaires se rendirent compte qu'elles allaient
vers le sauna du pensionnat. Ainsi elles allaient avoir droit à une nouvelle
séance de détente dans ce lieu de plaisir. Elles se déshabillèrent et se
douchèrent avec joie, pour se rendre en bon ordre dans le solarium. Elles
eurent la surprise d'y découvrir, assis dans un confortable fauteuil de rotin
et vêtu d'un luxueux kimono de soie blanche, leur professeur de libertinage. Monsieur de Villaret leur
sourit en les voyant entrer dans la piece et les accueillit d'un large geste du
bras. Des chaises avaient été disposées en demi cercle autour de lui et lil eur
fit signe de prendre place.
"Mesdemoiselles, quelle joie de vous
revoir ! J'espère que vous avez eu le temps de vous plonger dans d'édifiantes
lectures."
Toutes
marquaient la même stupéfaction. Elles ne s'attendaient pas à trouver un
professeur en ces lieux, et certainement pas leur professeur de libertinage.
Sofia, plus que ses camarades sans doute, goûtait la surprise avec un réel
déplaisir. Elle ne se sentait guère d'humeur à la joute verbale ni aux
démonstrations spirituelles. Elle laissait donc ses corréligionnaires la
dépasser et tentait de trouver une place la plus reculée et discrète possible.
Se souvenait-elle seulement des quelques pages lues dans l'ouvrage de Nerciat ?
Vaguement, lui revenait des passages, qui loin de conjurer son malaise, ne
faisait que l'amplifier... chaque réminiscence était l'exact reflet d'une de ses
propres perversions, de sa tentation à l'humiliation la plus totale. Elle se
sentait totalement incapable d'en présenter une lecture plus spirituelle.
Les élèves s'installaient calmement sur leur
chaise et il les observa longuement, dans un silence complet. Ses yeux
passaient de l'une à l'autre avec lenteur, jouant à en faire tressaillir une,
rougir une autre, baisser les yeux, frémir les épaules.... Ah quel adorable de
troupeau de douces brebis ! Puis il se releva lentement, faisant danser la soie
blanche autour de lui.
"Je
vous remercie mesdemoiselles pour ce charmant spectacle, je vais vous laisser à
vos occupations à présent."
D'une démarche légère, il traversa le cercle
pour se diriger vers la sortie sous leurs regards médusés. Avant d'arriver à la
porte, il se tourna vers elles encore une fois.
"Eh
bien mesdemoiselles, ne faites pas vos étonnées ; je me trouvais là et me suis
dit qu'il serait bien tentant de profiter quelques instants du charmant
spectacle que vous offrez revétues de vos peignoirs."
Elle ne
sut quel démon la poussait. Sans doute ce désir profond d'en découdre de
multiples façons, ou cette colère sans objet qui bourdonnait dans sa tête, mais
Sofia se dressa sur sa chaise et comme le professeur passait tout près d'elle,
elle l'apostropha :
"Et
bien Monsieur, quelle audace ! Vous venez régaler vos yeux et repartez sans
avoir nourri nos esprits. Craignez-vous que le spectacle de votre corps en kimono nous soit moins
plaisant que ne l'est pour vous l'offrande des nôtres en peignoir ?"
Villaret s'immobilisa la détaillant un
instant, avant de prendre son menton dans sa main comme s'il se plongeait dans
une profonde réflection. Puis souriant, il releva les yeux vers elle.
"Ma
chère sachez d'abord deux choses, la premiere étant qu'on ne nourrit pas
l'esprit à moitié nue dans un peignoir. La deuxième étant que toute nourriture
de l'esprit est toujours celle que vous apportez à la table du banquet. Quelle
nourriture apportez-vous donc ma chère aujourd'hui ? Vous avez si grise mine
qu'on ne saurait se montrer en appétit en face de vous.. Et si vous le
permettez sauter ce déjeuner là n'en sera que meilleur pour ce qui est de
l'apparence de ce corps sous ce kimono."
Il se tourna vers le groupe de jeunes femmes.
"Ne jamais laissez rien paraitre, ni
joie, ni colère si vous vous trouvez en face de quelqu'un qui épie vos
erreurs."
Se tournant à nouveau vers Sofia, sa bouche
riait toujours, mais ses yeux avaient un tout autre éclat, une forme de colère
mais aussi une jouissance, celle du chasseur devant une proie à sa mesure.
"Ne rien laisser paraître, pas plus les
tremblements de vos poings serrés, ni cette petite crispation de votre bouche
qui, si elle vous donne un air charmant et buté, n'en est pas moins
révélatrice... Au moins vous aurais-je nourri de cette lecon. Soyez moins
prévisible à l'avenir et vos coups, peut être, tomberont ailleurs que dans la
vase et vous apprendrez l'art des ricochets."
Elle
frémit, vaincue, le menton tremblant et baissa les yeux. Non, elle n'était pas
de taille aujourd'hui. Elle avait agi en cherchant plus qu'un camouflet, une
giffle, qui lui donne raison, qui la
convainque de ce qu'elle était. Elle venait d'en recevoir une qui ne l'apaisait
nullement. Elle ne chercha pas à masquer sa fêlure, se tassa un peu sur sa
chaise sous le regard victorieux de Monsieur de Villaret. Et puis, n'y tenant
plus, elle se dressa brusquement, le bouscula et, contre toutes les règles,
s'échappant du cercle des pensionnaires, s'enfuit vers les vestiaires.
Elle courait dans les coursives du sauna, ne
sachant pas vraiment où elle voulait aller, ni ce qu'elle allait faire. Tout ce
qu'elle savait c'était qu'elle voulait fuir, partir loin, loin d'elle, loin de
ce qu'elle avait ressenti et de ce gouffre qui semblait lui tendre les bras et
l'appeler. En longeant le solarium, elle tomba nez à nez avec le professeur
Langlois qui la dévisagea étonné. Elle ne se serait pas attendu à trouver en
ces lieux le petit homme au crâne dégarni. Elle se figea sous son regard,
incapable d'un geste, d'un mot. Il jaugea immédiatement à son attitude et aux
larmes qui s'échappaient de ses yeux que la jeune élève, qui avait déjà
beaucoup fait parler d'elle, n'était pas dans son état normal. Deux
surveillantes surgirent par une des portes et se précipitèrent, il les arrêta
d'un geste.
"Mademoiselle
va me suivre, nous avons à parler."
Elle fut tentée de s'enfuir à nouveau, de le
bousculer et de continuer sa course, elle n'avait rien à dire, plus rien, à
personne... mais où serait-elle allée ? Où aurait-elle pu échapper.? Elle
baissa la tête en soupirant et se laissa guider, emboitant le pas au petit
homme qui se dirigeait vers le parc. Ils s'immobilisèrent près d'un banc qu'il
lui désigna pour s'asseoir.
"Je
comptais aller faire un peu de natation Sofia... et vous, où comptiez-vous vous
rendre ?"
Elle
riva son regard humide au sien, si calme et apaisant derrière ses lunettes de
myope, et secoua la tête. La douleur qui opressait sa poitrine s'allégea un
peu.
"Je... je ne sais pas Monsieur...
Je voulais... partir... m'enfuir... loin d'ici... loin de ... de tout ça... loin de .... C'est stupide... Je
ne devrais pas être là... avec vous... je vous fais perdre votre temps... je le fais perdre aux gens du
Pensionnat... je n'ai pas ma place ici..."
Sa
respiration, ses mots s'affolaient à nouveau et ses mains dansaient
fébrilement, comme si elle avait voulu balayer le monde autour d'elle. Elle
sentait encore la colère et la tristesse battre dans sa poitrine, une sorte de
désespérance rageuse qui la privait de toute netteté dans ses pensées et rendaient sa gestuelle désordonnée.
"Vous... vous nous avez parlé du
choix.... et moi, aujourd'hui je ne sais plus ce que doit être le mien ... quelle est ma place
..."
L'homme la couva d'un regard doux et triste.
"Il
serait si simple le choix, s'il s'imposait de lui-même, d'une facon évidente.
Tellement simple que ce ne
serait même plus un choix au final mais... simplement une évidence. Nous savons tous deux que les véritables
choix ne sont jamais simples."
Il tira un paquet de cigarette de sa poche
revolver et alluma une des tiges blanches. Puis tendant une cigarette à Sofia
qui la prit d'une main tremblante, et la
lui allumant, il reprit.
"Vous
voyez, ma place est l'endroit où je me trouve et j'ai choisi, pour des raisons
qui sont les miennes, cet endroit,
ce chemin, pour en faire mon existence, mon cadre, ma bulle. Pourquoi ai-je choisi cet endroit
? Peut être parce qu'il est le plus à même de pouvoir m'ai der à explorer tous les possibles que me
laisse entevoir mon esprit. Les murs du pension nats
ont ceci de particuliers qu'ils révèlent beaucoup de ce que nous sommes, de ce
que nous pouvons. Si tel est
le cas pour vous, c'est que vous commencez non à vous connaitre mais à vous découvrir. Et cela vous fait peur
n'est-ce pas ?"
Elle
releva son visage vers lui avec soulagement. Enfin, elle pouvait parler de sa
peur, en tâter les contours et plus seulement dans son effarante solitude !
"Peur, Monsieur ? c'est bien pire
que de la peur ! C'est comme d'être au bord d'un gouffre insondable, sans rappel, sans parachute, sans
rien... et de savoir pourtant qu'il faut
descendre... ou sauter... parce que la réponse est là tout au fond... et se
dire pour tant que l'on n'est pas sûre de
jamais remonter vers la lumière ... C'est terrible !"
Il tira quelques bouffées en silence,
recrachant la fumée lentement.
"Peur,
panique, gouffre, ...nous marchons tous au bord d'un gouffre, depuis le jour de
notre naissance. Ce gouffre qui
nous
accompagne, on peut le nommer, le mal, l'enfer, les ténèbres, mais c'est oublier que c'est aussi une part de
nous. Voyez, moi, Sofia, j'étais un enseignant
respecté et admiré dans mon autre vie et un jour j'ai plongé ... je vous épar gnerai les détails sordides de mon
histoire, il y est questions de stupre, de perversions et de scandale. J'ai vécu mon initiation à
la soumission comme une fièvre et quand cela s'est su j'ai vraiment été malade...
J'ai plongé loin dans l'ombre, j'y ai perdu mon travail, mes amis, ma femme et ma belle
position sociale. J'ai découvert l'alcool, les substituts de la conscience et la déchéance dans laquelle
je me vautrais avec délice. Mais voyez-vous, au fond de ce gouffre, c'est là qu'on voit le mieux son
sommet, tant que l'on tombe on ne re garde
que le fond.. Et c'est seulement tout en bas que l'on peut regarder les mains
qui se tendent vers vous. Et j'ai vu
ces mains tendues, j'ai pu les saisir et remonter, trouver ma place là-haut et ne plus avoir à me
demander ce qui se trouve au fond. Sofia, pensez- vous qu'il n'y ait aucune main qui se tendrait pour vous si
vous tombiez ?"
Pâle,
les traits tendus, elle répondit entre ses dents et en frissonnant
"Pas là.... pas cette fois... je
perdrais les seules mains qui m'importe si..."
Elle
pressa ses mains crispées entre ses cuisses., luttant contre la nausée devant
les pensées qui l'envahissaient. Péniblement, tête basse, elle reprit
"Quand on vous offre le sublime ...
et que... que brusquement vous vous sentez prête à plonger vers ce qu'il y a de plus sordide.... alors..."
Elle étouffa un sanglot "Alors oui... peut
être y aura-t-il une main tendue... mais plus jamais celle qui vous avait fait
le plus précieux des
cadeaux..."
Il ecrasa sa cigarette sous le talon et
ramassa le mégot le mettant dans un mouchoir.
"Je n'aimerais pas qu'une pauvre soumise
se fasse punir si on venait à trouver ce mégot au sol. Donnez-moi le
vôtre...Voyez-vous Sofia, le plus sublime cadeau que l'on puisse recevoir n'est
pas celui que l'on recoit simplement, c'est celui que l'on recoit quand on ne
l'espère pas, quand on ne pense pas le mériter. Il est simple de donner ce
qu'on attend de vous, plus difficile de donner lorsqu'on ne veut rien de vous
et encore plus difficile de l'accepter alors. Ce que je veux vous dire Sofia
c'est... pensez-vous que la personne qui vous a fait ce cadeau là, ne le
maintiendra pas ? Est -ce que la confiance que vous avez en vous, cette
confiance si fragile et petite, vous fait perdre confiance en celui pour qui
votre coeur bat ? Il n'est pas simple d'accorder sa confiance,, mais il est
tellement plus dur de la recevoir d'un autre."
Ebranlée,
elle le regarda en secouant la tête et se défendit :
"Non...
je... j'ai confiance en lui ... mais je... je ne sais pas... je ne sais plus...
ce qu'il voit de moi... ce qu'il peut concevoir.... ni comment il pourrait
accepter que je sois aussi.... aussi monstrueuse ! Moi-même Monsieur je me fais
horreur en cet instant précis !"
"Vous pensez donc que celui qui s'est
offert à vous est un imbécile qui ne se doute pas de ce qui peut vous animer ?
Imaginons un instant que vous enfouissiez tout cela en vous, ces sentiments,
ces désirs qui vous animent, qui remplissent vos nuits et vous font sentir monstrueuse. Qu'est-ce que cela voudrait
dire à votre avis ? Ne serait-ce pas là un mensonge permanent que vous lui
feriez ? Combien de fois ces pensées, ces doutes, vous tarauderont-ils ? Vous
vous retournerez sur votre oreiller, la nuit, tenue en éveil par vos désirs...
vos cauchemars. Regardant votre compagnon, vous vous poserez toujours cette
question, pourrait-il m'aimer s'il savait les tourments de mon âme ?"
Il ressortit une cigarette de son paquet et
l'alluma.
"Je
fume trop, c'est terrible les addictions, mais je ne vous apprends rien n'est
ce pas ? Vous vous posez des
questions, énormément de questions je le sais, sur ce que vous êtes capable de faire, sur ces actes que
vous pouvez réaliser et le plaisir que vous pouvez en retirer, le plaisir... et la déchéance. Je ne peux
répondre à toutes les questions voyez- vous,
...une seule personne possède les réponses, une seule peut les chercher... et
c'est vous. Cela fait-il de
vous un monstre d'aimer ces déviances, de trouver le plaisir dans l'a bbaissement, dans la perversion ?
Non je ne le pense pas, mais cela vous fait une proie pour les monstres c'est certain. Il va vous falloir
chercher deux réponses en fait. La pre miere
: De quoi êtes-vous capables ? Et la deuxieme : Pouvez-vous vous en ouvrir à
quel qu'un qui saura vous entendre et
vous guider ?"
Elle le
fixait ébétée
"Suis-je...
suis-je si transparente ? Comment avez-vous pu saisir de moi ce que je viens à
peine d'accepter alors que... que vous ne me connaissez pratiquement pas
?"
Monsieur
Langlois se contenta de lui sourire avec mansuétude. A nouveau Sofia secoua la
tête en se tordant les mains
"Je
ne sais si quelqu'un existe qui.... oh mon dieu... à part vous.... vous êtes le
premier avec qui... c'est si difficile... je ... je ne sais...."
Brusquement elle se redressa comme frappée par la foudre. "Vous Monsieur,
vous m'avez deviné, je ne sais comment et cela me stupéfie. Mais... il y a ici
quelqu'un qui... qui a vu ce que je... ce que je peux être.... Croyez-vous que
je devrais... que je pourrais... ?"
"Ma chère, vous êtes dans le Pensionnat
et dans ce lieu 80 pour cent des personnes présentes ont vécu la même chose que
vous, ou vont la vivre à un moment donné de leur existence. Quel endroit peut
être plus propice à ces découvertes, je vous le demande ? Tout ce que je peux
vous dire c'est qu'il faut que vous soyez honnête avec ce que vous ressentez et
voulez explorer de vous. Ne prenez pas le chemin qui mène au coeur de ce que
vous êtes si vous ne voulez pas vous savoir." Il écrasa le deuxième mégot
sous son talon, la récupéra comme les premières et se releva. "A présent
je vous engage à retourner auprès de vos camarades pour profiter de ces deux
heures de repos comme il se doit."
04 septembre 2008
27- Gouffre de perdition
Elle entrouvrit les yeux, cherchant son souffle, le corps encore secoué de spasmes, à la limite de l'inconscience. Un mince filet de salive reliait encore le sexe à sa bouche. Elle s'entendit répondre un « Oui Maître » soufflé du fond de la gorge. Il se leva, l'attrapant par les cheveux, et la fit se mettre a genoux sur le dossier du fauteuil Voltaire, les reins tendus vers lui. Elle entendit une série de cliquetis alors qu'il sortait des chaînes et des sangles d'une valise – il avait prévu de s'amuser ce soir, qu'elle soit docile ou pas. Il lia ses chevilles aux bras du fauteuil et ses poignets entre eux, rivés par une chaîne aux pieds du fauteuil. Elle était immobilisée. Il resta devant elle pour qu'elle puisse bien le voir tandis qu'il retirait sa ceinture et la pliait en deux.
"Tu sais que tu le mérites chienne."
Elle releva le visage le ventre tordu. Ce ne pouvait être possible, ce n'était pas elle qui sentait ainsi le plaisir, à peine apaisé, remonter en elle, exigeant.
"Oui ...Maître... je le mérite."
Elle baissa la tête alors qu'il repassait derrière elle. La ceinture siffla et vint mordre cruellement ses fesses.
"Compte salope"
Le premier coup avait claqué sur ses fesses, sec et violent. Elle souffla un "1" sonore comme un cri
d'impuissance, en se rétractant par réflexe. Mais dans l'instant qui suivit, elle avait repris sa position initiale et le deuxième coup, tout aussi appuyé, vint la cingler sans ménagement. Elle serra les dents et lâcha "Deux" qui étaient l'exact bruit de l'implosion qui se faisait en elle. Tout éclatait, basculait. La douleur faisait sauter les verrous de sa conscience, devenait le détonateur d'un plaisir sans fond et ses fesses dansaient d'arrière en avant, tour à tour se recroquevillant et s'offrant à nouveau. "Trois" gémit-elle presque en grognant, perdant sa peau de femme sous les coups pour se transformer en femelle délirant sous la torture. Elle avait envie de crier "Plus fort ! Allez, osez plus fort, c'est cela que j'aime !" Et cet hurlement avide qui montait de ses entrailles l'emportait et l'horrifiait.
Le quatrième coup claqua comme une détonation la faisant crier. Il avait abattu la ceinture de toutes ces forces.
"Compte."
Elle reprit son souffle.
"Quat,,,,, trr,,,eeeee"
Déjà le cinquième coup s'abattait sur ses reins, la poussant contre le dossier du fauteuil. Elle gémit un cinq qui fut étouffé par le sixième coup. Elle se contenta de crier et il ne lui demanda pas de compter plus loin. La ceinture s'abattait sur ses fesses comme un métronome, la jetant contre le dossier à chaque fois qu'elle retombait sur elle. Elle ne pensait plus, son corps était une brûlure, une douleur qui se diffusait en elle comme de l'électricité, la consumant. Il cessa enfin d'abattre la ceinture. "Et de trente !" il était en sueur, la chemise trempée collée contre son corps. Elle s'effondra contre le dossier en haletant, le corps secoué de tremblements.
"Redresse-toi, creuse les reins."
Elle obéit en silence, se remettant péniblement en position, lui présentant son intimité. Il s'avança vers elle et lorsque ses doigts se posèrent sur ses fesses elle hurla de douleur.
"Crie salope, crie seulement et n'oublie pas de me remercier."
Ses doigts s'enfoncèrent dans sa chair la meurtrissant et la faisant crier encore.
"Merci,,,, maître....."
Elle cria son aveux. Il relâcha la pression et rapidement défit les sangles. La retournant sur le fauteuil, il la rattacha assise contre le rebord, les jambes relevées et liées aux bras du fauteuil, les bras liés dans son dos, elle se tenait arc boutée vers lui. Il ramassa le gode, qui était tombé alors qu'elle avait joui étouffée par son membre, et l'enfonça d'une poussée dans son intimité. Elle feula, le ventre en feu et ses fesses frottant douloureusement sur le tissu. Il s'installa à genoux entre ses cuisses, frottant son gland contre la rosette.
"Ça te plaît salope...tu aimes avoir mal... tu es ma chienne, allez, avoue et supplie-moi de te baiser."
Ses fesses la lançaient horriblement au contact du velours du fauteuil et brûlaient comme brûlait son sang, dans ses veines, le désir, un désir immonde qui formait une boule de tension dans son ventre. Cette sensation était si forte qu'elle lui ôtait toute pensée autre que celle qui s'imposait, violente, impérieuse : elle aimait cela, au delà de sa peur, elle ne craignait plus la douleur, elle en voulait plus, plus encore. Elle feula :
"Oui j'aime... j'aime ça. Je suis... votre chienne. Je vous en prie, je vous en supplie, prenez moi, baisez-moi à fond"
Et elle se tendit vers lui dans ses entraves, les pupilles élargies, comme hallucinée, le corps couverts d'une fine transpiration qui soulignait ses muscles bandés par la tension de tout son être galvanisé.
Il s'enfonça d'une poussée en elle, forçant ses reins, la faisant crier de douleur et de plaisir. Il entreprit un va et vient rapide, la baisant sans vergogne, jouissant de l'étroitesse de l'anus qu'il forcait ainsi. Chaque fois qu'il s'enfonçait en elle, son ventre poussait le gode dans son intimité. Ces deux jumeaux hors norme, qui se disputaient son corps, étaient comme des épées incandescentes qui la perforait, la faisaient danser et chanter la mélopée inconcevable du plaisir masochiste. Insuffisamment satisfait, il glissa ses mains sur ses fesses et la tira à lui, la faisant crier de douleur encore. Ses doigts la malaxaient sans pitié, s'enfonçant dans les rotondités douloureuses et à grands coups de reins il la prenait, la défonçait, se réjouissant de ses cris, des soubresauts et des tresaillements de son corps. Elle balançait la tête de droite à gauche en gémissant ou en criant, lâchant dans un souffle saccadé des phrases répétitives, aveu de son plaisir et de son abandon et qui nouaient encore plus son intimité, ravagée par le plaisir et la douleur. Toutes ses défenses avaient sauté. "Oui Maitre, baisez-moi, baisez-moi fort, je suis votre chienne, faites-moi mal, oh oui, prenez-moi, prenez-moi toute." Chaque mot, chacun de ces aveux faisaient naître une nouvelle vague de dégout et de plaisir en elle ; elle n'était plus que chair soumise aux sensations qui la ravageaient. Sadex se pencha vers elle, enfonçant son membre complètement dans ses reins.
"Sale petite chienne...mmm... maintenant tu peux jouir petite pute."
Il écrasa sa bouche contre la sienne et elle sentit son sexe tressauter alors que les premiers jets drus de semence se répandaient dans ses reins.
Un orgasme ravageur l'emporta, la faisant se cabrer, arquebouter douloureusement dans ses entraves, avant de retomber, tressaillante et essoufflée sur le fauteuil. Les deux sexes étaient toujours plantés en elle mais elle ne sentait plus rien, ni douleur, ni plaisir, plus que le bruit de son sang dans ses oreilles bourdonnantes et ses pulsations spasmodiques dans son intimité irradiée. Elle avait un goût métallique dans la bouche. Elle se dit qu'elle avait dû se mordre. Elle avait l'impression d'être à demi morte. Quelque chose venait de mourir en elle. Et quelque chose y était né. Et de cette chose là elle ne voulait rien savoir. Voilà pourquoi elle peinait à s'extraire des limbes de la jouissance démesurée qui l'avait engloutie.
Il se retira de son corps, sans plus s'occuper d'elle, se redressa en souriant.
"Saint-Clar je suis convaincu, votre école est ce qu'il fallait à cette catin. Excellent travail !"
Il allait se rajuster mais se ravisa avec un sourire mauvais. Se tournant vers Sofia, il l'empoigna par les cheveux et, la tirant vers son sexe, enfonça son chibre amolli entre ses lèvres entrouvertes.
"Nettoie et que je n'ai plus à le demander à l'avenir."
Elle s'appliqua mollement, dans un état de semi conscience, à nettoyer la verge qu'il lui tendait. Il la laissa faire un peu, observant son corps qui tremblait et chaloupait en oeuvrant puis se retira. Elle l'en remercia intérieurement parce qu'elle sentait le feu renaitre dans son ventre et savait qu'elle ne pouvait plus le souhaiter. Se rajustant Sadex ramassa ses affaires.
"Je la laisse donc à vos bons soins mon cher Saint-Clar, l'esprit tranquille. Au revoir ma salope, à très bientôt."
Dans l'espèce de rêve éveillé où elle était plongée, elle s'entendit murmurer "Au revoir maître...." alors qu'il quittait la pièce. Des bras la soulevèrent et elle se vit traverser les couloirs sans trop comprendre comment, flottant dans un océan de lassitude, et rejoindre le dortoir pour s'effondrer sur son lit. Des mains douces lui passèrent de la pommade sur sa peau meurtrie ; elle ne voulut pas savoir qui, ne voulut voir. Bientôt elle fut seule dans sa chambre et dans le silence sentit les larmes monter et se mettre à couler.
Elle ne savait pas pourquoi elle pleurait, ni sur quoi. Parfaitement, immobile, recroquevillée en chien de fusil, elle ne percevait la douleur que comme des élancements furtifs. Ce n'était pas la douleur de ses chairs qui provoquait ses larmes. Elle se força à ne plus penser, à faire le vide en elle. Inexorablement, inlassablement, des bribes d'images lui revenaient en mémoire, faisant battre son cœur par à coups. Elle comprit qu'elle n'aurait pas de répit. Alors lentement, les yeux clos baignés de larmes, elle se tourna sur le ventre, glissa ses mains entre ses cuisses, laissa ses doigts plonger dans son intimité et les images affluer sans plus tenter de les contenir. Et elle se caressa, se conduisant au plaisir, plusieurs fois, jusqu’a s'effondrer d'épuisement dans la même position, ses mains toujours prises dans son delta brûlant.
31 août 2008
26- Des...faillir
Sadex ne disait plus rien, il l'observait les yeux écarquillés alors qu'elle commençait à onduler en se caressant avec le gode brillant. Saint-Clar notait chaque changement dans son corps, la façon dont le plaisir venait la saisir, ce plaisir masochiste et implacable qui prenait petit à petit possession de son corps. Il avait été curieux de voir quels seraient les résultats de la situation sur ses sens ; il n'était pas déçu, il fallait bien l'admettre. Il se trompait rarement sur ses pensionnaires mais Sofia dépassait ses espérances.
"Quelle petite chienne tu fais mon esclave, quelle jolie petite salope."
Elle ne put retenir un gémissement qui lui parut être le fruit d'une autre. Le sexe qui entrait et sortait d'elle coulissait sans mal et le gel n'y était plus pour rien à présent . Elle sentit son mantra se dissoudre doucement... elle n'avait plus de raison de se répéter qu'elle n'était qu'un objet. Elle était un objet offert aux vices de la personne qui la dégoûtait le plus et qui pourtant faisait naître cette humidité qui recouvrait le gode.
"Tourne-toi salope, allonge-toi sur le dos et présente-moi ta chatte grande ouverte. Ouvre-la à deux mains que je la vois bien."
Elle obéit, posant le gode à ses cotés et, les cuisses largement ouvertes, elle exposa son sexe, en tirant des deux mains sur ses lèvres, pour s'offrir au regard de Sadex. Il se lécha les lèvres, admirant le coquillage rosé et luisant qui s'ouvrait devant lui.
"Bien salope, tu es trempée. Reprends le gode et branle-toi avec. Et regarde comme tu me fais bander."
Elle s'exécuta, tentant de juguler l'onde de chaleur qui emplissait son ventre en sentant le gode s'enfoncer sans peine en elle et le trouble que lui apportait la vision de Sadex qui caressait son large chibre couturé et tendu, monstrueux. Son ventre se contracta dans un spasme violent, son esprit forma une pensée ignoble... elle voulait ce monstre en elle ! Son corps tressaillit d'horreur.
Elle fixa le sexe dressé, sans ciller, comme hypnotisée, les pupilles dilatées par le plaisir qu'elle laissait croître en elle, jouissant d'être cette offrande de chairs, orifices appelant la pénétration, engloutissant le métal jusqu'à la douleur et s'en délectant. Ses chairs palpitaient du désir d'être prises, violentées. Elle devait lutter contre l'envie d'appeler Sadex, des mots vulgaires se bousculaient dans son esprit
"Viens, viens me la mettre, défonce-moi ordure et qu'on en finisse!"
Mais elle les contenait farouchement et ne mettait que plus de sauvagerie à se pénétrer et à se faire frémir sous les yeux des deux hommes. Son coeur battait lourdement, vrillant ses tempes d'une douleur lancinante, dans le plaisir violent et nauséeux auquel elle se soumettait.
Sadex eut un sourire mauvais.
"Tu aimes ça petite salope ?"
Elle leva les yeux, les planta dans les siens, sans pour autant cesser de faire aller et venir le gode en elle. Elle sentit une dernière bouffée de révolte envahir son être, refusant d'être cette chose soumise, cet être de chair qui appelait le sexe de cet homme infâme en elle, qui quémandait ces mains cruelles sur ses organes sensibles. Elle tourna la tête vers Saint-Clar qui la fixait attentivement et elle vit la lueur qui l'habitait, un mélange d'intérêt et de fierté tout à la fois. Alors elle sentit vaciller ses barrières et se retournant vers Sadex haleta.
"Oui Maître, j'aime ça ! Prenez-moi, je suis votre salope, faites de moi ce que vous voudrez, je suis... votre chienne."
Sadex s'inclina un peu vers elle.
"Et tu as envie de ma queue chienne ?"
Elle haleta plus fort, enfonçant le membre d'acier en elle.
"Oui Maître, je veux... votre queue pour.... me baiser, pour me défoncer... et vos mains pour me plier."
Il recula sur le fauteuil.
"A quatre pattes salope, garde le gode en toi et approche ».
Elle se mit avec difficulté à quatre pattes, avançant, le corps tremblant, jusqu'à se trouver entre les cuisses de Sadex. Il attrapa sa nuque et courba sa tête vers ses testicules. 
"Lèche-les bien et continue à te branler comme ça, je t'interdis de jouir pour l'instant..."
Elle s'appliqua à caresser du bout de la langue les testicules de l'homme, pourléchant le sac lourd qu'il lui tendait. Elle continuait à faire aller et venir le gode en elle, se pliant aux ordres qui lui disaient quand ralentir ou accélérer, qui, l'empêchant de jouir, la maintenait sans cesse dans un état proche de l'orgasme. Il se saisit de son visage, le relevant en le marquant de la pression de ses doigts et frotta son sexe contre sa joue.
"Alors petite chienne, tu es a moi. Supplie-moi de te faire les pires saloperies, allez, demande à ton Maître de te traiter comme tu mérites, dis-lui ce que ta chatte de salope attend de tous ses voeux."
Immédiatement et sans plus hésiter, d'une voix hachée par le plaisir, elle répondit :
"Oui Maître, je suis... votre salope.... Je vous en ...supplie, baisez-moi, défoncez-moi, marquez mon corps de votre présence,.... que je sois votre chose"
Et elle reprit avidement les testicules entre ses lèvres, les lapant en longs coups de langues gourmands, les agaçant de petits mordillements savamment distiller. Dans son ventre l'impatience du plaisir la tourmentait et la certitude d'une victoire, tant sur elle-même que sur Sadex, ne faisait que décupler sa capacité à céder à toutes les voluptés les plus sombres fussent-elles. Cette noirceur même attisait en elle un feu qu'elle n'avait que rarement expérimenté et qui la poussait à poursuivre le jeu en s'y impliquant toujours plus.
Sadex gémit doucement sous les caresses habiles de la jeune femme, caressant son membre alors qu'elle étouffait ses gémissements en collant sa bouche contre ses testicules.
Saint-Clar s'était assis derrière son bureau, les mains croisées, assistant stupéfait à la scène. Devant ses yeux Sofia se laissait complètement aller, offrant ses gémissements et sa soumission à cet homme. Il percevait cependant l'essence de son plaisir, la dualité de la situation qui combattait en elle - à la fois le dégoût de cet homme et le plaisir qu'elle tirait de ce dégoût. Mais il ne se doutait pas qu'elle était déjà capable d'aller aussi loin. Petit à petit ses entraves se brisaient et l'humiliation qu'elle subissait attisait encore son plaisir, l'amenant au point de non retour.
Sadex saisit les cheveux de Sofia, remontant la tête de la jeune femme sans douceur.
"Ouvre la bouche salope, sors ta langue."
Elle obéit les yeux fixés sur le sexe monstrueux dardé à quelques centimètres de ses lèvres.
"Tu la veux dans ta gorge chienne ? Regarde-moi et réponds. »
Elle leva un peu les yeux sur le regard de Sadex. On pouvait en cet instant précis y lire la démence. Elle tressaillit, sentit son ventre se nouer et pulser, entre panique et plaisir, autour du sexe d'acier qu'elle faisait aller et venir mollement dans son intimité. Elle se rendit à l'évidence qu'elle voulait ce sexe, cette folie, maintenant, plus que tout, et cette certitude, qui lui donnait la nausée, attisait encore le feu de son désir.
Elle conserva son regard planté dans le sien, en y effaçant toute trace de rage ou de répulsion. Ce fut un regard limpide, brillant de plaisir, voilé d'une curieuse douceur presque incongrue que Sadex saisit et la voix de Sofia s'éleva, éraillée par un souffle oppressé
"Oui Maître, je la veux en moi, dans ma bouche, dans mon sexe, dans mes reins, partout en moi. Je vous veux !"
Elle se redressa, plantée sur le chibre de métal en énonçant sa terrible affirmation et pourtant tout son corps tremblait. Jamais elle n'avait été autant tiraillée par des sentiments si contradictoires et surtout si attirée par le désir d'être prise et humiliée. Un bref instant, elle pensa qu'elle devrait fuir... se fuir... elle demeura droite, figée dans l'ignominie de son offrande
Il saisit sa nuque fermement et abaissa sa tête vers son sexe tendu. Elle ouvrit la bouche, offrant sa langue pour accueillir le sexe dressé. Il s'enfonça en elle d'un longue poussée, forçant sa gorge, s'y plongeant avec un soupir de satisfaction. Il sentit la langue jouer sur sa hampe alors qu'elle emplissait la bouche. Sofia accueillait le membre comme un cadeau., bien qu'il ne lui laissât aucun choix ; elle sentait la main ferme, implacable, sur sa nuque lui ôter tout échappatoire. La hampe écartelait sa bouche, forçait sa mâchoire, envahissait sa gorge et l'étouffait alors qu'elle avançait, l'emplissant sans coups férir. Elle sentit son nez toucher le ventre de Sadex. Il continua à la maintenir parfaitement immobile sur son chibre, faisant durer son supplice. La colonne l'étouffait, provoquait des hauts le coeur insupportable mais il ne la lâchait pas, continuait de la forcer, envahissant sa bouche sans pitié. Il commença à la pilonner sans lui laisser reprendre son souffle. Elle hoqueta, cherchant l'air désespéremment, sentit son corps défaillir et se dérober. Un voile noir parcourut sa conscience... et elle se sentit jouir. Le plaisir la surprit, intense, brutal, alors que le sexe de Sadex enfoncé en elle la menait à l'évanouissement. Il sentit son corps vibrer et perçut le gémissement qu'elle étouffait sur son membre. Il tira sur sa nuque en arrière, retirant son sexe de sa bouche, soulevant brusquement son visage vers lui.
"Tu as joui sans autorisation salope.. tu mérites d'être punie n'est-ce pas ?"
27 août 2008
25- Mise à l'épreuve
Elle finit par s'endormir, bercée par les bras de Tab, qui toujours la caressait doucement. Son sommeil fut profond et sans rêve. La séance avait été épuisante et son corps endolori se détendait enfin dans le sommeil. Lorsqu'elle fut assoupie Tab constata que Vlad aussi dormait, appuyé contre le mur de sa cellule. Elle coupa l'écran à l'aide de la télécommande et éteignit les lumières, s'endormant contre le corps de la jeune femme.
Sofia somnolait encore lorsque les premiers rayons du soleil, traversant les persiennes, éclairèrent d'une lumière ondoyante les murs pastels. Elle sentit une chaleur se propager dans son corps, se répandre dans son sang. Elle l'attribua en premier lieu au jour qui perçait dans la pièce mais se rendit rapidement compte qu'il ne s'agissait pas de cela. Elle était allongée sur le dos, les cuisses entrouvertes et, confortablement installée dans cette moiteur, le visage enfoui dans son delta, Tab l'embrassait délicatement et d'une langue habile redessinait les contours de son sexe.
Elle l'éveillait par le feu d'un désir tout neuf, aussi délicieusement surprenant qu'un baiser de soleil après un bain en eaux profondes et, les paupières encore alourdies de sommeil, Sofia s'étira comme une chatte en gémissant, conservant pourtant son corps à l'entière disposition du plaisir matutinal. Elle poussa un soupir et se souleva doucement, s'ébrouant pour s'arracher à la volupté qui gagnait sur ses défenses, et posant une main tendrement sur l'épaule de Tab, elle murmura :
"Suis-je encore punie ou bien suis-je récompensée ?" 
Et elle sourit à Tab qui relevait son visage pour la dévisager.
« Ni punie, ni récompensée ma belle, je veux juste te mettre en condition. Tu dois subir une nouvelle épreuve aujourd'hui et je ne veux pas que tu sois dans de mauvaises dispositions pour l'affronter."
Sofia se rembrunit, la fixant avec intensité, attendant la suite de l'énoncé de sa journée.
"J'ai deux nouvelles pour toi en fait, une bonne et une mauvaise. La bonne c'est que Sadex va prendre le large pendant quelques temps ; visiblement Monsieur lui a trouvé une cachette d'où il ne pourra plus nous nuire. La mauvaise c'est qu'avant de partir il veut constater ton évolution en tant que soumise. Et il va bien falloir lui présenter quelque chose pour ne pas éveiller ses soupçons."
Sofia se raidit à cette idée, le ventre noué d'appréhension tandis que Tab reprenait.
"Monsieur a organisé une rencontre dans son bureau, il va falloir que tu endosses un rôle ma belle, que tu fasses preuve de soumission devant celui qui pense que cette école est en train de te briser."
Tab se redressa, assise sur le lit, regardant Sofia d'un air désolé.
Sofia baissa la tête, pâle et tendue. Son menton tremblait légèrement et elle crispait ses poings de façon convulsive. Tab se demanda si la petite n'allait pas craquer. Peut-être l'avait-on surestimée et toutes ses épreuves, loin de l'avoir renforcée, l'avaient-elles trop déstabilisée ? Alors qu'elle s'apprêtait à lui tendre une main secourable, voulant lui offrir une caresse plus tendre que sensuelle, Sofia se dégagea, déliant brusquement ses jambes et d'une adroite bascule se retrouva debout près du lit, droite et déterminée. Fixant Tab, les yeux farouches, elle demanda posément :
"Dois-je revêtir une tenue particulière pour cet entretien ?"
Elle semblait avoir repris un parfait contrôle d'elle même, seule sa pâleur dénonçait encore son état d'anxiété. Et comme Tab semblait hésiter un instant de trop, Sofia la rassura :
"ça va aller Tab ! Je ne peux pas vous faire croire que ce sera simple,... ça ne l'est pas ! Mais je saurai me conformer à ce qu'on attend de moi... et je suis patiente... Cette ordure paiera un jour où l'autre et je serai toujours debout le jour où cela arrivera, alors je peux bien ramper aujourd'hui !"
Tab la fixa avec attention et lui adressa un doux sourire.
"Patience vaut mieux que force et rage."
La grande brune se releva, se dirigeant vers le placard qu'elle se mit en devoir de fouiller.
"Pendant que je cherche ce qui convient dans ce fouillis, va te doucher et apprête-toi : maquillage soigné et tout ce qui s'ensuit."
Sofia se dirigea vers la salle de bain comme un automate et, se douchant longuement, elle tenta de faire le vide dans son esprit. Quittant le cocon d'eau chaude, elle se maquilla avec soin, se parfumant et se coiffant longuement. C'est vêtue d'un peignoir qu'elle rejoignit Tab. Celle-ci la détailla.
"Tu iras remettre un peu de rouge sur les lèvres pour les faire ressortir. Voici pour toi, je vais t'aider."
D'abord elle lui passa une paire de bas noirs, qu'elle enfila avec délicatesse, lui tendit un corset de la même teinte qu'elle mit en place avec une extrême douceur, serrant les lanières peu à peu, soulignant sa taille au mieux. Sofia eut le souffle coupé pendant quelques secondes, le temps de s'habituer à respirer sans heurt sous la contrainte nouvelle. Tab finit par glisser un string noir sur ses cuisses avant de l'aider à mettre des escarpins vernis à hauts talons.
"Tiens, enfile encore ces gants noirs, ça rajoutera une note sophistiquée à l'ensemble."
Sofia se regarda dans la glace. Le corset, remontant haut, couvrait ses seins et serrait sa taille étroitement, lui dessinant une silhouette tout à fait surprenante. Tab s'approcha d'elle, tenant un collier de cuir qu'elle passa à son cou avec douceur.
"Voilà, je ne cadenasse pas le verrou du collier, un seul homme au monde pourra le faire et nous le savons toutes les deux. A présent tu es prête... et tu es superbe."
La laissant apprivoiser son image, Tab enfila rapidement une combinaison de latex moulante et noua ses cheveux en un chignon serré. Se saisissant d'une laisse d'acier, elle la fixa à l'anneau du collier et, tirant Sofia derrière elle, ouvrit la porte de la chambre.
"Allons-y ma petite chienne, on nous attend."
Raide sur ses talons, Sofia inspira brièvement, trop contrainte par le corset pour chercher l'apaisement dans un long souffle abdominal, et cligna des yeux, comme pour effacer de sa mémoire l'étonnant reflet qu'elle avait surpris dans le miroir. Puis elle suivit Tab, à petits pas prudents, son sang cognant dans ses tempes. Elle s'efforçait de ne penser à rien, de ne surtout rien anticiper et se laissait guider, à peine consciente des couloirs traversés, des regards furtifs des quelques surveillantes ou élèves sur elle. Elle était seule dans sa bulle de crainte et de courage, de détermination et d'angoisse, seule dans la sensation de vertige inéluctable contre lequel elle luttait de toutes ses forces. Ses mains étaient glacées malgré les gants, pourtant elle sentait la sueur dégouliner dans son dos.
Elles arrivèrent dans une des pièces attenante au bureau de Monsieur ; c'était une sorte de salon plongé dans une semi pénombre et orné de gravures érotiques que Saint-Clar utilisait pour des entretiens très privés. Assis sur un fauteuil, Sadex la détaillait les sourcils froncés. Monsieur de Saint-Clar se tenait debout près de la vitre et la regarda approcher le visage impassible. Alors que Tab prenait son bras pour la conduire dans la pièce, elle souffla à son oreille :
"Comme je te l'ai appris hier soir ma douce, joue ton rôle."
Puis elles avancèrent dans la pièce. Tab, saisissant la laisse, la déposa dans les mains de Sofia :
"Va présenter tes hommages à ton maître."
Et la poussant un peu, d'une tape sur les fesses, elle la fit avancer vers Sadex qui la fixait toujours, les yeux sombres.
Elle ferma lentement les yeux et inclina un peu la tête, lentement, très lentement. Devant elle, elle tenait, posée en travers de ses paumes levées, la laisse comme une offrande. Elle demeura ainsi sans bouger. Un instant. Une éternité. Le temps d'installer un grand vide blanc dans son cerveau. Elle entendit vaguement toussoter. "ON" s'impatientait. Alors doucement, elle se laissa glisser à genoux, resta encore figée dans cette position, à genoux sur ses jambes demi pliées, la tête penchée, les yeux fermées. Sa poitrine compressée montait et descendait rapidement, chair d'ambre palpitante soulignée de noir. Et devant elle, ses mains tendues, glacée dans les gants noirs, barrées par le métal de la laisse. Puis, sans précipitation, entrouvrant la bouche, tendant la langue avant de refermer ses mâchoires sur le contact froid du métal, elle plaça la laisse entre ses lèvres. Prenant tout son temps, enfin, elle se positionna à quatre pattes et tête baissée vint lentement, comme un animal craintif, jusqu'aux pieds de Sadex, sur lesquels elle colla son visage dans une caresse puis sa bouche, avec douceur, pour y lâcher la laisse, avant de darder sa langue et d'en nettoyer avec application les chaussures au cuir rutilant sur lesquelles reposaient le métal.
Sadex était on ne peut plus étonné du comportement de Sofia et agréablement surpris de ses dispositions à son égard. Il sentait la langue appliquée lustrer sa chaussure et, à travers le cuir fin de ses mocassins, agacer délicieusement ses orteils. Vraiment il ne s'attendait pas à de tels résultats. Dans son esprit, il imaginait plutôt la récupérer totalement pantelante, droguée ou abrutie par les coups. Mais elle semblait tout à fait éveillée, parfaitement consciente et se conformait parfaitement à son oeuvre.
"C'est miraculeux, ce que vos bons offices peuvent produire mon cher Saint-Clar. Je ne la reconnais plus."
Il avança un peu son buste et tendit la main pour flatter la croupe de Sofia qui portait encore les marques du fouet reçu la veille.
"Je vois que vous avez des arguments frappants."
Il se redressa, rayonnant de satisfaction, tandis que la bouche de Sofia passait à présent à sa deuxième chaussure, lui délivrant le même traitement de faveur.
Saint-Clar fixait Tab qui avait la bouche crispée dans un rictus mauvais.
Il connaissait cette expression, la brune amazone était sur le point de perdre sa réserve. D'un geste de la main, une supplique dans le regard, il lui fit discrètement signe de se retirer. Ils ne pouvaient risquer un esclandre, pas en ce moment. Tab le gratifia d'un regard furibond. Fixant un instant Sofia, ses épaules semblèrent s'affaisser et elle quitta discrètement le bureau sans se retourner. A peine dehors, son masque tomba et une grimace de fureur déforma les traits gracieux de son visage. Elle partit dans le couloir à grandes enjambées. Au passage, elle attrapa un des hommes de maison, lui faisant comprendre de la suivre. Il eut un sourire.
"On va ...... ?"
Elle le coupa tout de suite.
"Ne rêve pas mignon, on va a la salle de sports ! J'ai besoin d'un partenaire pour m'entraîner à la boxe Thaï."
Alors qu'il la suivait en déglutissant dans les couloirs, Sadex s'appuyait mollement sur le dossier de son fauteuil.
"C'est que c'est bien agréable une esclave de cet acabit mon cher Saint-Clar. Sofia, regarde... j'ai une surprise pour toi."
Alors que la jeune femme relevait la tête, il défit son pantalon de toile et, avec précaution, en sortit son membre. Sofia retint avec peine son mouvement de recul. Elle recevait en plein face la vision d'un sexe violacé, couturé de cicatrices. Visiblement il avait subi un certain nombre d'interventions chirurgicales pour retrouver forme « humaine ». Lentement, et avec une certaine fierté,il exhibait son membre reconstitué, verge étrange où couraient les cicatrices, mais dont les dimensions étaient toujours aussi impressionnantes en longueur et en épaisseur - le seul qu'elle ait jamais vu capable de rivaliser avec celui de Vlad.
"Oui tu vois, petite chienne, il a fallu pas mal de temps pour le remettre en état... et depuis ce pénible incident au pensionnat, il n'a plus servi. Mais à présent, il est de nouveau en fonction et je t'en ai réservé la primeur ma belle esclave. C'est un beau cadeau que te fait ton Maître n'est-ce pas ?"
Elle se forçait péniblement à la passivité, respirant calmement, contrôlant la tension de ses épaules, les traits de son visage - esquissant même un sourire - et jusqu'à l'expression de son regard qu'elle fit admirative après avoir cillé des paupières deux ou trois fois comme pour acquiescer. Elle lui confirma d'une voix douce
"Oui Maître et je vous en remercie" 
Et, se tendant un peu sur ses jambes pliées, elle posa sa bouche sur le gland pour un suave baiser. Ses lèvres en épousèrent la forme lentement et y demeurèrent un moment tandis qu'elle fermait les yeux. Puis elle le caressa du plat de la langue avant de le relâcher et de se remettre en position, tête basse, cambrée et à genoux, attendant les ordres, les désirs de celui qu'elle acceptait pour maître. Elle jugulait toute pensée négative, réfrénait toute émotion, se répétant inlassablement
"Rien, il n'y a rien, je ne suis qu'un jouet dans un jeu de rien. Rien, il n'y a rien..."
Et cet étrange mantra parvenait à la conserver dans un état de calme quasi hypnotique d'où émergeait la sensation d'un plaisir diffus, à jouer ainsi cette créature servile.
Sadex l'observa quelques instant et, tout sourire, se tourna vers Saint-Clar.
"Vraiment mon cher, je dois vous féliciter, c'est une réussite !"
S'adressant à Sofia, il ordonna :
"Lève-toi et montre-moi bien tes fesses que je vois quel traitement elles ont subi."
Avec lenteur Sofia se releva et pivota sur ses talons pour lui présenter son dos parfaitement cambré, bras croisés au dessus de sa tête.
"Quel cul, c'est un ravissement. Allez retire ton string doucement, mais ne plie pas les jambes, je veux voir si tu es souple."
Lentement, se répétant inlassablement son mantra, Sofia glissa ses doigts sous l'élastique de son string et le fit descendre le long de ses jambes à peine serrées et droites. Au fur et à mesure qu'elle s'abaissait ainsi, elle offrait ses reins cambrés à Sadex qui pouvait à loisir la détailler. Lorsque son string fut arrivé à ses pied, il lui ordonna de s'immobiliser en se tenant les chevilles et de demeurer ainsi. Pliée en deux, les jambes tendues dans cette position pénible, insupportable avec la contrainte du corset, elle se figea, offerte de la manière la plus impudique. Sadex se caressait le menton de la main en l'observant.
"Vraiment quelle délicieuse putain vous m'avez fait mon cher."
Il se releva et s'approcha d'elle, sa main flattant sa croupe un instant avant de se glisser dans son entrecuisse.
"Mais c'est qu'elle est humide cette petite chienne."
Des doigts fureteurs s'enfoncèrent dans son intimité, des doigts qui ignoraient que cette humidité était le résultat des caresses de Tab et d'un doigt de gel que celle-ci y avait posé par précaution. Sadex était aveuglé par sa victoire et, ne se rendant compte de rien, s'attribuait l'état de Sofia.
"Je savais bien que finalement tu y viendrais, que cela te plairait. Je t'ai même amené un souvenir. »
Il délaissa son intimité pour attraper son imperméable d'où il extirpa sa verge d'acier.
"Je l'ai gardée pour toi ma belle. Tu ne peux pas l'avoir oubliée"
La prenant bien en main, il en caressa son intimité, avant de la pousser doucement dans son ventre, de l'enfoncer en elle au plus loin. Elle frémit de dégoût. Il y lut le plaisir.
"Voilà... comme ça ! Cela doit te rappeler de bons souvenirs, n'est ce pas ? Quand tu haletais comme une chienne alors que je te baisais. Serre ton ventre autour et qu'elle ne tombe pas."
Puis la délaissant, le sexe froid planté dans son ventre, il retourna sur son fauteuil.
"Ça te plaît ça petite garce, allez... avoue tout à ton Maître."
Concentrant sa rage et sa honte sur son périnée pour le serrer autour du phallus honni et résistant à l'envie de l'expulser, Sofia ne bougeait pas d'un pouce. Les muscles de ses jambes pourtant tressaillaient, son esprit en révolte envoyant des messages contradictoires dans tout son corps. Mais elle se contrôlait toujours. Elle respira, lentement, très lentement avant de répondre d'une voix un peu rauque :
"Oui Maître, oui cela me plaît de ... vous appartenir ainsi"
Dans sa tête tournait toujours la petite phrase à laquelle elle se raccrochait désespérément. Mais elle commençait à se dire que cette fragile palissade mentale ne tiendrait pas longtemps. Elle pensa à Vlad. Elle releva un peu le menton, se cambra plus encore, eut un demi sourire et, cette fois, elle affirma d'une voix plus claire et infiniment douce :
"Cela me plaît, oui !"
Et disant ces mots, elle pensa combien il lui plaisait de devenir esclave, de jouer ce jeu, de duper cette ordure, de lui laisser croire qu'il était maître d'un jeu qui lui échappait et que, pour cette raison, elle se sentait capable d'aller n'importe où.
Sadex eut un nouveau sourire de satisfaction et, doucement, fit aller et venir sa main sur son membre à demi dressé qu'il avait conservé hors de son pantalon.
Saint Clar observait la scène avec attention et son visage restait totalement impassible. Debout contre la vitre du petit boudoir, il étudiait Sofia qui passait une épreuve supplémentaire. Il se dit qu'elle avait déjà bien changé en peu de temps et qu'elle avait encore de nombreuses réserves qui lui permettraient sûrement de dépasser tous les obstacles, y compris ceux dont elle n'avait pas encore conscience.
"C'est bien ma jolie, tu es très bien dressée à présent. Ça me plaît."
Sadex immobilisa sa main sur son sexe qui durcissait à vue d'oeil et se força à reprendre contenance. Les yeux luisants, il fixait la croupe tendue de Sofia, son intimité dilatée par la verge de métal. Il savourait ses efforts pour se conformer à ses désirs. Ses jambes tremblaient un peu et son souffle était coupé par le terrible corset qui la serrait comme un étau.
"Redresse-toi un peu esclave et attrape la verge en passant ta main entre tes cuisses."
Sofia obéit, sentant immédiatement ses muscles se détendre alors que le corset cessait de l'étouffer. Elle se tenait toujours cambrée, retenant d'une main le gode
"Écarte un peu les cuisses et reste cambrée. Bien ! Maintenant branle-toi avec mon sexe ma petite salope. Je veux le voir bien entrer et sortir de ta chatte, doucement. Sors-le à chaque fois et entre-le de nouveau jusqu'au fond, mais lentement. Allez, ouvre encore un peu tes cuisses petite pute. Montre-nous cette jolie chatte."
Comme un animal parfaitement dressé, Sofia exécuta les gestes demandés, avec une application qui frisait la perfection. Dans l'état de concentration extrême où elle était, elle se sentait presque détachée de son corps et pouvait pratiquement "se voir" faire. Elle percevait parfaitement l'obscénité de sa pose, l'indécence de ses gestes, la docilité de ses chairs à répondre aux sollicitations érotique, le plaisir immonde qu'elle en retirait.
Quelque part, tout au fond d'elle, un part de conscience vitriolée lui soufflait combien il y avait de perversion à s'offrir ainsi devant l'homme qu'elle haïssait le plus au monde et devant celui qui la déstabilisait au moins tout autant, et cette évidence amplifiait dans son ventre l'onde tumultueuse du plaisir masochiste. Elle se mordit les lèvres pour retenir le premier gémissement qui montait dans sa gorge.
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